"Le MR n'a aucune familiarité, même socio-économique, avec la N-VA"

Louis Michel dans Le grand Electoral
Louis Michel dans Le grand Electoral - © RTBF

C'est la semaine de Louis Michel, tête de liste MR aux élections européennes au Grand Electoral La Première-Le Soir. Mais avant de parler Europe, on va parler.. Reynders.

La semaine a été chaude pour le ministre libéral et son parti après son "dérapage", - suivi d'excuses -, sur les antennes de la Première face à Elio Di Rupo. Qu'en pense Louis Michel, père par ailleurs de Charles, le président du parti, souvent opposé à Reynders son prédécesseur à ce poste? Louis Michel partage-t-il aussi les exclusives contre la N-VA prononcées il y a dix jours par, cette fois, tant Reynders que Charles Michel et qui ont fait l'événement tant en Flandre que côté francophone? "Moi je ne me sens absolument pas en familiarité ou en proximité avec la N-VA. Quand la N-VA veut mettre un terme au caractère illimité du droit au chômage, où allez-vous trouver ça dans nos programmes ? Nous sommes totalement opposés à ça!"

Vous dites clairement : même sur son programme socio-économique, nous ne ferons pas d'alliance avec la N-VA. Même si elle renonce à une énième réforme de l’État, le programme socio-économique n'est pas compatible avec le nôtre ? " Dans le programme socio-économique de la N-VA, il y a certainement des points qui peuvent d'ailleurs correspondre avec les socialistes, mais il y a trop de points qui sont très éloignés à la fois de notre programme concret mais aussi de notre philosophie."

Êtes-vous vraiment en mesure d'assurer que vous ne figurerez jamais dans un gouvernement avec la N-VA. Ou est-ce seulement "si vous avez la main", que ce sera le cas? "Et si c'est la N-VA qui invite ? Parce que c'est ça aussi qui pourrait se passer. On sait très bien que celui qui invite, il a quelque part évidemment la possibilité de configurer plus ou moins, ou en tout cas de tester et puis de configurer une future coalition. Mais, on verra ce que les autres francophones feront. Mais je pense en tout cas que nous serons certainement beaucoup moins volontaristes que le PS ne le fut quand il a négocié 500 jours avec la N-VA."

Si la N-VA se retrouve demain en position d'inviter, faudra-t-il reconstruire une forme de front des francophones ou en tout cas de concertation pour décider ensemble ce qu'on fait face à la N-VA ? "Vous savez, moi, les fronts, je n'ai jamais beaucoup cru en ça mais il faudra certainement une alliance ou une union des francophones face à ce genre de scénario. Mais je n'ai pas encore l'intention de me mettre dans ce scénario-là, je ne suis pas sûr que ce sera ce scénario-là devant lequel on se trouvera au soir des élections."

"Charles Michel a le parti bien en main"

Les incendies à répétition allumés par Didier Reynders et que le président du MR, Charles Michel, doit éteindre, fragilisent le parti? "Moi je vis à l'intérieur du parti, je suis un témoin privilégié, j'observe que les deux hommes s'entendent bien et j'observe surtout que la ligne, elle est aujourd'hui exprimée par le président du parti, qui a le parti bien en main, et c'est cette ligne-là que l'on suit. Et quand certains font un peu de hors-piste, généralement, ça se règle assez vite de manière tout à fait conviviale et sympathique et j'observe qu'en tout cas entre Didier Reynders et Charles Michel, ça se passe très bien, et la concertation est permanente."

Survol aérien: "Ce dossier sera explosif dès l'après élections"

Autre dossier chaud de la semaine écoulée, le survol de Bruxelles? Mais qu'est donc allé faire Melchior Wathelet, le secrétaire d’État cdH, dans cette galère? " On est un peu dans la quadrature du cercle aujourd'hui. Je ne vous cache pas qu'il y a quand même derrière tout ça aussi le moment choisi par certains à Bruxelles pour sortir avec ce dossier-là, on ne peut quand même pas dire que ce soit tout à fait innocent." C'est à dire? "Cela veut dire, pour le dire encore plus clairement, que ce dossier-là a été politisé de manière extrême, voilà." Par qui ? Par Melchior Wathelet qui a décidé d'envoyer des avions sur des communes Ecolo ou libérales, Etterbeek et Boitsfort ?"C'est un dossier extrêmement difficile qui sera, au lendemain des élections, je le pressens, explosif." C'est la première patate chaude pour le gouvernement." Et donc vous ne me mettrez pas aujourd'hui le dos au mur avec ce dossier-là et je ne vais pas faire dans l'attaque systématique de quelqu'un qui aujourd'hui a des difficultés politiques, je laisse ça à d'autres."

Libre-échange

On reproche sa lenteur de décision à l'Europe. Comment faire pour modifier cette procédure? Les hommes nouveaux ne suffiront pas? "Vous verriez un Verhofstadt à la tête de la Commission, il va utiliser pleinement son pouvoir d'initiative, ça veut dire venir devant le conseil européen dire : voilà, nous vous proposons une coopération renforcée sur la politique énergétique, nous vous proposons une coopération renforcée sur une défense militaire, etc., etc. et l'opinion publique saura qui veut quoi et l'opinion publique pourra alors juger. C'est ça la démocratie, faire pression littéralement sur les États membres."

Un traité de libre-échange USA-Union Européenne est en négociation aujourd'hui. Vous allez le voter? "Les Américains voudraient que les multinationales puissent attaquer les États pour des changements législatifs, mais ça pour nous c'est impossible parce que vous vous rendez bien compte, donner aux multinationales la possibilité la possibilité d'attaquer les États européens pour des changements de loi." Cela veut dire par exemple qu'ils pourraient attaquer l'état belge si on supprimait les intérêts notionnels? "C'est exactement ça, c'est un très bon exemple. Mais ça c'est inacceptable pour nous parce que ça voudrait dire qu'on transfère d'une certaine manière une sorte de pouvoir de veto aux multinationales contre les États, donc c'est anti-démocratique, totalement. Je comprends certaines raisons mais ces négociations sont totalement peu transparentes donc je voterai contre, certainement, dans l'état actuel des choses."

Béatrice Delvaux

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