Libye: Louis Michel se prononce en faveur d'une intervention militaire

Louis Michel sur le plateau de Mise au Point
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Louis Michel sur le plateau de Mise au Point - © Louis Michel sur le plateau de Mise au Point

Tunisie, Egypte, Libye... les révolutions se succèdent. Les régimes corrompus et autoritaires tombent les uns après les autres, emportés par un irrépressible besoin de démocratie et de liberté. Sur le plateau de Mise au Point, le député européen Louis Michel s'est dit prêt à défendre l'idée d'une intervention militaire internationale en Libye, pays à feu et à sang.

Après avoir entretenu des liaisons dangereuses avec Mouammar Khadafi, la communauté internationale se dit "choquée" par la répression armée du régime.  "La première chose à faire, et je crois que c’est la plus utile, c’est de ne pas regarder vers les impérities du passé, qui sont là, béantes. On s’est complètement trompé en laissant ces gens au pouvoir, maintenant il faut assurer la suite" a expliqué sur le plateau de la RTBF l'avocat Georges-Henri Beauthier, président honoraire de la Ligue belge des droits de l’Homme.

Le mot "hypocrisie" est sur toutes les lèvres, pour le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, les prévisions d'après coup sont trop faciles : "Aujourd’hui, si la Belgique est critiquée dans le parlement belge pour avoir voté en faveur de la Libye pour un siège au Conseil des droits de l’Homme, comme 155 pays du monde l’ont fait, il faut aussi se dire que devant une telle situation, au moment où ce vote est intervenu, personne ne pouvait prédire ce qui allait se passer dans les rues de Tripoli. Associer les deux aujourd’hui comme si ça formait un tout, il y a quand même quelque chose de dangereux", a-t-il expliqué.

Vers une intervention militaire pour sécuriser le pays ?

Pour le député européen Louis Michel, ancien ministre des Affaires étrangères, il faut à présent passer des paroles aux actes, il s'est prononcé en faveur d'une intervention internationale à condition que ce ne soit pas mal perçu dans l'opinion arabe : "Moi je suis tenté de dire que vu la situation actuelle, ce ne serait peut-être pas inutile de sécuriser les populations là-bas en intervenant militairement. J’attends encore le premier pays européen courageux qui va dire 'on est prêt à envoyer nos militaires là-bas'", a-t-il dit, précisant qu'alors que la Libye est à l'aube d'une catastrophe humanitaire, personne n'avait encore exprimé clairement qu'il faut mobiliser l'OTAN, militairement, pour mettre de l'ordre dans ce pays.

Quant à Steven Vanackere, il qualifie une intervention militaire en Libye comme "le nec plus ultra, le tout dernier pas qui n’a pas encore été franchi aujourd'hui" et le ministre des Affaires étrangères de jouer la prudence et d'ajouter : "Il faut se dire que si intervention militaire il doit y avoir, c’est avec un mandat des Nations-Unies et ça doit être avec une communauté internationale cohérente. Il faudra aussi à ce moment-là oser prendre sa responsabilité".

Il annonce également aux derniers belges sur place le retrait du personnel diplomatique : "J’ai donné cette nuit instruction pour que notre personnel, une trentaine de belges, se prépare. Normalement, à partir de demain il n'y aura plus l’assistance des diplomates belges", a-t-il annoncé.

Les armes de la FN en Lybie : un réel besoin pour la survie de l'entreprise ?

En 2008, la FN Herstal avait conclu un contrat de vente d'armes à la Libye. La Région wallonne avait alors délivré à l'entreprise liégeoise une licence d'exportation. Mais ce lundi, une vidéo publiée sur internet montrait un civil exhibant à Benghazi un FN303 de la fabrique d'armes Herstal. 

"On relie aujourd’hui, par rapport aux règles européennes, un contexte dans une période décalée. On relie 2009 à l’aune de 2011", a justifié Rudy Demotte, ministre-président du gouvernement wallon .

Le contrat de la FN avec la Libye avait été dénoncé par les ONG. La Ligue des droits de l'Homme avait obtenu du Conseil d'Etat la suspension des licences.

A l'époque déjà, Bernard Adam, président du Groupe de recherche et d'information sur la paix (GRIP) déclarait : "C'est hallucinant que le gouvernement wallon fasse confiance à la Libye". Aujourd'hui, dans l'émission dominicale, il dénonce le fait que les dirigeants wallons aient été mis sous pression pour attribuer la licence : "Pourquoi la décision a été prise ?  Parce que tous les dirigeants politiques wallons ont été mis sous pression par certains (les syndicats, la direction de la FN) qui disaient que si le contrat libyen n’était pas attribué à la FN, l'entreprise risquait sa survie. On avait même parlé de 'bain de sang social".

Chiffres à l'appui, il affirme que ces propos étaient complètement faux : "La FN n’avait pas besoin de ce contrat pour survivre, ce contrat représentait 11 millions, soit 5% du chiffre d’affaires de 2009. Or, quand on regarde la progression du chiffre d’affaires de 2004 à 2009, il passe de 110 millions d’euros à 220 millions d’euros", a-t-il précisé.

Depuis 2004, année au cours de laquelle le régime de Mouammar Kadhafi s'est racheté une conduite sur la scène internationale, de nombreuses licences ont été octroyées par la Grande-Bretagne, la France, l'Espagne, l'Autriche ou la Suisse autorisant des contrats d'armement avec la Libye. Des accords de coopération avaient également été signés avec la Libye par plusieurs de ces pays ainsi que les Etats-Unis.

Mélanie De Nora





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