"Les politiques de santé ne sont menées qu'à travers le prisme de l'équilibre budgétaire"

Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris
Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris - © ERIC LALMAND - BELGA

La mutualité socialiste Solidaris a publié il y a quelques jours son Baromètre 2017. Selon cette étude, la confiance et le bien-être des Belges se sont détériorés en 2016. "Il y a un réel problème de confiance à l'égard des institutions et des élites qui s'est réellement effondrée: pas seulement vis-à-vis des politiques, mais aussi des médias, du monde financier, du monde judiciaire ou de la démocratie représentative" résume le secrétaire général de Solidaris Jean-Pascal Labille, interrogé par la RTBF.

"Nous avons une sphère financière non régulée au cœur de l'économie et qui domine tout", c'est un des éléments qui expliquent cette méfiance. "Il y a un affranchissement des individus par rapport à leurs appartenances, aux identités héritées, aux rôles qu'on voulait leur prescrire". La certitude selon laquelle la génération suivante vivra mieux que l'actuelle s'effrite : "Aujourd'hui il y a une réelle peur du déclassement social" poursuit Jean-Pascal Labille.

"Une usine à travailleurs pauvres"

Les évolutions technologiques et sociales font qu'"on a désormais un individu plus autonome mais aussi plus vulnérable", selon lui. "La perception des citoyens est que les politiques ne peuvent plus vraiment agir, c'est probablement vrai si vous prenez l'exemple de Caterpillar". A contrario, la mobilisation autour du CETA a montré "un engouement pour ce que doit être la politique, c'est-à-dire construire une société meilleure que celle que nous avons aujourd'hui".

"La politique telle qu'elle est menée aujourd'hui consiste à créer des inégalités sociales, à être une usine à travailleurs pauvres" dit encore le secrétaire général de Solidaris.

"Un Wallon sur cinq reporte ses soins"

Jean-Pascal Labille juge que "le système de santé en Belgique est très, très bon même s'il est encore perfectible, notamment dans les soins dentaires". Mais il regrette aussitôt que "les politiques en matière de santé soient menées à travers un seul prisme, celui de l'équilibre budgétaire". "Un Wallon sur cinq reporte ses soins, allez leur expliquer que la sécurité sociale coûte trop cher".

"Quand vous n'avez plus confiance, que vous vous retrouvez seul face à cette finance non régulée, il est clair qu'il y a une forme naturelle de repli sur soi. Et à un problème quasi exclusivement socio-économique de précarisation, de pauvreté, d'inégalités sociales, on a malheureusement apporté une réponse identitaire, en disant que c'était l'autre qui était le responsable de tous les maux. Les discours de Trump, Le Pen, de Francken ne permettent pas de construire une société qui demain va s'émanciper".

"Les affaires Publifin ou Bracke, c'est catastrophique pour l'image de la politique. C'est extrêmement dommageable et cela ne fait qu'accroître la méfiance des gens à l'égard de la politique" déclare encore Jean-Pascal Labille.

Consulter l'étude Solidaris

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