Les représentants des cultes s'engagent à plus de transparence dans leurs flux financiers

Garantir la transparence et l'intégrité des flux financiers de l'intérieur et de l'étranger, c'est ce à quoi se sont engagés les différents signataires de la déclaration commune.
Garantir la transparence et l'intégrité des flux financiers de l'intérieur et de l'étranger, c'est ce à quoi se sont engagés les différents signataires de la déclaration commune. - © Fabien Van Eeckhaut

Le Premier ministre Charles Michel et le ministre de la Justice Koen Geens ont rencontré les représentants des cultes reconnus et de la laïcité ce mercredi. Dans une déclaration commune, les représentants des cultes et les ministres ont rappelé le principe de l'indépendance des cultes et des organisations philosophiques non confessionnelles vis-à-vis de l'Etat. Ils se sont également engagés à "éviter les financements venant de l’étranger qui seraient de nature à nuire à leur indépendance".

Garantir la transparence et l'intégrité des flux financiers de l'intérieur et de l'étranger, c'est ce à quoi se sont engagés les différents signataires de la déclaration commune. Cela faisait partie des recommandations de la commission d'enquête sur les attentats terroristes, les représentants des cultes ont donc suivi.

L'objectif ici est d'encadrer tout cela

"Ce n'est pas interdit mais s'il y a des financements qui viennent de l'étranger, il faut que cela respecte l'indépendance des cultes, explique Guy Harpigny, l'évêque de Tournai. Une fois que c'est un autre Etat qui impose par le financement une certaine ligne dans un culte, là ça ne va pas". 

"Nous ne souhaitons pas qu'il y ait des influences étrangères qui puissent porter atteinte à cette indépendance", a déclaré quant à lui Philippe Markiewicz, président du Consistoire Israélite de Belgique.

"Si on parle de l'organe chef de culte lui-même, l'Exécutif des musulmans de Belgique ne reçoit aucun financement, assure Salah Echallaoui, président de l'Exécutif des musulmans de Belgique. Mais des mosquées attachées à l'exécutif, reconnues ou non-reconnues, ont parfois recours à des financements de l'étranger. L'objectif ici est d'encadrer tout cela, de contrôler et d'appeler ces lieux de culte à faire preuve de transparence".

Convergence des règles et signalisation des flux financiers

Pour assurer cette transparence, le Ministre de la Justice Koen Geens et les représentants des cultes et de la laïcité vont notamment établir une charte de bonne gestion afin de "converger leurs règles internes de gestion des flux financiers venant directement et indirectement de l’étranger". Les autorités religieuses ont également prévu d'inciter leurs entités internes à se constituer en ASBL (ou fondation privée ou d'utilité publiques) et à organiser la formation comptables de leurs gestionnaires. Les différentes comptabilités feront l'objet d'un rapport annuel auprès de ce Conseil consultatif des cultes réuni autour du Premier ministre et du ministre de la Justice, en charge des cultes.

Pour rappel, en octobre dernier, la commission d'enquête sur les attentats terroristes recommandait notamment que le contrôle et le financement de la Grande Mosquée de Bruxelles ne soient plus d'origine étrangère (notamment d'Arabie Saoudite). En janvier 2018, un accord sur la gestion de la Grande Mosquée a été entériné entre la Belgique et l'Arabie Saoudite, il prévoit une transparence totale des financements et un accord préalable de la Belgique avant qu'un financement puisse intervenir.

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