Les partis wallons quasi tous favorables à la loi climat, blocage côté flamand

Proposée ce vendredi 31 janvier par un collectif d’universitaires, la loi climat va bientôt entamer son chemin parlementaire. Ecolo et Groen ont annoncé qu’ils introduiraient le texte au Parlement, appelant les différents partis à se positionner. Depuis, plusieurs ont déjà marqué leur soutien au texte, de manière plus au moins ferme.

Une majorité possible côté francophone

Par communiqué, ce lundi matin, le MR annonce qu’il cosignera cette proposition de loi climat afin de « participer activement aux débats » sur le sujet mais les libéraux entendent aussi « faire part, dans ce cadre, de leurs propositions en matière climatique. » Un pas en avant ou une forme de cohérence puisque cet après-midi, la ministre de l’Energie en affaires courantes, Marie Christine Marghem (MR), n’a pas manqué de souligner que l’initiative universitaire résulte d’une demande de sa part et que du coup, elle aussi soutient ce texte.

Du coté du PS, le chef de groupe socialiste Ahmed Laaouej se dit ouvert mais veut un véritable travail parlementaire sur le texte : « On veut évidemment valoriser ce travail universitaire qui est très important et qui est très dense. On peut le faire sans récupération politicienne. C’est la raison pour laquelle on propose la mise en place d’une commission ad hoc qui puisse traiter la question rapidement et qui se réunirait plusieurs fois par semaine, en y mettant les moyens parce qu’il faut bien voir qu’il reste une dizaine de semaines avant la dissolution des Chambres donc ça veut dire que clairement il faut aller vite ». Le parti a contacté ce soir la RTBF pour affirmer qu’il allait signer la proposition de loi.

Au cdH, la cheffe de groupe à la Chambre Catherine Fonck affirme vouloir voter le texte avant la fin de la législature : « Peut-être qu’il faudra apporter certaines modifications au texte pour renforcer encore l’indication et l’obligation pour les niveaux de pouvoir d’atteindre les objectifs pour répondre aux défis climatiques, c’est le plus important, et pour les obliger à une obligation de résultats sur la manière de travailler ensemble. Mais nous pouvons encore voter cette loi climat avant la fin de la législature ».

Ecolo, MR, PS, cdH mais aussi DéFI, on l’a compris, le soutien est fort parmi les partis francophones. Mais on le traduit aussi des différentes réactions, cela ne veut pas dire que le texte sera adopté tel quel. Certains partis évoquent déjà des propositions supplémentaires. Pas de quoi gâcher le plaisir des verts, le coprésident d’Ecolo Jean-Marc Nollet en tête : « Si on fait le compte et qu’on met de coté la N-VA, qui manifestement refuse encore d’entrer dans la logique de sauver le climat et de sauver la planète, nous sommes 110. Ce qui veut dire qu’il y a une majorité des 2/3 mais aussi une majorité simple des deux côtés de la frontière linguistique ».

Du côté du PTB, on affirme le soutien à la loi climat élaborée par un collectif d’universitaires. Néanmoins, ils ne signeront pas la proposition déposée par les verts qui, selon eux, a été « rabotée » pour plaire aux libéraux. « Nous redéposerons le texte avec l’objectif de diminuer les émissions de 65% (de CO2, NDLR) d'ici 2030 », écrit Raoul Hedebouw dans un communiqué diffusé ce lundi soir. Le Parti des Travailleurs Belges soutient donc l’intention mais regrette des ambitions insuffisantes.

Un blocage potentiel des partis flamands

Une majorité des 2/3 dans l’ensemble du Parlement ET une majorité simple dans chaque groupe linguistique sont en effet nécessaire pour adopter une loi spéciale. Mais dans sa comptabilité, Jean-Marc Nollet s’avance peut-être un peu. Car du côté des partis flamands, les positions sont encore floues. On sait déjà que Groen porte le texte et le sp.a vient d’annoncer qu’il soutiendra la proposition de loi climat mais en y apportant quelques « adaptations ambitieuses ».

Et pour les autres ? Il y a peu de chances que la N-VA, en faveur notamment de la prolongation du nucléaire en Belgique, vote le texte. Bart De Wever confirmait d’ailleurs vendredi soir être « climato-réaliste ». Les nationalistes flamands ne peuvent pas bloquer la loi à eux seuls mais pour obtenir une majorité simple dans le groupe linguistique flamand, il faudra aussi le soutien du CD & V et de l’Open VLD.

La menace qui planait sur le texte s’est vue confirmée en début de soirée lorsque Gwendolyn Rutten, présidente de l’Open VLD a publié sur Twitter : « Groene voorstel = te veel overheid » (la proposition de Groen = trop d’Etat). Selon elle, son parti ne peut pas apporter son soutien au texte. « Respecter les accords sur le climat ? Oui. Avec des mesures qui fonctionnent, un business model (modèle d’affaires) qui fait que tout le monde peut y participer (avec) plus d’innovation et de science. » Dans sa publication, la libérale flamande invite aussi à réduire le rôle de l’Etat pour atteindre les objectifs visés par les universitaires, auteurs du texte d’origine. Pour l’Open Vld, il faut d’abord réaliser les objectifs climatiques existants au niveau belge et européen : « Nous les soutenons pleinement. Nous devons atteindre ces objectifs. Nous devons maintenant prendre des mesures qui ont un impact pour franchir la latte », a ajouté Gwendolyn Rutten.

Le CD & V n’a pas encore pris position publiquement mais la position de l’Open VLD empêchera vraisemblablement que le texte soit voté. La N-VA dispose de 31 sièges tandis que les libéraux en occupent 14. Le total cumulé de 45 sièges de ces deux partis devrait donc bloquer la loi puisque la majorité du côté flamand requiert un minimum de 44 sièges. Si chacun respecte les intentions qu’il communique, le texte devrait donc être rejeté.

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