Les réactions pleuvent contre les déclarations de Bart De Wever

Bart De Wever à l'université de Gand: l’Europe, Angela Merkel, les pays du Golfe, Schengen et les média. Tout y est passé.
Bart De Wever à l'université de Gand: l’Europe, Angela Merkel, les pays du Golfe, Schengen et les média. Tout y est passé. - © JASPER JACOBS - BELGA

L’Europe, Angela Merkel, les pays du Golfe, Schengen, la sécurité sociale pour les réfugiés et les média... Tout y est passé. Les déclarations controversées de Bart De Wever sur l’immigration et la nécessité de modifier la Convention de Genève sur les droits des réfugiés, ont entraîné une vague de réactions dans le monde politique. A commencer par Kris Peeters (CD&V), bientôt suivis par Elio di Rupo (PS),  Didier Reynders (MR) et André Antoine (cdH). Et ce n’est sans doute qu'un début.

Le discours du patron de la N-VA à l’Université de Gand mardi matin ne sera pas passé inaperçu, même si les réactions, désormais nombreuses, ont parfois tardé à se manifester.

Le plus rapide à dégainer aura été Kris Peeters dans l’émission Terzake sur la VRT ce mardi: "Revoir la Convention de Genève implique un débat avec 145 pays. Il y a un certain nombre de pays qui ne l'ont pas signée, comme à l'époque la Libye de Khadafi, ou encore l'Arabie Saoudite si je ne me trompe pas. Je ne souhaiterais pas me retrouver du même côté que ces pays qui disent 'la Convention de Genève, ce n'est pas pour nous'".

Elio di Rupo: "Charles Michel doit venir s expliquer au parlement"

Dès mardi soir, Elio di Rupo, réagissait par communiqué: " A chaque jour, sa provocation de la N-VA… Bart De Wever et ses collègues de droite nationaliste multiplient les propositions, plus imbuvables les unes que les autres, pour aller rechercher des voix au Vlaams Belang.
Aujourd’hui, il annonce vouloir adapter la Convention de Genève de 1951, à laquelle notre pays adhère et qui garantit des droits fondamentaux. 
Combien de temps le Premier ministre va-t-il encore tolérer de tels propos dans la bouche de son principal partenaire de gouvernement? … Les propos de Bart De Wever qui font suite à ceux de Theo Francken, de Liesbeth Homans, de Johan Van Overtveldt, de Sarah Smeyers sont inadmissibles et tous les démocrates devraient s’en insurger. " Ce mercredi matin, le président du PS s'en est encore pris aux  "propos qui flirtent avec d'extrême droite. Je n'ose imaginer que tout le gouvernement de mon pays partage ces propos. Charles Michel doit venir s expliquer au parlement".

André Antoine: "Il s'amuse sans que personne ne l'arrête"

Ce mercredi,  sur les ondes de Matin Première, André Antoine président du parlement de Wallonie a renchéri, accusant le président de la N-VA de "s'amuser sans que personne ne l'arrête". Pour ensuite ajouter: "Je pense qu'il est en train de franchir les douanes qu'il aime tellement. Parce que, hier, c'était 'Les Wallons qui ne faisaient pas assez d'efforts' et aujourd'hui, celles et ceux qui fuient la guerre. Je rappelle que la Convention de Genève traite le statut des réfugiés en lien avec un conflit armé, et, que dit-il ? Qu'il faudrait un sous-statut pour ces personnes-là. Mais jusqu'où va-t-il aller?" "Je me demande quel est le démocrate aujourd'hui qui va s'élever pour lui dire 'Maintenant, ça suffit! ".

Plus laconique, Didier Reynders, ministre (MR) de la Justice a déclaré: "Plus rien ne m'étonne en Belgique. Mais moi, je travaille pour le gouvernement fédéral."

Theo Francken: la convention de Genève est dépassée pour partie

Sur les ondes de Radio 1, le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, a relativisé les propos de son président de parti. "Dire que la N-VA met le poing sur la table et que cela doit se faire du jour au lendemain... Ce sont naturellement des choses différentes. Mais on peut quand même constater que la convention de Genève a été rédigée dans un certain contexte qui est maintenant dépassé pour partie. Qui plus est, il n'a pas dit que l'on ne devait plus protéger les réfugiés de guerre".

Patrick Dupriez : la majorité doit contrôler le "loup dans la Belgerie"

Patrick Dupriez, co-président d’Ecolo, reproche à Bart De Wever de perdre le sens des réalités, "Comme si la peur lui faisait perdre pied. Il tient des propos mensongers dans le but de flatter les instincts les plus négatifs dans un but essentiellement électoral. Car ce qu’il propose est irréaliste, il dégrade la politique. Il dit vouloir défendre les valeurs de notre société, mais il est une menace pour les valeurs démocratiques." Patrick Dupriez  dit comprendre que les gens expriment leurs craintes : "Il faut les entendre et prendre nos responsabilités, mais c’est un enjeu d’explication. Bart De Wever veut revoir la Convention de Genève, mais ensuite ? Voudra-t-il modifier les conventions des droits de l’Enfant et des droits de l’Homme?". Le co-président d’Ecolo se dit scandalisé par l’instrumentalisation des personnes précarisées. " Le pire est quand Bart De Wever attribue la souffrance d’une ‘dame pensionnée’ en en attribuant la responsabilité aux demandeurs d’asile, alors que cette précarité est, entre autres, liée à un gouvernement de droite. Bart De Wever creuse le fossé entre les gens. Le MR a fait entrer le loup dans la ‘Belgerie’. C’est aux partis de la coalition à maîtriser ce loup."

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