Les ministres Collin et Marghem aussi veulent éviter l'euthanasie des castors de Walibi

Les ministres Collin et Marghem aussi veulent éviter l'euthanasie des castors de Walibi
Les ministres Collin et Marghem aussi veulent éviter l'euthanasie des castors de Walibi - © Pixabay

Le ministre wallon de l'Agriculture René Collin "a demandé à son administration de prendre toutes les mesures nécessaires pour ne pas abattre" les castors installés sous l'attraction "Le Loup-Garou" du parc Walibi, a-t-il fait savoir mardi via son porte-parole. Le ministre a contacté son administration lundi pour qu'elle étudie toutes les solutions alternatives à l'euthanasie, selon son porte-parole.

Un non-sens écologique

L'euthanasie possible des quatre castors qui ont pris leurs aises sur la Dyle, à côté de Walibi, a fait beaucoup réagir, notamment sur les réseaux sociaux. C'est le parc localisé à Wavre lui-même qui avait contacté le Département de la Nature et des Forêts de la Région wallonne (DNF), parce que ces animaux rongent des arbres qui pourraient chuter sur le Loup-Garou, des montagnes russes en bois.

Interrogé sur l'éventuel octroi d'une dérogation en vue de la destruction ou du déplacement des castors problématiques, le Conseil supérieur wallon de conservation de la nature (CSWCN) a remis le 28 février dernier un avis positif "au vu de la situation tout à fait particulière non propice à une cohabitation harmonieuse". Faute de site d'accueil adéquat, les individus devront "être détruits", concluait l'avis.

Mais lundi, le parc animalier Pairi Daiza a annoncé qu'il était prêt à accueillir ces animaux pour leur éviter la mort. Plusieurs associations environnementales, dont Natagora, considèrent toutefois que ni l'euthanasie ni le déplacement des castors n'ont de sens car de nouveaux castors s'installeraient rapidement dans la zone libérée. A défaut du maintien des castors moyennant des travaux d'aménagement du site, Natagora propose de déplacer les castors dans sa réserve naturelle de Virelles-Nature plutôt que dans un parc fermé.

L'administration étudiera ces différentes solutions, assure mardi le porte-parole du ministre René Collin. "A Pairi Daiza et Natagora de contacter le DNF", ajoute-t-il.

Les associations reviennent à la charge

Natagora et la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux ont par ailleurs profité de la médiatisation de cette affaire pour rappeler leur opposition à la modification de la loi sur la conservation de la nature projetée par René Collin. Dans l'avant-projet de décret en cause, "castor, blaireau, héron cendré, grand cormoran, pies et corneilles deviennent des cibles à abattre", dénonce ainsi Natagora.

Il est seulement question de "simplifier administrativement" les dérogations aux mesures de protection de certaines espèces animales, tempère René Collin. Le castor reste une espèce protégée. Le texte ne vise pas à l'ajouter à la liste des espèces chassables (contrairement à ce qui est envisagé pour la pie et la corneille) mais notamment à supprimer l'obligation de consulter le CSWCN avant toute euthanasie, ressort-il en effet de l'avant-projet.

La ministre fédérale de l'Environnement, Marie Christine Marghem, a également réagi mardi soir. Elle invite tous les acteurs concernés par ce dossier, "Walibi, Natagora, Pairi Daiza, les représentants de la Région Wallonne et les acteurs de terrain", à une rencontre en son cabinet "afin de dégager des pistes de solutions excluant la mort" de la famille de castors.

Les autorités fédérales travaillent depuis un certain temps déjà sur la nécessité "d'allier développement économique et biodiversité", souligne-t-elle en outre. Le 21 avril, le gouvernement fédéral présentera avec les Régions la stratégie "Business and Biodiversity", dans laquelle "sont proposées des solutions concrètes pour que les entreprises belges intègrent au cœur de leurs activités économiques une valorisation de la biodiversité, et de leur environnement de manière générale".

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