Les policiers se disent déçus de leur rencontre avec Yvan Mayeur

Les policiers déplorent n'avoir reçu aucune considération de la part d'Yvan Mayeur, qui est aussi le président du collège de police. "Pas un mot de soutien, ni d'encouragement pour vos hommes tombés, pas le moindre remerciement pour le travail effectué et le courage démontré, aucune compassion pour la centaine de policiers blessés dans ces heurts ridicules. Et non content de cette indifférence, vous allez jusqu'à afficher votre mépris à notre encontre, en faisant savoir publiquement que ceux d'entre nous que votre approche dérange peuvent se chercher une autre zone de police...", lit-on dans leur lettre au bourgmestre de la capitale.

Une lettre qu'ils lui ont remis en mains propres, en déposant symboliquement sur les escaliers de l'hôtel de ville plusieurs boucliers détruits ou endommagés lors de la manifestation de jeudi, le tout sous les applaudissements de plusieurs centaines de leurs collègues, en uniforme ou en civil.

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Les boucliers cassés déposés dans la cour de l'hôtel de ville © RTBF - Roland BRUNEEL

"Malgré vos nombreuses preuves d'animosité à notre égard..."

"Après la surprise et l'incompréhension, vient alors la colère. La colère de ces hommes et femmes qui, malgré vos nombreuses preuves d'animosité à notre égard, se sont toujours montrés discrets, et ont toujours eu à cœur de faire leur travail de la meilleure façon possible", poursuivent-ils, critiquant également la présence du bourgmestre au sein de la manifestation et non au poste de commandement avec les responsables de la police.

"Nous n'avons aujourd'hui d'autre doléance que de vous entendre respecter le courage des hommes et des femmes qui étaient sur le terrain jeudi dernier (...) et de reconnaître le professionnalisme dont ils ont fait preuve", ajoutent les policiers.

"Vous avez une bonne police, Monsieur Mayeur. Et cette police ne demande qu'à avancer avec vous. Peut-être est-ce aujourd'hui le moment opportun de mettre vos préjugés et a priori de côté pour faire un pas vers nous, et envisager comment, ensemble, nous pourrions travailler dans l'avenir pour le bien des Bruxellois", concluent-ils.

"J'espère recevoir ici des réponses"

Les policiers et leurs représentants ont livré peu d'explications sur leur action. L'un d'eux, Alain Baelen, s'est brièvement exprimé avec la presse : "J'ai été blessé lorsque nous nous sommes retirés face aux dockers. Je suis tombé et j'ai été roué de coups. Des choses se sont produites lors de cette manifestation qui ne sont pas normales. J'espère recevoir ici des réponses", a-t-il confié avant d'être invité à la discrétion par ses collègues.

L'action, qui a réuni une septantaine d'agents ce mardi, a été lancée par le service d'intervention de la police locale de Bruxelles, et non par les syndicats. Le bourgmestre Yvan Mayeur a reçu une délégation des protestataires vers 15h15.

Le chef de corps de la police, Guido Van Wymersch, a évoqué un nouveau départ à l'issue de la rencontre, mais les représentants des policiers se disaient déçus. Il s'est voulu positif, évoquant un nouveau départ. "Confiance, reconnaissance et communication seront les mots d'ordre. Le bourgmestre répondra via intranet à la lettre ouverte qu'il a reçue. La direction du corps de police est derrière ses agents, et le bourgmestre aussi à présent".

"Nous n'avons pas reçu d'excuses du bourgmestre"

Néanmoins, les policiers qui ont manifesté mardi après-midi ne cachaient pas leur déception face à Yvan Mayeur qui n'est même pas venu les saluer et leur adresser la parole, ont-ils fait valoir.

"Nous n'avons pas reçu non plus d'excuses du bourgmestre", a déploré le commissaire Didier Ergo du service d'intervention, le service à l'origine de cette action de protestation peu banale dans les rangs policiers.

"Il a, à la demande de collègues blessés, exprimé son soutien et sa préoccupation, une chose qu'il n'avait pas faite à ce jour. Il a également promis de rendre visite prochainement à tous les services pour établir le contact avec ses agents".

RTBF avec Belga

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