Les nouveaux visages du Celeval, l'organe qui souffle aux oreilles du CNS

Le Celeval, la Cellule d’évaluation qui remet des avis aux autorités publiques dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus, change de composition. Des experts n’en font plus partie, d’autres y font leur entrée. C’est ce panel qui va conseiller le Conseil national de Sécurité présidé par la Première ministre Sophie Wilmès (MR) qui prend ensuite des décisions pour la population.

Le Celeval n’était pas assez équilibré

Le mois dernier, celle-ci avait fait savoir qu’elle souhaitait faire évoluer, dès la rentrée, la composition du Celeval. "Quand on a mis sur pied le GEES" (NDLR : Groupe aujourd’hui dissous en charge de l’Exit Strategy, la stratégie de déconfinement), expliquait récemment Sophie Wilmès dans la Libre, "on a pris des gens d’horizons très différents. Certains nous l’ont reproché, d’ailleurs. Et ces gens n’ont pas travaillé en vase clos. Ils ont consulté les secteurs, d’autres experts, etc. On a effectivement considéré que le Celeval qui a pris le relais du GEES n’était pas assez équilibré, d’autant que la situation actuelle est différente de celle du début. Mais je n’ai pas attendu la carte blanche (NDLR : celle du 27 août signée par plusieurs médecins et scientifiques remettant en cause la légitimité du Celeval et sa composition) pour demander au Celeval d’élargir sa sphère de compétences."

Moins d’experts scientifiques, plus de spécialistes en comportements humains et d'acteurs économiques, donc, au Celeval. But : prendre en compte l’impact des mesures prises par le CNS pour la population. Un Conseil national de sécurité doit d’ailleurs se tenir dans les prochains jours.

Qui sont les membres du nouveau Celeval ?

  • Les scientifiques

Parmi les experts du monde scientifique, on retrouve trois personnalités connues du grand public : Marius Gilbert, le chercheur en épidémiologie à l’Université libre de Bruxelles, Frédérique Jacobs la porte-parole interfédérale de la lutte contre le coronavirus et infectiologue à l’hôpital Erasme (ULB) et enfin Erika Vlieghe de la KUL, ex-présidente du GEES.

Une absence : celle de Marc Van Ranst. Le virologue de la KULeuven paie certainement ses nombreuses sorties dans les médias et sur les réseaux sociaux, critiques à l’endroit des stratégies mises en place et des responsables politiques. Ses prises de position agacent comme le ministre fédéral Denis Ducarme (MR), le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet (MR) et même le président des Réformateurs Georges-Louis Bouchez.

Précision: Marc Van Ranst reste le remplaçant d'Erika Vlieghe.

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Marius Gilbert. © RTBF
Erika Vlieghe. © JAMES ARTHUR GEKIERE - BELGA
Frédérique Jacobs. © SPF Santé publique
  • Les membres issus du monde économique

Deux noms. Le premier, c’est Johnny Thijs, 68 ans, l’ancien patron de l’entreprise publique bPost et aujourd’hui président du conseil d’administration d’Electrabel. Celui-ci a fait partie du GEES, il ne devait pas siéger au Celeval avant d’accepter.

Le deuxième nom, c’est celui de Vinciane Morel de Westgaver. Elle est en charge du département EU Event Services au sein de VO, importante société d’événements à Bruxelles. Elle est porte-parole de la Belgian Alliance Event Federations, l’alliance des structures événementielles mis en place avec la crise du Corona. Elle est également présidente du Conseil d’administration du Centre culturel d’Uccle. Elle s’est présentée aux élections communales d’Uccle sur la liste MR et a récolté 379 voix (non élue).

Les présences de Vinciane Morel et de Johnny Thijs sont pointées du doigt, notamment par le virologue Emmanuel André. Sur La Première ce vendredi matin, il dit : "Il n’y a aujourd’hui plus de virologues dans le Celeval. On a enlevé les experts de la vaccination, les gens qui savent planifier la vaccination. On a enlevé les experts liés à tout ce qui est modélisation prédictive. Il y a donc toute une série d’expertises qui a été enlevée de cet organe maintenant officiel. Par contre, il y a d’autres choses qui ont été rajoutées. La chose la plus frappante, c’est qu’on a intégré dans cet organe de l’État des lobbies. Le lobby de l’économie, de l’événementiel. On sent que ce gouvernement est sensible à ces lobbies-là."

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Johnny Thijs. © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA
Vinciane Morel. © RTBF
  • Les professeurs d’universités

Une figure atterrit dans cette cellule, c’est le professeur en économie de la santé de l’Université de Gand, Lieven Annemans. Producteur d’études, reprises régulièrement dans la presse, celui-ci avait récemment critiqué le manque de logique des autorités dans la gestion de pandémie. "Quel sens cela a-t-il d’imposer le port du masque lorsque vous vous promenez le soir dans une rue déserte ?" lançait celui qui est surnommé le professeur du bonheur comme le rappelle L’Echo.

Autre figure académique, celle d’Ariane Bazan, 51 ans, professeur de psychologie clinique à l’ULB. Un CV long comme un jour sans pain et des expériences universitaires à Gand, Lyon, dans le Michigan aux Etats-Unis. Son domaine de réflexion est la neuro-psychanalyse. En 2008, elle reçoit le prix Clifford Yorke pour ses nombreux travaux sur la psychanalyse et les neurosciences.

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Lieven Annemans. © Twitter
Ariane Bazan. © Twitter
  • Les représentants de l’administration

Différentes administrations concernées par la crise sanitaire (Santé, Intérieur...) seront représentées. Ils seront cinq : Pedro Facon, directeur général des soins de santé au SPF Santé publique, Karine Moykens, présidente du comité interfédéral Testing et Tracing (NDLR : membre du CD&V), Bart Raeymaekers le directeur général du Centre de crise, Christian Wouters des Affaires intérieures et Sophie Quoilin de Sciensano, organe qui diffuse chaque jour l’état de la situation sanitaire en lien avec le coronavirus dans le pays.

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Les nouveaux visages du Celeval, organe de conseil du Conseil national de Sécurité © DIRK WAEM - BELGA
Karine Moykens. © THIERRY ROGE - BELGA
Pedro Facon. © Twitter
  • Le président

Le président du Celeval demeure Tom Auwers, patron du SPF Santé publique. Ce diplômé en psychologie (KULeuven) et en management (Vlerick business School et université d’Anvers), a fréquenté plusieurs cabinets ministériels : Wivina Demeester (CD&V) et Luc Vanden Bossche (sp.a). Mais il assure ne pas avoir d’étiquette politique. L’Echo reprend : "Je n’aime pas être mis dans une case. Mon père était entrepreneur dans le textile. Ma mère était enseignante. Je viens d’une famille flamande catholique. Je suis donc beaucoup de choses. Quand je lis un journal où mon nom est suivi des lettres sp.a, je le déchire."

Avant de diriger le SPF, il a été directeur général de la stratégie et des relations internationales au SPF Sécurité sociale.

Son gros avantage en cette période de pandémie : avoir suivi la crise sanitaire depuis le début depuis son siège de Président du comité de direction du SPF Santé publique.

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Tom Auwers. © THIERRY ROGE - BELGA
  • Autres

A noter que les Régions wallonne, flamande et bruxelloise pourront dépêcher chacune un représentant pour assister aux réunions du Celeval. La Communauté germanophone pourra également envoyer un représentant au Celeval.

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