Les syndicats sont déçus et estiment que le gouvernement a loupé le coche

De gauche à droite : Jan Vercamst (CGSLB), Marc Goblet (FGTB), Rudy De Leeuw (ABVV/FGTB), Marie-Hélène Ska (CSC), Marc Leemans (ACV / CSC)
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De gauche à droite : Jan Vercamst (CGSLB), Marc Goblet (FGTB), Rudy De Leeuw (ABVV/FGTB), Marie-Hélène Ska (CSC), Marc Leemans (ACV / CSC) - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Du côté des syndicats, les critiquent ne manquent pas pour commenter l'accord sur l'ajustement budgétaire 2015 et le budget 2016

FGTB: "Les travailleurs devront finir par payer pour avoir un emploi"

Avec le glissement fiscal ou "tax shift" décidé jeudi, le gouvernement fédéral "s'en prend une fois de plus aux travailleurs, aux allocataires sociaux et aux familles", réagit la FGTB. Pour le syndicat socialiste, ce tax shift "ne rencontre pas du tout une volonté de justice fiscale".

Pour le syndicat, les 100 millions d'euros qui seront consacrés au soutien du pouvoir d'achat des bas et moyens revenus "ne compenseront nullement l'augmentation de la TVA et des accises."

La FGTB qualifie en outre de "leurre" l'introduction d'un impôt sur les plus-values à partir de 10 millions d'euros.

S'agissant de la baisse des cotisations sociales, la FGTB regrette l'absence d'obligation dans le chef des employeurs en matière de maintien ou de création d'emplois.

"Avec ce gouvernement, les travailleurs devront finir par payer pour avoir un emploi", résume Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, cité dans un communiqué. Et le secrétaire général du syndicat socialiste de laisser planer le menace d'actions syndicales en concluant que "les travailleurs n'accepteront pas de ne recevoir que des miettes et seront plus que jamais mobilisés pour s'opposer à ces mesures antisociales".

CSC: "Le gouvernement continue à démanteler les services publics et la sécurité sociale"

De son côté, la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska, parle de "deux réactions" : "On ne peut pas parler de tax shift puisque les revenus qui ne sont pas issus du travail (et je pense ici notamment aux dividendes, aux plus-values et aux revenus des fortunes notamment), ne sont absolument pas mis à contribution. Deux : ce sont une fois de plus les travailleurs qui paient l’addition puisqu’on annonce bien une augmentation des revenus faibles et moyens de 100 euros en fin de législature, mais l’augmentation de la TVA sur l’électricité, elle, elle se paiera par tout le monde et à court terme. Idem avec l’augmentation des accises. Et donc, c’est une pure opération de communication du gouvernement. Mais sur le fond, il n’y a rien, si ce n’est que le gouvernement continue à démanteler les services publics et la sécurité sociale puisque c’est en dépenses que se fera l’essentiel de l’ajustement budgétaire".

"Les montants réclamés aux chômeurs, aux malades ou aux pensionnés ne cessent d'augmenter puisque la baisse de leurs impôts ne leur rapporte rien du tout", s'insurge la CSC. "De nouvelles économies sont également annoncées dans la sécurité sociale et les services publics. Une fois de plus, ces mesures pénaliseront essentiellement le citoyen lambda."

Le tax shift est "une occasion manquée" qui "profite surtout aux employeurs et aux nantis". Les premiers "obtiennent une nouvelle réduction de charges, nullement conditionnée par des créations d'emplois", tandis que les seconds "échappent une fois de plus à une contribution proportionnelle et solidaire".

"Le saut d'index sur les loyers est lui aussi subitement mis au placard. Malgré le saut d'index sur leur salaire ou leur allocation, les locataires verront donc leur loyer augmenter."

CGSLB: "On avait une ambition plus forte pour le tax shift"

Pour Olivier Valentin, secrétaire national de la CGSLB, "on avait une ambition plus forte pour le tax shift. C’était une opportunité que le gouvernement pouvait avoir : rétablir de la justice fiscale, de l’équité fiscale en taxant de manière équitable tous les revenus. Aujourd’hui, on a une forte taxation des revenus du travail. On a une taxation beaucoup plus faible des revenus mobiliers, des revenus immobiliers, des autres revenus du capital (la taxation des plus-values, par exemple). Ces éléments-là sont globalement absents des décisions qui ont été prises par le gouvernement en matière de tax shift. On vit une légère augmentation de deux points de pourcent du précompte mobilier sur un certain nombre de choses, mais on a aussi je pense des attentes qui sont sans doute un peu surévaluées par rapport aux rentrées qui sont prévues".

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