Les nouveaux venus

Longtemps, le paysage politique francophone s'était limité à quatre formations. Depuis, ils sont six partis à se partager le débat politique. Un changement des équilibres.

Il y a un an le PTB et le PP faisaient leurs entrées dans les assemblées parlementaires, même si en 2010, par la grâce incertaine de l’apparentement, le président du Parti Populaire, Mischaël Modrikamen, se voyait souffler son siège par un coreligionnaire de l’arrondissement voisin, l’inénarrable Laurent Louis, qui allait très vite quitter la formation, avec les suites que l’on sait.

Trouver sa place

Les deux formations ne sont pas forcément neuves et ne déboulent pas de nulle part comme la liste lancée en 1991 par Jean-Pierre Van Rossem (3 députés, 1 sénateur).

Le PTB (fondé en 1979) est même plus ancien qu’Ecolo (1980) et il peut se reposer sur plusieurs décennies de militantisme. Les communistes (ex(?)-maoïstes) ont donc dû faire preuve de persévérance, là où le Parti Populaire, né en 2009, est l’œuvre d’un seul homme, Mischaël Modrikamen, entendant cristalliser un vote à la droite du MR qui était supposé être soumis au diktat du PS, dans une coalition XL… un discours en v.f. de ce que pouvait dire alors la N-VA de Bart De Wever.

C’est le paradoxe de la situation actuelle pour le Parti Populaire : la coalition en place au fédéral est celle qu’il a toujours appelé de ses vœux ! Difficile dans ses conditions de pouvoir être un aiguillon, surtout avec un seul député. Le PP ne peut se la jouer que " constructif ", dans une indifférence relative.

A l’inverse, avec seulement deux députés fédéraux, le PTB pèse beaucoup plus dans le débat parce qu’il est d’abord l’antithèse exacte de la majorité fédérale de droite en place mais il est aussi l’aiguillon des deux partis de gauche, PS et ECOLO.

Qu’il s’en prenne à la majorité ou autres partis d’opposition, le PTB est sur du velours.

Exister

Dans les intentions de vote, la tactique du PTB lui semble bénéfique : il fait désormais jeu égal avec ECOLO en Wallonie. Par ailleurs, il met régulièrement le PS en porte-à-faux. Les socialistes francophones sortent de 26 ans de pouvoir fédéral et dès qu’à présent, ils formulent une proposition, la réplique fuse, bien au-delà du PTB d’ailleurs : pourquoi seriez-vous capable d’appliquer demain ce que vous n’avez pu faire en étant au pouvoir, avec le poste de Premier Ministre qui plus est ?!

Le PS a jusqu’à 2018 pour trouver la réponse.

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK