Les journalistes devront payer 50 euros pour participer aux sommets européens

Les journalistes devront payer 50 euros pour participer aux sommets européens
Les journalistes devront payer 50 euros pour participer aux sommets européens - © STEPHANIE LECOCQ - AFP

Les journalistes et techniciens de nationalité belge ou résidant en Belgique qui souhaitent participer aux sommets européens à Bruxelles devront s'acquitter d'un montant de 50 euros pour le contrôle de sécurité semestriel effectué par les autorités belges, annonce le Conseil européen sur sa page web consacrée aux accréditations.

"Depuis le 1er juin 2018, une nouvelle législation belge prévoit un droit de 50 euros à la charge des employeurs de toute personne faisant l'objet d'un contrôle de sécurité effectué par les autorités belges. Ce contrôle a actuellement une validité de six mois. Une facture sera envoyée à votre employeur par les autorités belges", peut-on lire sur le site du Conseil.

Ce dernier rappelle que "le contrôle de sécurité est obligatoire pour tous les journalistes et techniciens souhaitant participer au sommet" (le prochain aura lieu le 18 octobre, ndlr).

Cette annonce n'a pas manqué de faire réagir sur Twitter de nombreux professionnels des médias actifs dans la capitale de l'Europe.

Mesure discriminatoire

L'Association générale des journalistes professionnels de Belgique (AGJPB) dénonce ainsi une mesure discriminatoire à plusieurs titres. Si les journalistes salariés pourront en effet compter sur leur employeur pour s'acquitter du montant, tel n'est pas le cas des indépendants, qui devront débourser eux-mêmes ces 50 euros.

Cette nouvelle règle crée également une distinction entre, d'une part, les correspondants envoyés ponctuellement couvrir les sommets européens et, d'autre part, les journalistes basés à Bruxelles et chargés de suivre quotidiennement la politique européenne, pointe l'AGJPB. Les premiers étant contrôlés dans leur pays d'origine, ils se voient dispensés de facto de cette rétribution.

"Le principe même de devoir payer pour pouvoir être accrédité - car sans attestation de sécurité, pas de sésame - constitue en outre une entrave à la liberté d'informer", s'inquiète encore l'association.

Enfin, l'organisme réclame des garanties quant au respect de la protection des sources, étant donné que l'ampleur de la nouvelle procédure imposée aux journalistes n'a pas été précisée.

L'association s'apprête dès lors "à interpeller, en français et en néerlandais, le gouvernement pour lui demander de laisser tomber cette rétribution", a indiqué la secrétaire générale adjointe de l'AJP (aile francophone de l'AGJPB), Sophie Lejoly, à Belga.

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