Lorsque Maxime Prévot (cdH) fustige le PS et les socialistes mais sauve Paul Magnette

Paul Magnette et Maxime Prevot, respectivement ministre-président et vice-président du gouvernement wallon.
Paul Magnette et Maxime Prevot, respectivement ministre-président et vice-président du gouvernement wallon. - © BRUNO FAHY - BELGA

Au lendemain du séisme politique provoqué par l’annonce du cdH de lâcher le PS dans les entités fédérées, l’heure est aux premiers bilans.

Les états-majors des partis sont-ils en ordre de marche, prêts pour la bataille qui s’annonce ? Rien n'est moins sûr. 

On attend et on entend

Alors, l’appel de Benoît Lutgen a-t-il été entendu? Pour en savoir plus, au micro de la Prem1ère ce mardi matin, le vice-président du gouvernement wallon, Maxime Prévot (cdH). "On attend et on entend les premières réactions depuis hier soir avec des formations politiques qui essaient d’être positifs à nos yeux, qui se disent prêts à discuter et disposés à nous envoyer une série de propositions afin de relancer la région wallonne et Bruxelles."

Partenaires socialistes de grande qualité, notamment Paul Magnette

Le PS est-il donc définitivement hors du pouvoir ? Pour l'élu humaniste, la réponse est claire depuis 24 heures et la réaction d’Olivier Chastel, le président du MR ne fait que le confirmer. Il n’en oublie pas pour autant de saluer le travail effectué ces dernières années avec "ses partenaires socialistes de grande qualité, notamment Paul Magnette".

Les affaires ne sont pas le monopole du PS

Tout ne serait pas donc pas à jeter pour le bourgmestre de Namur, même si "la cupidité a dépassé tout entendement. Quand on voit que la préoccupation de certains mandataires, et singulièrement socialistes, a été leurs rémunérations! Le Samusocial a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les affaires ne sont pas le monopole du PS, mais il porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle."

À la gauche de la gauche

En coulisses, il se chuchote que les réformes, notamment celle qui concerne fiscalité, portées par les socialistes devenaient de plus en plus lourdes à accepter par leur partenaire humaniste. "Depuis plus d’un an et demi on attend la réforme fiscale maintes fois annoncée par le ministre Lacroix. Nous avons toujours dit du côté du cdH que nous ne voulions pas d’une législature qui allait augmenter les impôts vis-à-vis de nos citoyens. Or, on entendait le PS vouloir taxer certains concitoyens, instaurer une taxe-robot. Il y avait une différence entre ce que nous avions décidé ensemble en 2014 et leurs positions actuelles où ils donnaient l’impression de vouloir montrer qu’ils pouvaient se positionner à la gauche de la gauche."

Vers un schisme politique au PS ?

Existerait-il dès lors deux PS, l’un plus conservateur, sous l’influence du boulevard de l’Empereur, et l’autre, plus progressiste, sous la houlette de Paul Magnette ? S’il ne l’exprime pas clairement, Maxime Prévot n’en fait pas vraiment mystère.  

Comme sur la question de l’assurance autonomie pour les aînés, le vice-président du gouvernement wallon fustige les socialistes mais sauve, encore une fois le ministre-président: "Je vais être de bon compte, il y avait dans le chef du ministre-président Paul Magnette une volonté manifeste d’aboutir. Mais il y avait d’autres socialistes qui voyaient d’un très mauvais œil la mise en œuvre de cette autonomie. Notamment du côté de la FGTB, des mutualités socialistes mais aussi du côté du boulevard de l’Empereur. "

Pas de risque de retour aux urnes

Restent les citoyens, les électeurs. Dans le contexte actuel, cette fronde du cdH ne risque-t-elle pas d’être interprétée comme un non-respect des choix électoraux ? "Il n’y a pas de risque de KO, pas de risque de retour aux urnes. On va intelligemment continuer à aller de l’avant, à être volontariste sur le plan de la gouvernance. Les gens attendent des résultats. Il faudrait d’ailleurs être sourd pour ne pas avoir entendu la demande des citoyens concernant la transparence en matière de gouvernance. Il n’y a aucun tabou par rapport à ces questions."

Aucun tabou donc? Sauf peut-être sur le mot décumul, rarement, pour ne pas dire jamais prononcé.

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