Les titres-service ont 10 ans: une augmentation de prix est inévitable

Les titres-service ont 10 ans: une augmentation de prix est inévitable
3 images
Les titres-service ont 10 ans: une augmentation de prix est inévitable - © Tous droits réservés

C'est en mai 2003 qu'a été lancé ce mécanisme de lutte contre le travail au noir, dont le succès n'est plus à démontrer. Pour Frank Vandenbroucke, qui fut l'un des architectes de la mesure en tant que ministre fédéral des Affaires sociales à l'époque, le prix des chèques peut être augmenté sans mettre en péril le régime.

Le dixième anniversaire a été l'occasion de faire le point sur ce modèle belge qui associe trois acteurs: une société agréée, des particuliers et des travailleurs souvent peu qualifiés.

Pour les utilisateurs, quelques avantages fiscaux ont été rabotés: l'organisation du système va bientôt passer du fédéral aux régions.

Frank Vandenbroucke, ex-ministre des Affaires sociales et de l'Emploi et professeur d'économie aujourd'hui, est l'un des parrains de la formule. D'après lui, les travailleurs doivent bénéficier d'un meilleur encadrement, d'une formation continue.

Conséquence: les titres-services seront plus chers à l'avenir. "Qui dit qualité, dit prix", précise Franck Vandenbroucke dans une interview accordée à Dominique Delhalle (ci-dessous). Si on souhaite que le personnel des titres-service soit bien formé explique-t-il, il faudra sans doute accepter une légère hausse du prix. La déductibilité fiscale, quant à elle, n'est sans doute pas tenable à terme.

A leur lancement en 2003, les chèques coûtaient 6,20 euros. Le prix a été progressivement relevé et s'élève désormais à 8,50 euros. Il n'en devient pas moins de plus en plus populaire, avec un coût significatif pour les finances publiques - 14 euros additionnels par chèque, soit plus de 1,6 milliard d'euros par an. Une fois entérinée la sixième réforme de l’État, les titres-services deviendront une compétence régionale.

Pour Frank Vandenbroucke, ils devraient se maintenir dans ce contexte, mais le prix sera revu à la hausse. "Il y a dix ans nous avons fixé le prix des titres délibérément trop bas, pour donner un grand coup au travail au noir. Cela a réussi, le prix peut donc être relevé sans problème. Pour ce qui me concerne, la déduction fiscale peut même complètement disparaître".

Une évolution du profil des travailleurs

Parmi les travailleurs payés avec des titres services, le niveau de qualification progresse. Selon les chiffres du bureau de conseil IDEA Consult, 39,2% des travailleurs ont un niveau de formation intermédiaire. Près de 5% des travailleurs ont même un diplôme de l'enseignement supérieur.

"Logique", selon M. Vandenbroucke, "car le groupe des travailleurs faiblement éduqués se réduit chaque année dans notre pays".

Quelque 900 000 familles utilisent le système de façon régulière pour les tâches ménagères. "Fort de 170 000 travailleurs, le secteur représente 4% de l'emploi total en Belgique", a affirmé Erika Dejaegher, CEO de Randstad Titres-service, sur base d'estimations avancée par la ministre de l'Emploi Monica De Coninck en mars 2012.

L'institut pour le développement durable tempère cette estimation et évalue à environ 116 500 emplois ce secteur fin 2012.

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK