Les mutualités déploient des accompagnateurs auprès des publics fragilisés pour leur faciliter l’accès aux soins de santé

A l'initiative du ministre de la Santé, c’est un projet que cinq mutualités du pays ont mis sur pied, en collaboration, pour tenter de rapprocher les plus démunis et les plus fragilisés des soins de santé auxquels ils ont droit. Selon les cas, des "Community Health Worker" et des "Agents de prévention" sont déployés dans les trois régions du pays pour sensibiliser et accompagner les publics fragilisés. Pour ces publics, la crise sanitaire n’a pas facilité les choses. Plus qu’avant, il y a un réel besoin d’informations et d’amélioration de l’accès aux soins de santé.

Une cinquantaine de "Community Health Workers" répartis en Belgique

Ces "Community Heath Workers" sont des "facilitateurs". Ils sont une cinquantaine en Belgique, dont 17 en Région Wallonne. Au sud du Pays, on les retrouve dans des quartiers de Liège, Dison (Verviers) et Charleroi. "Ce sont des quartiers qui ont été ciblés parce qu’une étude menée a démontré qu’ils étaient plus défavorisés, parce que les revenus moyens y sont faibles", explique Frédéric Lion, Chef de projet pour Charleroi.

Ce vendredi matin, parmi les cas traités par la facilitatrice en place à Gilly (Charleroi), on trouvait une maman venue avec son fils de 16 ans. Elle ne savait pas comment prendre un rendez-vous pour son fils pour le faire vacciner contre le Covid.


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"On facilite l’accès aux soins de santé aux personnes, surtout la population précarisée, les personnes plus fragiles", explique Nectaria Stefanakis, la facilitatrice en place. Bien souvent, les personnes aidées sont déconnectées des réseaux où elles pourraient trouver de l'aide.

"Parfois les institutions déjà en place ne suffisent pas, parfois les personnes sont réticentes suite à une mauvaise expérience", explique Nectaria Stefanakis. Il y a ainsi des personnes qui n’ont plus accès à une maison médicale, qui n’ont plus de vu de médecin généraliste depuis un certain temps ou encore "beaucoup de personnes qui n’ont pas de numéro national, qui ne sont pas en séjour autorisé" et qu’il faut aider, "ce sont des êtres humains", poursuit Nectaria Stefanakis.

Les grandes mutualités du pays derrière ce projet

La Mutualité Chrétienne, Solidaris, la Mutualité Neutre, la Mutualité Libérale et les Mutualités Libres sont toutes partenaires de ce projet. C’est le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke qui a en eu l’initiative. L’idée a été lancée en janvier dernier. Le temps de la finaliser et de lancer les recrutements, les premiers "facilitateurs" sont entrés en fonction sur le terrain au début du mois de juin.
Outre les villes wallonnes de Liège, Dison (Verviers) et Charleroi, on trouve aussi ces facilitateurs à Gand, Genk, Anvers, Ostende et Tirlemont. Des projets spécifiques ont aussi été déployés à Bruxelles.

Les mutualités qui prennent part au projet estiment qu’il est dans leur mission d’agir pour réduire les inégalités sociales et d’accès aux soins de santé. "Les mutualités sont, en effet, habituées, dans le cadre de leurs missions, à être en première ligne et à accompagner leurs membres. En lien direct avec nos métiers et valeurs mutuellistes, cette nouvelle fonction de Community Health Worker, fait écho à nos missions d’accompagnement, de sensibilisation et d’information de nos membres", explique Elisabeth Degryse, au nom du Collège Intermutualiste National.

"La recherche montre que les groupes vulnérables ne trouvent pas toujours les soins appropriés dans notre paysage de soins de santé. Par exemple, ils ont plus de difficultés à trouver des soins de première ligne et/ou se retrouvent trop rapidement aux urgences. La crise actuelle a rendu ces obstacles encore plus visibles", constate le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke qui a lancé ce projet de "facilitateurs" auprès des plus fragilisés.

La cinquantaine de "facilitateurs" ou "Community Health Workers" engagés au sein des mutualités ont pour mission d’orienter au mieux les personnes vers les acteurs institutionnels de soins et de bien-être, de les aider à utiliser les services de santé. Ils doivent aussi "faire remonter" l’information pour qu’au niveau des gestionnaires des soins de santé, on ait une meilleure idée des besoins sur le terrain, en particulier ceux liés à la crise sanitaire.

A Bruxelles, des "agents de prévention"

Dans la capitale, le projet intermutualiste prend la forme d'"agents de prévention". C’est une initiative du ministre de la Santé bruxellois, Alain Maron et de la ministre de la Promotion de la Santé, Barbara Trachte. Ici, on veut s’adresser aux Bruxellois de plus de 65 ans, isolés et bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM). Une quinzaine d’agents répartis dans les différentes mutuelles contactent les personnes de ce groupe cible par téléphone. "La majorité des personnes que je contacte sont très reconnaissantes qu’on prenne de leurs nouvelles", explique Laura D’Ascoli, agent de prévention. "Certaines personnes sont vraiment isolées, ne voient plus beaucoup de monde, soit parce que c’est leur mode de vie, soit parce qu’elles ont peur du virus et s’isolent par rapport à ça et cela peut peser sur leur moral", poursuit Laura D’Ascoli.

A ce stade, à Bruxelles, près de 2500 personnes ont été contactées. Jusqu’à la fin du mois d’octobre, les "agents de prévention" bruxellois continueront à contacter les personnes de ce groupe cible par téléphone. Ils s’assureront de leur bonne compréhension des gestes à adopter dans le contexte de crise sanitaire et veilleront à ce que leurs besoins en termes de santé et de soutien social puissent être rencontrés. En fonction des besoins, les personnes seront réorientées vers les services au sein des mutuelles ou en externe qui pourront les aider concrètement.

Il est prévu que ces projets pilotes fassent l’objet d’une évaluation à la fin de cette année.

Extrait du JT de 19h30 de la Une

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