Louis Michel: "Le nationalisme conduit toujours à l'exclusion"

Louis Michel: "Le nationalisme conduit toujours à l'exclusion"
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Louis Michel, député européen libéral, s’est distancé des propos tenus par Rik Torfs (CD&V) qui s’est prononcé en faveur de la fin du cordon sanitaire. Invité de Matin Première ce jeudi, l’ancien ministre a également défendu le bienfondé du discours royal de Noël et estimé que le nationalisme était, par essence, une idéologie d'exclusion.

Ce mercredi dans le studio de Matin Première, le sénateur CD&V Rik Torfs avait estimé que le cordon sanitaire était une erreur, si l’on en jugeait par les conséquences qu’il a eues sur le paysage politique flamand. Ce partisan historique du cordon sanitaire a dès lors appelé à y mettre fin.

Louis Michel (MR) s’est distancé de cette analyse. Il s’est dit inquiet de voir le cordon sanitaire ainsi remis en question en paroles et en acte. Car en effet, à Denderleeuw, un collège minoritaire CD&V- N-VA, devrait bénéficier du soutien du Vlaams Belang pour diriger la commune.

"Je ne comprends pas la sortie de Rik Torfs, qui sont des propos dangereux", a commenté l’ancien commissaire européen. "Cela m’inquiète parce que j’ai toujours été favorable au cordon sanitaire, j’estime qu’il y a des partis avec lesquels il n’est pas possible de faire une coalition parce que ce sont des partis mortifères pour la démocratie".

L’invité d’Arnaud Ruyssen ne partage pas l’avis de Rik Torfs selon lequel il vaut mieux combattre l’extrême-droite sur le terrain des idées que via un cordon sanitaire.

"Je pense que l’explication pédagogique est toujours utile mais qu’elle n’est pas efficace face à un débatteur qui tient des propos simplistes faciles et essaie de réveiller ce que la nature de l’Homme a de plus sordide", a déclaré Louis Michel. "Je ne pense pas qu’il soit possible de régner avec des partis qui prônent le racisme, l’exclusion et l’injustice sociale".

"Un être humain ne peut pas être réduit à une seule identité"

Le discours royal de Noël a entraîné de vives réactions en Flandre. Des réactions qui surprennent l’ancien ministre des Affaires étrangères.

"J’ai été extrêmement surpris des réactions car le discours s’adressait à toute la classe politique  mais également à toute l’opinion publique. Donc ceux qui se sont sentis visés l’ont été de manière erronée ou alors cela a été le révélateur de leur tentation pour le moins", juge Louis Michel.

"Je pense que le roi est resté parfaitement dans son rôle", affirme-t-il avec aplomb. "Il n’est pas encore interdit de demander à sa population de faire attention à certains type d’arguments, de faire attention aux tentations en période de crise de mettre en exergue un danger que l’on connaît dans toute l’Europe, celui du populisme".

Et dans ce contexte, la référence aux années 30 n’était en rien une erreur selon le Jodoignois. "Effectivement dans ces années on a banalisé le populisme, l’exclusion et le nationalisme", fait-il simplement remarquer.

Or, estime le député européen, "le nationalisme conduit toujours à l’exclusion". "Je connais très peu de nationalismes qui ne sont pas arrogants à un moment donné et qui ne sont pas intolérants". "C’est quand même l’exclusion le nationalisme puisque c’est considérer que l’on est meilleur que les autres".

Le nationalisme fonde aussi sa démarche sur une "sorte d’élément identitaire unique : que ce soit la race, que ce soit la nation, etc.". Un parti pris que Louis Michel juge "ridicule".

"Moi, je pense qu’un être humain est constitué de plusieurs identités", fait savoir Louis Michel. "On n’est pas définissable par une seule identité unique, c’est absolument ridicule de croire ça. C’est ce qui fait la richesse de l’être humain et de la multiculturalité. Arrêtons de croire que l’on va vivre dans un monde monoculturel".

"La mondialisation, l’ouverture, les moyens de communication vont créer un monde totalement multiculturel et c’est très bien", selon l’élu libéral.

Julien Vlassenbroek

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