Limbourg et Anvers: la grève "tourne" aussi en Flandre

Limbourg et Anvers: la grève "tourne" aussi en Flandre
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Limbourg et Anvers: la grève "tourne" aussi en Flandre - © LUC CLAESSEN - BELGA

En Flandre, ce sont les provinces d'Anvers et du Limbourg qui font partie de la tournante de ce lundi. Là aussi les grèves ont partiellement paralysé une partie de l'activité. Et notamment sur le zoning du port d’Anvers. Le Limbourg paraît avoir été moins touché, mais pour les navetteurs, les transports n'ont pas été de tout repos.

Dimanche déjà la province avait un avant-goût de grève. Le trafic fluvial s'est mis totalement à l'arrêt. Les pilotes maritimes et côtiers ont cessé le travail dès 17 heures, à Anvers, mais aussi à Gand et Zeebrugge, deux villes qui ne sont théoriquement pas concernées par la grève de ce lundi.

A Anvers, le port est complètement à l'arrêt et quatre importants piquets de grève en bloquent les accès. Il faut ajouter à cela des piquets intersydincaux. Les autorités craignent des incidents avec les dockers mais aucune manifestation n'est prévue. Plusieurs zonings commerciaux comme celui de Wommelgem devaient aussi être bloqués.

Dans le Limbourg, le mouvement de grève a perturbé les transports, mais aussi les écoles, les magasins, les hôpitaux, les maisons de repos et les prisons. Dans la matinée, les syndicats conduisaient à Hasselt un cortège funèbre qui devait se dirigera vers les bureaux régionaux des trois partis flamands au pouvoir fédéral : N-VA, CD&V et Open VLD.

Pour les patrons limbourgeois, (presque) tout le monde travaille...

Selon un sondage réalisé par le Voka (le patronat flamand), 90% des entreprises limbourgeoises disent ne pas être impactées par la grève. Pour 9 entreprises sur 10, le mouvement social aurait eu "pas ou peu d’effet". Le sondage réalisé révèle que près de 25% des travailleurs ont rencontré des problèmes pour arriver à l’heure à leur travail et deux entreprises sur cinq n’ont pas été capables de fonctionner de manière "optimale".

Le Voka a déploré le blocage de certains sites par une poignée de militants. "Nous avons constaté que les manifestants tentaient d'empêcher l'accès aux entreprises ou aux sites dans 10% des cas", explique le responsable provincial, Johann Leten. "C'est illégal, condamnable et s'apparente tout simplement à du hooliganisme." Le Voka estime que la grève tournante a entraîné une perte de 10 millions d’euros.

...Pour les syndicats, ce n'est pas vrai

Autre son de cloche chez les syndicats selon lesquels des dizaines de grandes entreprises sont à l'arrêt dans le Limbourg.

 

D'après l'ABVV/FGTB, le travail est à l'arrêt chez Amcor, Ineos, DSM, Chyoda... D'importantes pertes de production sont constatées chez Tessenderlo Chemie, Bandag, Visko Teepak et Marlux. Chez Sappi à Lanaken, les fournisseurs externes ne sont pas parvenus à entrer, ce qui risque également de perturber la production.

 

Eddy Bruynincx, CEO du port d’Anvers dit, lui, craindre pour l’image du port d’Anvers qui peut être écornée par les mouvements de grève. "Notre port jouit d’une bonne réputation en termes de fiabilité. Ce qui se passe aujourd’hui mène naturellement à une altération de cette image".

Le président de l’ACV (syndicat chrétien flamand) Marc Leemans a, dans une lettre ouverte, expliqué tous les motifs qui justifient cette grève en posant finalement la question" Pensez-vous vraiment que les gens sont des idiots? "

Anvers : le thermomètre syndical flamand

A Anvers les syndicats jugeront l’efficacité de la grève à leur capacité de fermer le port. Quatre piquets de grève sont en place et tout semble se passer calmement. Les blocages du port ont un impact sur l’accès à d’autres entreprises comme celle de BASF dont le site signale lea fermeture des voies d’accès.

Grève sans alcool

Mais sur place, peu de tension. L'ambiance était bon enfant lundi matin aux alentours des piquets de grève. Aux grands terminaux, des petits groupes d'ouvriers s'assuraient que personne ne prenait le travail. Aucune personne souhaitant travailler n'a de toute façon été aperçue. Seuls quelques conducteurs de poids lourd ont dû faire machine arrière. Plusieurs dizaines de dockers, secrétaires et délégués syndicaux veillaient au calme auprès de chaque piquet.

Les ouvriers présents respectaient jusqu'ici le mot d'ordre lancé par les responsables syndicaux de ne pas consommer d'alcool. Cette demande émise par les responsables fait notamment suite à la situation chaotique observée dans les rues de Bruxelles lors de la manifestation nationale du 6 novembre.

Embouteillages anversois : plus tôt que d’habitude

La Flandre a connu ce matin des encombrements accrus vers Bruxelles, tandis que de nombreux trains et bus avaient déclaré forfait. En moyenne, les perturbations du trafic sont intervenues 15 minutes plus tôt que d’habitude.

Le ring d’Anvers était déjà dans le rouge vers 6h, mais principalement à cause d’un camion en panne qui avait perdu son chargement, bloquant plusieurs bandes de circulation à proximité du tunnel Kennedy. Le ring était toutefois moins bondé que d’habitude, sans doute à cause de l’inactivité du port.

Dans le Limbourg, les ralentissement se sont produits autour des huit grandes intersections proches des zones industrielles et de services. Les syndicats y distribuaient des tracts appelant à participer à la grève.

Sur les principales lignes de chemin de fer Anvers-Malines-Bruxelles, Anvers et Hassel-Leuven les trains étaient pratiquement absents.

De Lijn à l’arrêt

La société de transport public De Lijn a aussi annoncé de fortes perturbations, la plupart des bus étant à l’arrêt. Les chauffeurs volontaires n’ont pu prendre leur service. En Flandre occidentale et orientale, les services de De Lijn fonctionnaient normalement, tandis que les lignes venant d’Anvers et du Limbourg ralentissaient fortement en arrivant dans le Brabant flamand.

Travail à l'arrêt chez Ford Genk

L'activité était à l'arrêt chez Ford Genk. Plusieurs militants syndicaux ont distribué, devant la porte principale de l'usine et aux carrefours proches du site, des tracts invitant à manifester le 15 décembre. Ceux qui voulaient commencer le travail n'étaient pas empêchés mais ont été rapidement contraints de rentrer chez eux en raison d'un manque d'effectifs.

L'aéroport épargné

A l'aéroport d'Anvers, aucun problème n'était signalé vers 8h00. "Tout se passe calmement actuellement. Les aiguilleurs sont présents et tous les départements de l'aéroport ont leurs effectifs", a indiqué le commandant de l'aéroport de Deurne, Wim Verbist. Les vols n'enregistraient encore aucun retard.

Des points de tension vers midi

Plusieurs confrontations ont eu lieu lundi matin à l'entrée d'entreprises entre militants syndicaux d'une part et travailleurs volontaires ou membres de la direction d'autre part. Chez Ineos à Zwijndrecht (province d'Anvers), la police a été sollicitée pour aider quelques travailleurs à franchir un barrage syndical.

"Nous avons mis à l'arrêt plusieurs unités à titre préventif. D'autres doivent toutefois continuer à tourner sous peine de devoir procéder à un redémarrage qui prendra une semaine" a indiqué un responsable du site d'Ineos à Zwijndrecht, Patrick De Deken. Non loin de là, BASF craint des problèmes de maintenance en raison de la présence d'un barrage qui ne laissait personne entrer en matinée.

Dans le Limbourg, des confrontations ont aussi été observées à l'entrée des entreprises Bandag (Dilsen-Stokkem), Rajapack (Tongres), mais aussi à Genk (Transportlaan) et Houthalen (Centrum-Zuid).

Et encore un point de tension entre des grévistes et des personnes voulant prendre le travail lundi matin à la centrale de béton Michiels à Heist-op-den-Berg (province d'Anvers). Quelques travailleurs volontaires ont tenté de forcer le piquet placé devant l'entrée de l'entreprise par les militants syndicaux. Ils sont arrivés avec un bulldozer et un camion face au piquet, mais les militants ont commencé à grimper sur les véhicules et à injurier les volontaires. Quelques personnes ont été légèrement blessées. La direction de l'entreprise a décidé de renvoyer les volontaires chez eux pour le reste de la journée. Le calme est entre-temps revenu sur le site.

La plupart du courrier distribué à Anvers et dans le Limbourg

Enfin, dans les deux provinces touchées, tous les journaux ont été distribués à l'exception de perturbations à Anvers-Sud, Hasselt et Heusden, et 80% des tournées de distribution ont été assurées pour les lettres et colis.

RTBF avec agences

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