Les syndicats déçus de leur rencontre avec le gouvernement Michel

Les réactions de l'opposition politique au coeur de la manifestation
11 images
Les réactions de l'opposition politique au coeur de la manifestation - © Tous droits réservés

Après la manifestation, vers 17h, les principaux ministres du gouvernement Michel ont reçu les leaders des organisations syndicales. Après une grosse heure de discussions, les syndicats se sont dit déçus. Dans la soirée, le Premier ministre a fermement condamné les violences "inacceptables" qui ont caractérisé la fin de la manifestation nationale à Bruxelles et appelé à la concertation sociale, tout en maintenant le projet de saut d'index.

C'était la première rencontre officielle du nouveau gouvernement. Les syndicats voulaient rediscuter des mesures du gouvernement elles-mêmes et pas seulement des modalités du coté du gouvernement.

A leur sortie, un constat : la confiance n'existe toujours pas. Aucun calendrier de négociations n'a été fixé pour l'heure et on ne devrait pas éviter les grèves programmées à partir 24 novembre. C'est ce qu'a déclaré à la RTBF Marc Leemans, le président de la CSC : "Avec tout ce que le gouvernement a répliqué sur toutes nos remarques, non ! Parce que le gouvernement n'a pas répliqué. Nous avons formulé les critiques sur le programme gouvernemental totalement déséquilibré. Le gouvernement les a écoutées poliment et à la fin a dit que le ministre de l'Emploi allait être chargé de prendre des contacts discrets et informels avec tous les partenaires sociaux individuels pour préparer une éventuelle concertation ultérieure".

Même constat pour Marc Goblet de la FGTB :

Pourtant à son arrivée, Didier Reynders, vice-premier ministre MR disait vouloir "vraiment relancer une négociation interprofessionnelle, voir comment remettre tout le monde à table dans une tripartite entre patrons, représentants des travailleurs et gouvernement. Ça va peut-être prendre un peu de temps, mais il y a toutes une série de sujets qui sont à discuter".

En attendant, Kris Peeters a été chargé de "renouer le dialogue" : "Nous allons ouvrir la discussion dans le respect de l'accord de gouvernement", a affirmé Kris Peeters à l'issue de la rencontre : "Le but, c'est de voir les éléments sur lesquels nous pouvons discuter. J'ai été chargé de prendre des contacts discrets avec les syndicats, mais aussi avec les organisations patronale afin de remettre le Groupe des Dix autour de la table. Nous montrons ainsi que nous sommes ouverts au dialogue social." Le ministre de l'Emploi a toutefois rappelé qu'il n'était pas question de revenir sur plusieurs mesures prévues dans l'accord de gouvernement, dont le saut d'index.

Charles Michel condamne les violences et appelle à la concertation

Le Premier ministre Charles Michel a fermement condamné jeudi soir les violences "inacceptables" qui ont caractérisé la fin de la manifestation nationale à Bruxelles et appelé à la concertation sociale, tout en maintenant le projet de saut d'index.

La manifestation relève d'un droit démocratique et légitime, a souligné M. Michel sur RTL-TVi, mais les violences perpétrées par certains manifestants ne sont "en aucun cas acceptables". "La justice devra faire son travail", a-t-il affirmé, rejetant toute idée d'impunité. Il a appelé à la sérénité, au respect mutuel, à l'écoute et au dialogue, afin d'engager la Belgique dans des réformes permettant aux entreprises de créer plus d'emploi.

"Nous voulons protéger notre modèle social" afin de pouvoir payer les pensions et la sécurité sociale à l'avenir, a-t-il relevé, rappelant le premier tour de table tenu en fin de journée avec les représentants syndicaux.

Face à la menace de la FGTB de ne pas s'asseoir à la table de négociation si le projet de saut d'index n'est pas supprimé, Charles Michel s'en est tenu à l'accord de gouvernement qui le prévoit.

La marge de négociation est cependant "immense" à ses yeux, a-t-il dit, citant la mise en œuvre de la réforme des pensions, du marché du travail, etc. Je pense aussi à tous ceux qui n'ont pas manifesté et qui ont la conviction qu'on a besoin de stabilité, et de donner au gouvernement la chance de démarrer des réformes dans le plein respect de la concertation sociale", a-t-il affirmé.

Les réactions de l'opposition au cœur de la manifestation

Sans surprise, dans les rangs des manifestants, nos équipes ont croisé des personnalités politiques. Celles qui, évidemment, ne font pas partie du gouvernement Michel.

Qui dit manifestation dit présence de partis politiques, des partis de l'opposition avec en tête de cortège, aux côtés des syndicats, le parti socialiste.

Laurette Onkelinx, Cheffe de groupe PS à la Chambre, qui n'a jamais mâché ses mots depuis la mise en place du gouvernement Michel était présente entourée d'élus et de militants : "C'est une manifestation très importante pour dire qu'il y a des alternatives, que ce gouvernement pour son accord a surtout eu en tête la situation des grandes entreprises et des personnes qui ont de grands capitaux mais n'ont pas écouté les travailleurs, les pensionnés. Et donc, c'est une manifestation pour dire il y a des alternatives, ca doit être beaucoup plus juste, et il faut en finir avec la violence sociale."

Aux côtés des travailleurs, les mouvements de gauche sont aussi de la partie. Avec quelque 10 000 membres, le PTB a pu compter sur ses militants.
Participer à cette manifestation est pour le parti des travailleurs de Belgique un avertissement tout droit lancé au gouvernement fédéral : "Il faut que le gouvernement plie. On le voit, cela va être un succès cette manifestation. On voit que les gens ne sont pas d'accord de travailler plus longtemps, les gens ne sont pas d'accord de faire payer un saut d'index alors que l'on voit que des sociétés aujourd'hui on été fraudé le fisc en allant au Luxembourg. C'est inacceptable d'aller dans ce pays à deux vitesses. Et donc effectivement, le gouvernement doit faire un pas en arrière et je suis sûre qu'il le fera dans les mois à venir parce que la mobilisation ne va pas se tarir", a déclaré Raoul Hedebouw, le porte-parole du PTB.

Les écologistes, eux aussi dans l'opposition, sont aux côtés de Groen. Mais certains critiquent la présence des partis et crient à la récupération politique ce que dément Olivier Deleuze, coprésident d'Ecolo : "Cette manifestation est gigantesque, elle réunit des dizaines de milliers de gens. Nous on n'est pas ici pour récupérer quoi que ce soit. On est ici pour marquer notre solidarité avec ceux qui défilent."

Un absent tout de même, le cdH. Il n'y avait pas de consigne de parti. Les élus cdH pouvaient participer à cette manifestation à titre personnel, mais nous n'en avons pas croisés.

RTBF, avec Belga

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK