Les parents de l'enseignement catholique s'opposent à l'abrogation du décret Inscription

Bernard Hubien (Ufapec)
Bernard Hubien (Ufapec) - © BELGA PHOTO/ NICOLAS MAETERLINCK

Critique de longue date du décret Inscription, l'Union francophone des associations de parents de l'enseignement catholique (Ufapec) a exprimé jeudi sa ferme opposition à toute "abrogation pure et simple" du texte, l'une des conditions fixées lundi par le président de DéFI, Olivier Maingain, pour son éventuelle participation à une nouvelle en Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Arrêtons les marchandages sur le dos de nos enfants! ", exhorte son secrétaire général, Bernard Hubien.

"Le courage, ce n'est pas de dire qu'il faut l'abrogation de ce décret", laquelle reviendrait, rappelle-t-il, à revenir aux travers du passé quand certains parents usaient de passe-droits ou inscrivaient leur progéniture plusieurs années à l'avance parfois pour s'assurer une place.

Pour l'Ufapec, il importe donc de préserver un décret qui a eu au moins un mérite, celui d'offrir la clarté sur le nombre de places disponibles et de lever l'opacité qui planait sur le processus d'inscription dans certaines écoles.

Il importe dès lors de préserver la procédure en vigueur à l'aide du formulaire unique d'inscription (FUI), que les parents doivent introduire à l'issue des vacances de Carnaval en vue de la rentrée de septembre, insiste l'association.

Mais celle-ci demande - comme à chaque rentrée depuis plusieurs années maintenant - la révision de critères utilisés pour l'attribution des places disponibles aux élèves dans les écoles.

Critères géographiques

Pour l'Ufapec, il faut supprimer les critères géographiques liés à l'école primaire de l'enfant et donner un poids prépondérant au choix pédagogique posé par les parents, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Malgré l'incertitude politique actuelle en Fédération, l'association demande que le décret soit révisé "d'ici le mois d'octobre" pour s'assurer que les nouvelles règles soient applicables pour la rentrée scolaire de 2018.

Le projet rédigé sur le sujet par la précédente ministre de l’Éducation, Joëlle Milquet, pourrait parfaitement faire l'affaire, juge l'Ufapec.

Pour Bernard Hubien, il y a urgence à agir. La procédure telle qu'organisée aujourd'hui suscite "l'exaspération" d'un nombre croissant de parents.

"Elle installe un stress de plus en plus invivable pour eux. (...) Des parents sont au bord de l'explosion...", prévient-il.

Mais s'il convient de modifier le controversé décret, il importe aussi, poursuit l'Ufapec, de construire d'urgence de nouvelles places scolaires, surtout à Bruxelles vu les projections démographiques à l'horizon 2025.

La stabilisation, voire la diminution, du nombre d'élèves toujours sur liste d'attente (dits "sans école") ces dernières années à Bruxelles n'est qu'une apparence, selon elle.

De nouvelles classes et écoles ont bien été ouvertes l'année dernière, mais aucun nouveau projet n'est prévu pour 2018, s'inquiète le secrétaire général. Lequel rappelle qu'il faut en moyenne... six ans entre la planification et l'inauguration d'une nouvelle école.

"Il y a là une urgence face à laquelle les responsables politiques restent froids. Ou dont ils ne sont pas conscients, ce qui constitue alors une faute politique grave", assène-t-il.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK