Les parlementaires veulent plus de Belgique, et moins de régionalisation

Les parlementaires veulent plus de Belgique, et moins de régionalisation
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Les parlementaires veulent plus de Belgique, et moins de régionalisation - © Jonas Hamers / ImageGlobe - BELGAIMAGE

Une vaste enquête universitaire (ULg, UCL et VUB) a interrogé les députés de l’ensemble du pays. Les élus flamands, wallons ou bruxellois estiment en majorité qu’il "conviendra de réattribuer certaines compétences à l’autorité fédérale au détriment des entités fédérées." Un tournant "refédéraliste", à contre sens de la dernière réforme, qui contraste avec l’impatience de la N-VA à relancer ses projets confédéralistes.

Trois chercheurs de trois universités du pays (Liège, Louvain-La-Neuve et Bruxelles) ont mené une grande étude auprès de l’ensemble des parlementaires, et ce en deux temps. Une première enquête a été menée entre juillet et octobre 2011, soit lors de la confection de la 6ème réforme de l’État.

Les auteurs ont ensuite conduit une enquête similaire entre novembre 2014 et février 2015 auprès des élus dans les différentes assemblées du pays.

Faut-il une nouvelle réforme de l’État ? Comment les députés envisagent-ils la Belgique à l'avenir ? Comment définissent-ils leur identité: belge, wallonne, flamande ou bruxelloise ? La publication de Jérémy Dodeigne, Min Reuchamps et Dave Sinardet permet de comparer les résultats de ces deux études, pointant ainsi les évolutions des préférences institutionnelles des parlementaires.

Certains Flamands plus "belgicains" que les francophones

Autre constat interpellant, précise l’étude: "Contrairement aux idées reçues (et en faisant bien entendu abstraction des deux partis nationalistes flamands que sont la N-VA et le VB), ce ne sont pas les parlementaires francophones qui s’avèrent les plus favorables au scénario de réfédéralisation. "

Le CD&V s’avère être encore et toujours le meilleur allié de la N-VA. C’est le parti "dont les répondants apparaissent comme les plus favorables au scénario de défédéralisation", constatent les auteurs de l’étude. Autrement dit: on compte dans les rangs des Chrétiens démocrates flamands, le plus d’élus, parmi tous partis sondés (et à l’exception de la N-VA et du Vlaams Belang), prêts à accentuer la régionalisation du pays.

Les parlementaires en "décalage" avec leurs électeurs

Les chercheurs ont également lancé une vaste enquête auprès des électeurs des différents partis. "On remarque que systématiquement que les élus sont plus radicaux que leur électorat, qu'ils veulent plus de régionalisation que leurs électeurs", explique Jeremy Dodeigne. Ce décalage s'illustre clairement sur les questions communautaires. "Surtout en Flandre", précise le politologue de la VUB Dave Sinardet.

"Sur le séparatisme, nos dernières études démontrent que l'indépendance de la Flandre n'est soutenue que par 6% de l'électorat flamand", commente Dave Sinardet. "On voit aussi que les électeurs flamands qui veulent un retour à un Etat unitaire sont plus nombreux, c'est plus de 10%".

Le débat traverse chaque parti

"Des divisions relativement importantes sont à pointer au sein de chaque parti". L’enquête met en évidence les débats et les divers courants qui traversent les différentes formations politiques, à l’exception de la N-VA, du Vlaams Belang et du PTB, dont les parlementaires ont des préférences institutionnelles très homogènes ; soit très nationalistes, soit très fédéralistes.

Cette étude, intitulée "Identités, préférences et attitudes des parlementaires envers le fédéralisme belge auprès de la sixième réforme de l'Etat", est publiée dans le Courrier hebdomadaire du CRISP du 25 janvier 2016, et dans la revue flamande "Samenleving en Politiek".

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