"Les propositions sur la table sont inacceptables" estiment les syndicats de Brussels Airlines

Plusieurs avions de la compagnie Brussels Airlines cloués au sol à l'aéroport de Bruxelles-National
Plusieurs avions de la compagnie Brussels Airlines cloués au sol à l'aéroport de Bruxelles-National - © HAND OUT BRUSSELS AIRLINES - BELGAIMAGE

Le long marathon des négociations a débuté ce lundi chez Brussels Airlines. Après l'annonce, la semaine dernière, du plan de restructuration qui vise à supprimer 1000 emplois, syndicats et direction se sont retrouvés pour entamer les négociations dans le cadre de la procédure Renault, qui s'applique lors de licenciements collectifs. La phase 1 de cette procédure est axée sur la consultation et l'information. Les syndicats ont plus de 100 questions à poser à la direction. Des discussions qui promettent d'être difficiles.  

RCC, plan cafétéria et réduction du temps de travail

Selon les syndicats, le régime de chômage avec complément d'entreprise (RCC - l'ancienne prépension) et un plan cafétéria au lieu de salaires nets figurent parmi les pistes d'un projet de convention collective de travail (CCT) qu'ils ont reçu. De leur côté, les représentants des travailleurs proposent une réduction du temps de travail.

"Si le personnel travaille temporairement moins d'heures, plus de personnes pourront rester à bord" explique Filip Lemberechts, secrétaire permanent du syndicat libéral CGSLB/ACLVB. L'espoir est ainsi d'éviter "plusieurs centaines" de licenciements. "La volonté d'aider à sauver l'entreprise est là, mais pas de la manière drastique qui est pour le moment sur la table", poursuit Paul Buekenhout, secrétaire permanent du syndicat chrétien flamand ACV.

Les syndicats ne voient pas d'un bon œil la piste de la direction qui convertirait les salaires nets des salariés en un "plan cafétéria", où les travailleurs choisiraient parmi d'autres avantages. "Aucune sécurité sociale ne serait versée dans ce cadre", avertit Paul Buekenbout. 

Pour les représentants du personnel de Brussels Airlines, "les propositions sur la table sont inacceptables". Les syndicats pointent en outre la volonté de la direction de revoir les salaires et les conditions de travail. "Le personnel de cabine devrait faire un effort de 30 à 25% sur son salaire brut", dénoncent les représentants du personnel.

La prépension, aujourd'hui appelée régime de chômage avec complément d'entreprise, pourrait également être accessible à partir de 59 ans pour une partie du personnel d'après le projet de CCT, relèvent les syndicats. Cependant, le complément est trop faible aux yeux des syndicats et la perte de revenus serait dès lors trop élevée. En outre, la ministre de l'Emploi doit approuver l'application du système.

La question de l'aide publique 

Au-delà des discussions en cours entre les syndicats et la direction, la compagnie aérienne doit encore aboutir à un accord pour une aide d'Etat, tout comme sa maison-mère Lufthansa avec le gouvernement allemand.

Carsten Spohr, le patron du groupe aéronautique, était d'ailleurs à Bruxelles vendredi pour aborder cette épineuse question avec la Première ministre Sophie Wilmès et le ministre des Finances Alexander De Croo. Aucun accord n'a pu être dégagé pour l'instant.  

Les syndicats espèrent que la clarté sera faite dans les prochains jours sur cette aide d'Etat. L'absence d'accord "pèse sur les négociations", déplore Filip Lemberechts du syndicat libéral CGSLB/ACLVB. "Nous devons d'abord avoir de la clarté sur l'avenir immédiat de l'entreprise. Autrement, cela n'a aucun sens de parler du reste", abonde son homologue de la CNE Didier Lebbe. "On attend de nous que nous signions un chèque en blanc d'ici la fin mai mais c'est impossible", prévient Anita Van Hoof, du syndicat socialiste Setca/BBTK. Et pourtant, il semble que le personnel de la compagnie aérienne soit prêt à faire un effort. Plusieurs représentants syndicaux ont ainsi proposé une réduction du temps de travail lundi matin.

Extrait de notre JT du 15 mai sur la situation de Brussels Airlines