Actions syndicales: la grande distribution principalement touchée

Des militants SETCa distribuaient des tracts à hauteur du Square Léopold, à Namur.
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Des militants SETCa distribuaient des tracts à hauteur du Square Léopold, à Namur. - © RTBF

La journée d'actions des syndicats a une ampleur qui varie d'une région à l'autre. A l'origine de cette journée de mobilisation: le projet de l'harmonisation des statuts ouviers-employés et les mesures d'austérité du gouvernement. CNE, Setca et FGTB se mobilisent. Le syndicat libéral n'appelle pas à la grève mais soutient les actions.

La CNE, la centrale des employés de la CSC, a appelé à cette journée de grève à Bruxelles et en Wallonie. La CNE est présente dans quasiment tous les secteurs : dans le secteur métallurgique, dans le commerce. Dans le non-marchand beaucoup de services et d’hôpitaux travaillent en service minimum.

Outre la grève, des arrêts de travail et des actions de sensibilisation sont menées en front commun avec le Setca. Mais ce jeudi est aussi décrété "journée nationale d'action" par la FGTB. Des actions à géométrie variable selon les régions et les secteurs. Dans la région du Centre, la FGTB a même appelé à 24h de grève.

Ailleurs, il y a eu des distributions de tracts, notamment à l'entrée des zoning industriels ou dans les gares; des manifestations, comme à Bruxelles place Rouppe ce jeudi midi; ou des opérations escargot, comme sur la Nationale 25 en Brabant wallon.

Du côté du rail, la CGSP a bien déposé un préavis de grève, mais le trafic voyageur n'est pas affecté, pas plus que les écoles, semble-t-il.

Le point détaillé région par région

Hainaut:

Zonings industriels et commerces à l'arrêt, centres commerciaux fermés, hôpitaux en service "du dimanche", secteur associatif, sociétés de logements sociaux, mutualités en veilleuse... Le mot d'ordre de grève a été respecté massivement dans le Centre et à Mons-Borinage, selon le SETCa.

"Toute la pétrochimie est à l'arrêt, à Feluy, à Seneffe, de même que la gare autoroutière et le zoning de Strépy-Bracquegnies, les centres commerciaux et les commerces structurés, l'Onem et le Forem, les administrations communales du Centre", a indiqué Manuel Morais du SETCa-Centre. "Les travailleurs se sont fortement mobilisés pour souligner leur mécontentement quant au blocage des salaires, à la problématique de l'index, au statut ouvrier-employé. Nous envoyons donc un message fort au partenaire socialiste du gouvernement qui a maintenant une belle occasion pour nous entendre."

A Mons, les entreprises chimiques, entre autres, du zoning de Ghlin-Baudour sont à l'arrêt, de même que les cimentiers d'Obourg, les centres commerciaux de Hornu, Jemappes et des Grands-Prés à Mons, les hôpitaux sont en service "du dimanche", les 250 travailleurs civils du SHAPE à Casteau sont eux aussi en grève.

Aucune perturbation majeure n'est à signaler quant à la circulation sur les axes routiers dans les deux régions. Une action symbolique a été organisée à 13h00 sur le site des Grands-Prés à Mons.

Dans la métropole carolo, les grévistes ont bloqué l'accès à Ville2 et au Cora de Châtelineau. Les transports en commun ne sont pas touchés par l'action.

Des tracts ont également été distribués à hauteur de toute une série de grands ronds-points et carrefours des villes. La circulation a été fortement ralentie. Les entreprises Baxter à Lessines (1400 travailleurs), Doosan à Frameries ou encore Nexans sont bloquées.

Notons cet incident sur le zoning de Strépy-Bracquegnies : des automobilistes, excédés et déterminés, auraient tenté de forcer le piquet de grève pour aller rejoindre leur lieu de travail. Aucun blessé n’est à déplorer.

Namur:

La capitale wallonne a été bloquée au niveau de trois ronds-points fort fréquentés dans et aux alentours de Namur : le rond-point Joséphine Charlotte (près du pont de Jambes), celui du square Léopold (près de la gare) et le rond-point à l'entrée du zoning Ecolys (près de l'E42). Ces barrages ont provoqué d'importants embouteillages, notamment sur les grands axes permettant d'accéder au centre de Namur, comme la chaussée de Louvain, le boulevard Cauchy ou sur l'avenue Comte de Smet de Nayer. Les automobilistes roulaient au pas. "Nous distribuons des tracts aux automobilistes pour leur expliquer le message de cette opération", a indiqué Luc Giltay, secrétaire régional de la FGTB. Une délégation du SETCa et de la CNE s'est ensuite rendu à Wierde, au siège de l'UCM, pour rencontrer des représentants de la fédération patronale.

Brabant wallon:

La mobilisation était aussi effective en Brabant wallon avec des perturbations au rond-point du shopping de Nivelles. Une opération escargot était organisée à proximité de Nivelles, Wavre, Ottignies et Court-Saint-Etienne.

Le front commun syndical a annoncé encore les fermetures de quelques grandes surfaces comme les Brico et les Delhaize de Waterloo et de Wavre.

Bruxelles:

Tout a commencé dans les gares. Le syndicat socialiste a organisé une concentration à la gare du Midi, avec distribution de tracts et cortège, par l'avenue de Stalingrad, jusqu'au cabinet de la ministre de l'Emploi et du Travail, Monica De Coninck.

Des tracts rouges ont également été distribués à la gare centrale, ainsi que dans les commerces avoisinants, essentiellement rue Neuve où les militants chrétiens CNE prévoyaient des actions, à partir de la place de la Monnaie. Ils visent surtout les agences bancaires et les magasins.

Quelque 300 militants de la CNE, de la CGSLB et du SETCa ont mené une action ludique à Brussels Airport, avant de procéder à une opération de blocage des voitures devant le hall des départs, a indiqué Jean-Marc Lepied, responsable CNE. Des discours ont été prononcés dans le hall des départs avant qu'une chanson ne soit entonnée, a précisé le syndicaliste. Une partie des militants a ensuite organisé une opération de blocage des voitures devant le hall des départs avant que la police n'intervienne après un quart d'heure pour y mettre fin. L'action a provoqué des embarras de circulation mais il n'y a pas eu d'incident, a conclu Jean-Marc Lepied. L'opération syndicale n'a pas eu d'impact sur le trafic aérien, selon l'aéroport.

Enfin dans le quartier du Midi, plusieurs centaines de militants SETCa et FGTB se sont rassemblés jeudi midi.

Luxembourg:

Une action "Tous en marche !" a eu lieu à Marche-en-Famenne dès 9h30. A partir du parking du Carrefour de Marche, elle a pris ensuite la direction du boulevard urbain jusqu'au zoning de la Pirire. Avec des actions de sensibilisation auprès des commerces et entreprises du site.

Liège:

C'est du côté de la CSC que la mobilisation semblait être la plus importante à Liège avec plusieurs entreprises en grève. C'est le cas de la centrale de Tihange, de la centrale EDF Luminus de Seraing, du magasin Ikea de Hognoul, du centre Aide et Soins à Domicile de Liège et de la Mutualité chrétienne de Liège. En outre, des arrêts de travail, des assemblées et/ou des animations sont aussi programmées dans des entreprises. Enfin, les militants ont fait une tournée des bureaux liégeois des partis traditionnels.

Du côté de la FGTB, aucune action de grève n'est prévue mais des assemblées d'information sont organisées dans les entreprises. En outre, un barrage filtrant et une distribution de tracts ont eu lieu dans le parc scientifique du Sart Tilman et au rond point Kermadec à Verviers.

A priori, les écoles et les transports ne sont pas concernés.

Les revendications

CNE et Setca craignent que le Fédéral ne ramène le statut de l'employé au niveau de l'ouvrier alors que pour eux, ça devrait être l'inverse. Ils s'opposent surtout à la diminution envisagée du préavis, lors d'un licenciement. Actuellement, pour un employé qui a 5 ans d'expérience, la durée est de trois mois. Elle pourrait être ramenée à 50 jours, comme pour un ouvrier.

Pascal Strube, du Setca Brabant Wallon explique ce qui ne va pas : "Dans certaines commissions paritaires ouvrières, un préavis de moins de 5 ans, c'est un peu plus de 50 jours. Or, nous on est à trois mois. Donc faites le compte. Si un employé n'a plus ses trois mois par 5 ans, par exemple, il va se retrouver après 50 jours au bureau du chômage où il va avoir une indemnité de 65% du dernier salaire brut plafonné à un peu plus de 2250 euros, grand maximum. Alors, vous faites la différence, et vous voyez très bien ce que cela peut faire comme impact en un ou deux mois dans une famille. Expliquez-moi comment les travailleurs vont faire pour pouvoir simplement se retourner par rapport au marché du travail (...) avec toutes les restructurations et les fermetures que l'on connaît actuellement. Un chien et un chapeau peuvent le comprendre. Alors, pourquoi est-ce que le gouvernement joue à ce petit jeu vicieux ? C'est une véritable déclaration de guerre. Je ne peux pas le dire autrement."

Avec M-P Jeunehomme, P-Y Millet et C. Dor

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