Loi de relance: la démarche du MR "n'est pas normale", dit Kris Peeters

Le vice-Premier Kris Peeters (CD&V) se dit étonné par la démarche du MR.
2 images
Le vice-Premier Kris Peeters (CD&V) se dit étonné par la démarche du MR. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

L'accord de l'été reviendra au Parlement en seconde session en 2018. Au cours d'une séance vaudevillesque, tant le projet de loi de relance que celui sur la taxation des comptes-titres ont été renvoyés en seconde lecture en commission des Finances, et ce... à la demande de la majorité, par la voix du MR.

Une procédure inédite qui n'a manqué d'étonner les partenaires de la coalition, notamment le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V).

"On doit trouver une solution acceptable pour nous, mais aussi pour négocier avec l'opposition pour trouver une solution, parce que, maintenant, c'est un peu le chaos", a commenté le chrétien flamand ce mercredi matin.

"J'ai été un peu étonné, parce que ce n'est pas normal, poursuit-il, évoquant la demande du MR de renvoyer le texte en seconde lecture. On doit être professionnel, on doit trouver des solutions. C'est rare, mais c'est fait. (...) On doit être calme et ne pas jouer avec des émotions ou avec des réactions qui ne sont pas normales."

Kris Peeters : "C'est un peu le chaos"

>> À lire aussi : 500 euros exonérés pour le travail occasionnel, une concurrence déloyale ?

L'opposition avait demandé la deuxième lecture peu après 01h00 ce mercredi matin sur le projet de loi de relance comprenant notamment la réforme de l'impôt des sociétés et l'exonération fiscale et sociale des 500 euros par mois de revenus sur le travail occasionnel.

"Comme l'UCM n'avait pas été entendue sur la réforme de l'ISOC, que l'avis du Conseil d'État était très critique et que des amendements avaient été déposés, nous avons demandé cette deuxième lecture. Nous redemanderons l'audition de l'UCM", justifiait alors le chef de groupe PS Ahmed Laaouej.

Écoutez la réaction d'Ahmed Laaouej (PS) sur La Première

Les deux textes, poussés par la N-VA et l'Open Vld, faisaient partie d'un vaste accord intégrant la taxation des comptes-titres, défendue par le CD&V.

Après la demande de deuxième lecture introduite par l'opposition, la majorité a demandé une suspension de séance pour se concerter. À son retour, le MR a fait savoir qu'elle demandait à son tour la deuxième lecture sur la taxation des comptes-titres, une procédure inédite dans son chef.

Rebondissement "surréaliste"

"Il fallait préserver la cohérence des votes, l'économie d'ensemble", a justifié Benoît Piedboeuf (MR). Pour Ahmed Laaouej, "il s'agit d'une deuxième lecture non justifiée, sans amendement, c'est une pantalonnade pour la majorité devenue prisonnière de sa propre entreprise de mépris du travail parlementaire". Georges Gilkinet (Ecolo) a souligné le "surréalisme" de ce dernier rebondissement dans la salle Magritte du parlement. "J'ai déjà vu beaucoup de choses dans ce parlement mais une majorité qui demande une deuxième lecture sur ses propres textes avec l'objectif de bloquer le vote final, c'est nouveau. L'ambiance est bonne au sein de la majorité", a réagi la cheffe de groupe sp.a Meryame Kitir.

Les travaux se poursuivaient pendant ce temps pour un certain nombre d'heures encore en commission des Affaires sociales, sur le volet de l'exonération fiscale et sociale des 500 euros de revenus mensuels dans le travail associatif. Ce point est également inscrit mercredi matin à l'ordre du jour du comité de concertation où pèse une menace de conflit d'intérêts.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK