Les négociations interprofessionnelles risquent de ne pas avoir lieu

Illustration: les syndicats estiment que les négociations interprofessionnelles pourraient ne pas débuter, compte tenu du saut d'index et du gel des salaires
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Illustration: les syndicats estiment que les négociations interprofessionnelles pourraient ne pas débuter, compte tenu du saut d'index et du gel des salaires - © Tous droits réservés

Les syndicats mobilisent pour la manifestation nationale de ce jeudi 6 novembre à Bruxelles mais également pour les jours de grève programmés par province à partir du 24 novembre, et pour la grève générale du 15 décembre. En point de mire: les mesures du gouvernement dit "MR-N-VA" sur le chômage, les pensions, l'index, la modération salariale ou encore les services publics. Pour les syndicats, le gouvernement doit revoir en profondeur ses décisions. Ils pointent du doigt un manque réel de concertation avec le gouvernement fédéral, les négociations pour un accord interprofessionnel pourraient ne pas voir le jour.

Traditionnellement ces négociations interprofessionnelles débutent début novembre, après la publication d'un rapport technique par le Conseil central de l'économie. Un rapport qui détermine les marges d'augmentations de salaires possibles dans notre pays en fonction de l'évolution des salaires dans les trois pays voisins - Allemagne, France et Pays-Bas. Avec l'objectif, en autres, de sauvegarder la compétitivité des entreprises.

Patrons et syndicats négocient alors dans cette marge les augmentations de salaires pour tout le secteur privé pour les deux années qui suivent.

Mais cette année, cette négociation interprofessionnelle, entre patrons et syndicats pourrait bien ne pas avoir lieu, tout simplement. Le Conseil central a certes pris du retard dans l'élaboration de son rapport, qui n'est pas attendu avant mi décembre, mais les mesures du gouvernement (saut d'index et gel des salaires) enlèvent en réalité toute marge de discussion salariales possibles. Or c'est bien le cœur de ces négociations interprofessionnelles.

Côté syndical, on voit donc mal, dans ces conditions, comment les négociations avec le patronat pourraient débuter.

Et à propos de cette véritable concertation avec le gouvernement fédéral , selon De Morgen, des négociations secrètes auraient lieu en ce moment entre les syndicats et le Premier ministre pour désamorcer la crise. Mais elles seraient infructueuses jusqu'ici.

Marie-Paule Jeunehomme

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