Les réactions de l'opposition au nouveau calcul des indemnités de maladie

La ministre des Affaires sociales, Maggie De Block, envisage de revoir le calcul des indemnités de maladie, dans le but de faire des économies. Le gouvernement entend mener une opération de simplification et d'harmonisation, devant le nombre et le caractère très hétéroclite des primes. L'indemnité maladie est calculée sur base du salaire. Concrètement, il souhaite, pour calculer les indemnités, déduire certaines primes, comme celles liées à l'ancienneté ou encore les cadeaux de l'entreprise, ou encore les heures supplémentaires (si elles représentent au moins 10% de la rémunération).

Cette annonce a immédiatement provoqué les réactions de l’opposition. A commencer par Ecolo et le PS.

"Le gouvernement Michel, sous l'impulsion explicite de la N-VA, poursuit décidément un agenda de démantèlement de la Sécurité sociale, préparant ainsi soit sa régionalisation, soit sa privatisation", a estimé mercredi le député Ecolo Georges Gilkinet.

Augmenter le risque de pauvreté

"Chaque mesure qu'il prend pousse de nouvelles personnes vers le risque de pauvreté et rend notre système moins efficace et moins juste", analyse Georges Gilkinet. Selon lui, au contraire de ce que fait le gouvernement, "des réformes devraient être mises sur la table pour répondre aux nouveaux enjeux sociaux, comme le travail des jeunes, la situation des familles monoparentales ou l'explosion du nombre de burn-out.

"Maggie De Block continue dans les faits à disqualifier les travailleurs malades"

Mardi, réagissant au président de la N-VA Bart De Wever, Maggie De Block avait indiqué dans la presse refuser de nouvelles économies dans les soins de santé à l'aune du nouvel exercice budgétaire. "Tout en déclarant refuser de nouvelles économies sur la Sécurité sociale, Maggie De Block continue dans les faits à disqualifier les travailleurs malades", observe Ecolo.

"C'est du cynisme à l'état pur"

"Pour la ministre de la Santé, c'est une obsession. Si on l'écoute, les travailleurs malades sont malades trop longtemps, ils ont des allocations trop élevées et ils abusent du système. Ce n'est évidemment pas le cas. Au lieu de les presser comme des citrons, elle devrait plutôt interroger les choix d'un gouvernement qui allonge les carrières, quelle que soit la pénibilité du travail, ou qui amplifie les heures supplémentaires obligatoires et la flexibilité des horaires", a commenté la députée Ecolo Muriel Gerkens qui préside la Commission Santé de la Chambre. "C'est le même gouvernement qui privilégie le recours à des primes diverses plutôt qu'à des augmentations salariales, alors que ces dernières contribueraient au financement de la sécurité sociale. Et ensuite, on déciderait de considérer que ces primes ne font pas partie du salaire pour diminuer les allocations de maladie. C'est du cynisme à l'état pur", a-t-elle dénoncé.

Le PS : lanceur d’alertes

Du côté du PS, la réaction n’est guère plus amène: "Très sincèrement, je trouve que ce qui est sur la table est ignoble. On va diminuer les moyens de ceux qui sont déjà les plus faibles. Il y a 60 000 nouveaux cas de cancers par an et on va diminuer les allocations de maladie. Et ce sera aussi le cas pour les allocations d’accouchement. C’est tout simplement scandaleux."

C’est vrai, le salaire pris en considération pour le calcul de l'indemnité n’est plus le dernier salaire, mais celui qui était perçu deux trimestres plus tôt. Ce qui favoriserait le malade, mais l’argument ne convainc pas Laurette Onkelinx pour laquelle "On se moque des gens… Ce gouvernement veut faire des économies structurelles de 110 millions d’euros dans les indemnités. La mesure dont je parle (maladie et accouchement) a été estimée à 20 millions d’euros. Un autre exemple est que les femmes sont celles qui travaillent le plus à temps partiel. Dès le 1er janvier, celles qui ont accepté un contrat à temps partiel pour échapper au chômage vont voir leur rémunération diminuer, parfois, de plusieurs centaines d’euros par mois...En revanche on soutient certains secteurs comme les diamantaires."

Laurette Onkelinx dit être là pour dénoncer ces mesure auprès des citoyens qui doivent se rendre compte de l’orientation de ce gouvernement. "Nous sommes des lanceurs d’alertes."

Le texte litigieux n’est pas encore passé en conseil des ministres, et l’ancienne responsable de la Santé dit espérer que cette mesure-là pourra être retirée. "Déjà vivre avec 60% d’un salaire plafonné n’est pas facile, mais cette indemnité sera encore diminuée."

Défi : Un nouveau pas dans la voie "travailler plus pour gagner moins"

Dans un registre très similaire, le parti DéFI voit dans la réforme proposée par Maggie De Block une nouvelle étape dans " le détricotage de la sécurité sociale. " Et une nouvelle atteinte au pouvoir d'achat.
" La Suédoise avance délibérément dans la voie du "travailler plus pour gagner moins et être moins bien protégé face aux aléas de l'existence". Et cela de manière  brutale, sans concertation sociale.
Pour la députée fédérale DéFI, Véronique Caprasse, la ministre des Affaires sociales devra faire toute la transparence sur sa réforme à la Chambre, et chiffrer les conséquences de sa décision pour les travailleurs et pour les finances publiques: "Il faut savoir qui paie quoi, et particulièrement vérifier l'incidence de cette réforme sur les bas salaires", estime la députée.

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