#LeScan: les frais bancaires, toujours plus élevés?

C'est un fait : les frais bancaires ne cessent d'augmenter. Et les banques sont doublement gagnantes. Explications. 

Gesves, en province de Namur : 7200 habitants et un seul distributeur d'argent bpost. Problème : certaines banques ont décidé de pénaliser les retraits de leur clients dans d'autres institutions financières. À chaque retrait chez Bpost, Isabelle, qui est cliente chez ING doit payer 0,50 euro de "pénalité".

>> À lire aussi : Bpost revient sur sa décision de faire payer les retraits d'argent

"On ne nous demande évidemment pas notre avis. On nous a informé en décembre que les tarifs allaient changer. Je me débrouille lors de mes déplacements pour éviter de prendre de l'argent ici, au village. Mais comment font les personnes isolées ? Ceux qui ne peuvent pas se déplacer ? Eux sont bloquées..." 

10 euros le duplicata, qui dit mieux? 

Ces frais de retraits d'argent s'ajoutent à la longue liste des tarifs appliqués par toutes les banques du pays. Par exemple : 9,68 euros pour un paiement manuel effectué par un employé. Ou encore 10 euros pour un simple duplicata d'extrait de banques. Des tarifs abusifs, selon Test-Achats. "On peut comprendre que certaines services soient payants. Mais il y a des montants qui sont totalement injustifiés", commente Julie Frère, porte-parole de l'association de consommateurs. 

Pour Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, ces frais se justifient. "Chaque banque mène sa propre politique en matière de frais bancaires. Mais pour les retraits d'argent, par exemple, c'est un service très coûteux. Il faut notamment sécuriser les appareils de retrait. Ce sont de véritables petits coffres-fort", réagit Rodolphe de Pierpont, en charge de la communication.  

Plus de frais, moins d'agences 

Par rapport à certains de ses voisins, les Belges restent épargnés par des frais trop élevés. Les montants sont multipliés ailleurs. Reste que les banques, elles, seraient gagnantes à chaque coup : leurs services se numérisent, le nombre d'employés et d'agences diminuent.

Tandis que les tarifs augmentent. "Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce sont les plus pauvres qui en font les frais. Les clients les plus aisés, ceux qui peuvent investir ou acheter un produit quelconque au sein de la banque, auront souvent droit aux services gratuits", glisse Bernard Bayot, directeur du Réseau Financité.

Pour Febelfin, ces frais permettraient notamment aux banques d'investir et de faire face à l'avenir. Un calcul plutôt efficace. Les entreprises belges qui dégagent actuellement le plus de bénéfices sont...les banques elles-mêmes.

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