Les pompiers craignent des atermoiements dans leur financement

Des pompiers au travail à Bruxelles
Des pompiers au travail à Bruxelles - © RTBF

Stop. Marre. Sans la garantie formelle d'un vrai financement, les pompiers se retirent de toute discussion sur la réforme des services de sécurité civile. Les atermoiements du gouvernement excèdent les fédérations flamandes et francophones de sapeurs-pompiers.

Les deux fédérations redoutent qu'en quête de milliards pour le budget, les autorités reviennent sur la loi, pourtant votée, et ne versent pas l'argent promis.

Un exemple de difficultés dans le service d'incendie de Rochefort. Il fait partie de la zone Dinafi et regroupe 12 communes pour 20 000 habitants.

Un départ d'ambulance banal. Un détail tout de même frappe: il n'y a pratiquement plus personne dans la caserne, au grand dam du capitaine Francis Bodart qui dirige le service incendie: "Il ne m'est pas possible avec les moyens dont je dispose, de pouvoir répondre aux exigences qui sont fixées par arrêté royal donc c'est eux qui nous obligent à mettre 6 hommes dans un camion pour partir. Là, il m'est totalement impossible dans l'état actuel de la situation de pouvoir y répondre."

Le manque d'effectif résulte du sous-investissement chronique de certaines communes dans leur service incendie. Si la première ambulance est sortie et que quelqu'un fait un infar devant ma caserne, je n'aurai aucun de mes hommes ici en moins de 12 minutes, explique le capitaine Bodart. Et quand ils arriveront la victime sera sans doute morte. Seule solution: avoir des professionnels à demeure: "Dans la zone que moi, je représente en tout cas, on se trouve devant des paradoxes où certaines entités ont  mis 100 euros par habitant par an pour financer leurs Services Incendie et d'autres sont en dessous de 10. Je dirais volontiers qu'elle est catastrophique, les gens ne se rendent pas bien compte de la situation dans laquelle nous vivons au jour le jour et ne se rendent pas bien compte que nous ne disposons pas de moyens pour pouvoir mettre du personnel dans nos camions."

Et si le gouvernement ne donne pas l'argent promis pour faire aboutir la réforme, la situation s'aggravera inévitablement. Alors oui vraiment, dénonce le capitaine Bodart, la sécurité civile est en grand danger.  

Thierry Vangulick

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