Les plannings familiaux ne pourront plus délivrer la pilule du lendemain: le PS et Ecolo déplorent

Le PS et Ecolo se sont émus mardi du refus de la ministre de la Santé publique Maggie De Block d'autoriser les plannings familiaux à délivrer la pilule contraceptive aux jeunes filles et aux femmes.

Depuis décembre 2014, la Région wallonne fait appliquer strictement par les centres de planning familial la loi sur les médicaments, qui prévoit que ces médicaments ne peuvent être délivrés que par un médecin ou un pharmacien, sauf exceptions prévues par la loi. Deux propositions de loi visaient à inclure les centres de planning familial parmi les exceptions, mais la ministre de la Santé estime que "la distribution de médicaments ne fait pas partie des missions des centres de planning familial".

"Notre proposition de loi a été rejetée ce matin, en commission Santé (de la Chambre ndlr), sous prétexte que ces femmes n'ont qu'à aller en pharmacie, que les pilules ne se distribuent pas comme des bonbons et que la Flandre ne connaît pas ce problème", regrette la députée fédérale Ecolo Muriel Gerkens. "Comment comprendre ces motivations? Doit-on y voir une nouvelle fois la main des lobbies pharmaceutiques? Ou des motivations communautaires de la part de la N-VA notamment qui considère que seulement 1% des femmes de Flandre sont concernées et qu'il est dès lors inutile de changer la loi? Force est en tout cas de constater que les partis de la majorité, y compris le MR, se sont ralliés à ce refus."

Un communiqué du PS dénonce le lâchage des centres de planning familial par la ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD) et la majorité MR-CD&V-N-VA-Open VLD qui refuse de permettre aux centres de planning familial de continuer à distribuer légalement la pilule du lendemain.

La députée socialiste Fabienne Winckel décrit une situation absurde : "Pourquoi la ministre et sa majorité s’entêtent-t-ils à refuser cette autorisation alors que la pilule du lendemain est déjà disponible sur Internet sans aucune prescription ? Les centres de planning familial ont pourtant besoin de cette autorisation pour pouvoir pleinement exercer leur mission : proposer un lieu d’accueil où chacun peut trouver une aide en matière de vie sexuelle et affective et qui délivre notamment, en toute confidentialité, des pilules du lendemain aux jeunes filles qui en expriment le besoin."

Pour Fabienne Winckel, la majorité met en péril ce service aux jeunes filles en difficulté : "Les centres de planning familial ne seront plus en mesure s’assurer ce service essentiel avec pour conséquence que, ne bénéficiant plus de l’anonymat et de la gratuité garantis par ces centres, certaines (jeunes) femmes rencontreront peut-être des difficultés pour se procurer ces pilules. Cela va à l’encontre du droit fondamental de chaque femme à disposer de son corps. Et cela pourrait aussi risquer d'engendrer une augmentation du nombre d’interruptions volontaires de grossesse, avec toutes les conséquences physiques et psychologiques que cela implique."

Le PS regrette que Maggie De Block - qui s’était d'abord montrée ouverte à la recherche d’une solution structurelle - fasse marche arrière et refuse de trouver une solution à cette situation "totalement ubuesque".

Le groupe PS du Parlement de Wallonie dénonce pour sa part "un bond en arrière de 30 ans". "La seule solution consiste à ne pas pénaliser les centres de planning afin qu'ils puissent continuer à faire ce qu'ils font depuis 30 ans, distribuer des pilules contraceptives et du lendemain", souligne la députée wallonne Christie Morreale. "S'il est nécessaire d'introduire une modification dans l'arrêté pour régulariser la pratique, j'invite le gouvernement wallon à plaider avec force pour que cela se fasse au plus vite."

En Région wallonne, on estime à 30 000 le nombre de pilules contraceptives et à 5.000 le nombre de pilules du lendemain délivrées chaque année dans les plannings familiaux.

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