Louis Michel : "C'est le manque d'Europe qui alimente la vague populiste"

Face à la crise politique en Italie, le député européen Louis Michel (MR) est "inquiet" : ce qui se passe dans ce pays est une "instrumentalisation des soubresauts européens, du manque d'Europe, de l'incapacité des dirigeants à aller au-delà des intérêts microscopiques, narcissiques, nationaux. Ils ne se rendent même pas compte que plus d'Europe, c'est plus de moyens pour eux".

"Le président Mattarella a le droit constitutionnel d'estimer que la nomination d'un ministre peut porter une atteinte grave aux intérêts italiens. Evidemment une majorité arithmétique a la plus grande légitimité, mais elle ne peut pas tout faire avec cette légitimité, sinon on risque fort de voir ce qu'on voit en Hongrie, ce que j'appelle la 'tyrannie majoritaire'. Ce n'est pas encore parce qu'on a 50% plus 1 du corps électoral que l'on peut tout faire, y compris malmener l'opposition" poursuit-il. "C'est le manque d'Europe qui alimente la vague populiste. C'est pour cela qu'il faut faire plus d'Europe avec ceux qui veulent le faire. Je pense qu'on pourrait, par exemple, prendre les pays de la zone euro et avancer plus vite et mieux et plus profondément avec ceux-là".

Bart De Wever "outrancier"

En Belgique comme dans le reste de l'Europe, "à gauche comme à droite, on utilise le phénomène migratoire non pas pour ouvrir des débats, mais pour ouvrir des gouffres clivants. Il y a ceux qui voient la possibilité de laisser venir tout le monde dans n'importe quelle condition, et même de contourner les lois". Évoquant le drame de la mort de la petite Mawda, Louis Michel estime qu'on "ne peut pas simplement transgresser la loi par des réactions émotionnelles. Il est sain que la société civile exprime un point de vue, un sentiment, une opinion, une option, fasse des propositions. Mais il faut le faire dans le cadre des lois. La société civile ne va pas se substituer ni aux élus, ni aux institutions, ni aux lois".

Lorsque le président de la N-VA Bart De Wever déclare que les parents de la petite Mawda avaient une responsabilité dans qui est arrivé, "il est évident que c'est outrancier, que cela n'est pas de mise, que cela n'est pas acceptable" juge Louis Michel. "Pour le reste je n'ai pas envie de faire l'étude psychologique ou sémantique des adversaires politiques. On fait tellement de cas de tout ce que dit Bart De Wever que ça le sert lui".

"Je ne veux pas que, sous le couvert de l'émotion, l'on élude la responsabilité des passeurs. Nous devons lutter contre eux, ce sont les principaux acteurs de ces drames" insiste Louis Michel.

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