Les prévisions de l’EFAS n’ont pas été consultées avant les inondations en Wallonie : "L’ingénieur de garde n’a pas été se connecter"

C’est l’une des questions au cœur de la commission d’enquête parlementaire sur les inondations au Parlement wallon: dans les jours qui ont précédé la catastrophe, les autorités ont-elles pris en compte les informations contenues dans les notifications envoyées par l’EFAS? Ce Système européen de sensibilisation aux inondations, qui fournit des modèles pour aider à la gestion d’inondations et de crue, a fourni des prévisions concernant la Belgique.


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Les députés membres de la commission d’enquête ont interrogé ce vendredi Philippe Dierickx, le directeur de la gestion hydrologique au Service public de Wallonie. Notamment sur un point précis : les personnes qui ont reçu les mails de l’EFAS ont-elles ouvert le lien qui figurait au bas du message ? Un lien qui renvoyait vers une interface pour consulter les prévisions en temps réel.

Réponse de l’intéressé : "Lorsqu’on reçoit les infos, les avertissements, c’est pris comme une info qui nous arrive. L’ingénieur de garde n’est pas allé voir, n’a pas été se connecter. Il n’a pas la formation pour traiter ce genre d’info qui peut paraître simple."

Le directeur de la gestion hydrologique minimise alors l’importance des prévisions de l’EFAS. Il estime que "c’est un outil qui n’est pas encore exploité de manière opérationnelle dans notre circuit, notamment parce qu’on n’a pas pu le valider. On n’a pas nécessairement des retours d’expérience toujours positifs. Il est extrêmement compliqué à interpréter."

Trop d’alertes tuent l’alerte ?

Pour Philippe Dierickx, il n’y avait pas lieu d’utiliser à ce moment-là ce travail réalisé au niveau européen. "Si on commence à prendre systématiquement les extrêmes proposés par EFAS, on est en crue tout le temps", objecte-t-il.

Et d’interroger : "Est-ce qu’on met un outil qu’on n’a jamais pu utiliser dans des conditions réelles dans le circuit pour prendre des décisions ?" Selon lui, "il ne faut pas non plus arriver à des situations où tous les 15 jours on voit EFAS qui nous donne un risque à tel endroit et avoir des avertissements tous les 10 jours. On crée des fausses alertes et plus personne n’y croit."

Il reconnaît malgré tout que "maintenant, comme ils arrivent à des échelles plus petites, avec des bassins de 500km², c'est quelque chose de prometteur, qu’on va pouvoir tester, évaluer, et à ce moment-là, on verra si ça rentrera dans le processus, si on a assez de certitudes".

"C’est toujours le problème de la balance entre 'est-ce qu’on fait une alerte, est-elle suffisamment certaine ?' ou 'risque-t-elle d’être trop incertaine et de ne pas se dérouler et finalement on arrive à des fausses alertes et les personnes concernées n’ont plus confiance dans ce qui est produit?'", conclut-il.

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