Les marches pour le climat, un complot? "J'ai commis une faute", admet la ministre flamande Schauvliege

La ministre flamande de l'Environnement Joke Schauvliege (CD&V) ne démissionnera pas. Critiquée après avoir évoqué l’hypothèse d’un complot à l’origine des marches pour le climat, une réunion de crise du CD&V a eu lieu en fin de matinée au parlement flamand pour évaluer la position de la ministre flamande. 

A la sortie de la réunion, elle a déclaré au micro de la RTBF/VRT s'être "excusée ce matin". Et ajoute : "Je maintiens que j'ai effectivement commis une faute. Je pense que je me suis laissée entraîner par l'émotion." 

Joke Schauvliege s'explique : "Depuis mercredi, j'ai reçu des milliers de sms, de mails [suite à la campagne #Actforclimatejustice], tous m'étaient adressés personnellement. Je pense que la combinaison de ça et d'une semaine très chargée au cours de laquelle je n'ai pas beaucoup dormi a fait en sorte que je sois entraînée par mon émotion."

C'est hallucinant!

Suite aux propos de la ministre flamande au sujet des marches pour le climat, le député régional Björn Rzoska (Groen) avait réclamé sa démission. "C’est hallucinant ! Les personnes qui descendent dans la rue sont des citoyens véritablement inquiets, et la ministre les soupçonne. Elle abuse également de la crédibilité de la Sûreté de l'Etat pour renforcer sa position. Comment pourrions-nous encore la croire à l'avenir ?", avait-il réagi.

"Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique. C’est une erreur de diaboliser les jeunes pour un souci qui dépasse la frontière flamande, avait  estimé pour sa part le ministre wallon de l’Energie, Jean-Luc Crucke (MR). Le rôle d’un ministre, c’est de réunir tout le monde dans l’intérêt général. Le climat ne doit pas diviser, c’est un combat qu’on doit mener ensemble. Je tiens par ailleurs à préciser que je n’ai jamais eu d’infos de la sureté de l’état à ce sujet."

De son côté, Kris Peeters (CD&V) avait expliqué plus tôt ce mardi qu'il s'agissait d'un "petit dérapage pour lequel des excuses ont été présentées". Quant au président du CD&V Wouter Beke, il a déclaré : "Nous avons eu une réunion très constructive. Joke Schauvliege s'est excusée et ça n'arrive pas souvent en politique quand une faute est commise. Nous allons maintenant continuer à discuter au sein du parti".

CD&V sous pression

Après cette matinée agitée, la ministre flamande de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Aménagement du Territoire était normalement attendue à 14h au parlement flamand. Mais la réunion de sa commission a d'abord été décalée, puis a finalement débuté avec 1h30 de retard... sans la ministre CD&V.

Visiblement, le "cas Schauvliege" fait encore l'objet de tensions (et de supputations) au sein de l'assemblée régionale flamande. Et surtout au sein de son parti, dont les cadres sont réunis ce soir pour évaluer la situation de leur "machine à voix", incontournable en Flandre orientale (plus de 55 000 voix de préférence en 2014, 9e score au Vlaams parlement) et normalement future tête de liste à la Région pour les élections du 26 mai prochain.

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