Les Wallons sont plus royalistes que les Flamands

La KU Leuven publie ce mardi 15 novembre, jour de la fête du Roi, une étude sur "le rapport entre les Belges et la monarchie". Des experts du Centre d'enquête sociologique (CeSO) et de l'Institut des sciences politiques et sociales de Louvain ont sondé l'évolution du sentiment monarchique en Flandre et en Wallonie sur ces 25 dernières années. Le résultat : les Flamands défendent moins la monarchie qu'auparavant tandis que les Wallons s'affichent, eux, de plus en plus en fervents royalistes.

Regards croisés sur la royauté

En 26 pages, les chercheurs dissèquent les résultats d'études menées en 1999, 2003 et 2014, complétées en 2014-2015 par des entretiens auprès de 1183 Flamands et 719 Wallons. Résultat: il y a de réelles différences entre Régions, pour ne pas parler de grand écart ! Ainsi, entre 40 et 45% des Flamands interrogés défendent la monarchie. 25% des Flamands s'affichent comme républicains. Le reste, 30% plaident pour une monarchie aux pouvoirs plus limités, une monarchie protocolaire. Autre précision: sur les 40% défendant la monarchie, seule la moitié plaide pour un élargissement des pouvoirs du roi.

Côté wallon, 66% des sondés s'affichent comme des défenseurs indéfectibles de la monarchie (question de prestige international/estimant qu'il devrait avoir plus à dire/acteur dans le maintien de la Belgique). Les républicains ne recueillent que 10% des voix côté wallon. Et seuls 25% militent pour une monarchie plus protocolaire. 40% des Wallons interrogés disent soutenir l'idée d'un élargissement du pouvoir royal, soit le double de ce que l'on constate côté flamand. 57% des Wallons disent redouter que la Belgique disparaisse sans un Roi, contre seulement 41% des Flamands. 76% des Wallons estiment que le roi joue un rôle important pour le prestige international du pays, contre 59% des Flamands. 

Une tendance lourde

Depuis 1990, le sentiment monarchique a reculé constamment en Flandre. En 1990, 62% des Flamands estimaient que le roi était nécessaire en Belgique, ils ne sont plus que 45% aujourd'hui. En 2003, 33% des Flamands estimaient que le roi devait avoir plus à dire dans le jeu politique, ils ne sont plus que 17% aujourd'hui.

Et dans le même temps, le sentiment monarchique n'a cessé de grimper au sud du pays, ils étaient 60% côté wallon à juger le roi nécessaire en 1990, 70% en 2003, 66% désormais. Soit la tendance totalement inverse de ce qui prévalait à l'issue de la seconde guerre mondiale et de la Question royale où c'est la Flandre qui sauva la monarchie...

Lors de la consultation populaire organisée par le gouvernement, le 12 mars 1950, 2 933 382 Belges (57,68 %) se déclaraient pour le retour du roi contre 2 151 881 (42,32 %) contre, avec la fracture suivante : si 72,2 % des Flamands se montraient favorables à Léopold III, 58 % des Wallons y étaient opposés, comme aussi une majorité des Bruxellois.

Contexte sociologique

Cette étude établit un lien entre sentiment monarchique, catholicisme et religion, et niveau d'études; au plus croyant le sondé est, au plus il se dira pro-monarchie. Plus le niveau d'études augmente, moins on se dit défenseur de la monarchie. Ce qui signifie que précisément le recul du sentiment religieux et la hausse progressive du niveau d'études seraient des facteurs défavorables à la monarchie. Autre constat : les femmes seraient aussi plus royalistes que les hommes. Enfin, sans surprise, les royalistes seraient aussi plus nationalistes, belgicains. Côté flamand, plus on est flamingant, moins on serait pro-monarchie. Autre élément : la confiance envers la monarchie est aussi liée à une plus grande confiance dans la classe politique.

Clivage politique

Côté politique, sans en faire une priorité absolue, les différents partis se sont positionnés sur le futur statut du roi. Avec des partis au profil républicain, N-VA et Vlaams Belang, mais une N-VA plaidant à court-terme pour une monarchie plus protocolaire. Groen étant le plus en pointe pour une réduction des pouvoirs royaux.

Qu'en retire-t-on côté étude ? Qu'en Flandre, les électorats des trois partis traditionnels (CD&V, sp.a, Open VLD) sont plus monarchistes, ceux de la N-VA et Groen moins, sp.a et Cd&V apparaissant comme les meilleurs boucliers du roi. En Wallonie, c'est le cdH qui a l'électorat le plus royaliste, avec le MR, Ecolo étant le parti le plus monarcho-sceptique.

Cette étude peut être consultée sous ce lien

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