Les grands thèmes de la rentrée politique: l'enseignement

Les grands thèmes de la rentrée politique: l'enseignement
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A l'occasion de la rentrée, la rédaction en ligne de la RTBF se penche sur cinq grandes thématiques qui seront au cœur des débats politiques. Pour chacun de ces thèmes, nous avons posé la question suivante à des acteurs de premier plan dans les domaines concernés: "Que placeriez-vous en tête de l’agenda des responsables politiques pour la rentrée?"

Comme chaque année, la rentrée met l’enseignement sous les feux des projecteurs. Et comme chaque année, les constats alarmants s’empilent.

De la pénurie de professeurs au manque de places disponibles dans les classes, de la problématique des inscriptions à celle de la formation des enseignants, le secteur fait grise mine. Cette année, la question du financement de l’enseignement libre (catholique) s’est invitée à la table des débats. Ou plutôt, y a été invitée par le président du cdH.

Nul doute que les autorités compétentes en la matière auront du grain à moudre cette année encore. Et selon le secrétariat général de l’enseignement catholique (SEGEC), c’est par "la problématique des inscriptions et de la création de place" qu’il faut impérativement commencer.

Créer plus de places dans les écoles et vite

Selon Conrad van de Werve, ce dossier est "incontournable". En tant que directeur de la communication du SEGEC, il fait savoir que "cette année, le problème est encore plus prononcé que les années précédentes car la population scolaire est en augmentation, surtout à Bruxelles".

 "Plus de places pour pouvoir accueillir les enfants", c’est aussi ce qui doit, selon Alain Dehaene, être en première place de l'agenda. Lui-même directeur d’une école fondamentale, il est également à la tête du collège des directeurs de la zone de Bruxelles. Et quelle que soit la casquette qu’il porte, il tire la sonnette d’alarme : "On est débordé de demandes d’inscription en maternelle et en primaire. Il y a déjà des enfants qui ne trouveront pas de place dès cette année", annonce-t-il.

Au deuxième rang de ce qui devrait être en gras dans le journal de classe des autorités compétentes, il pointe également les "énormes difficultés éprouvées par les écoles pour recruter des instituteurs dans le primaire".

Recruter des enseignants mais aussi les conserver

Ce problème de recrutement tant dans le fondamental que dans le secondaire, c’est le problème numéro un que soulève Pascal Chardome. En fait, le président de la CGSP enseignement va même plus loin que le seul recrutement. D’après lui, il faut "non seulement rendre le métier attrayant pour ceux qui ne le pratiquent pas encore mais aussi le rendre supportable pour ceux qui le pratiquent déjà".

Autrement dit, "s’il est important d’attirer des jeunes vers le métier, il est tout aussi important de garder ceux déjà en fonction. Je vous rappelle que 40% des enseignants abandonnent avant d’avoir cinq ans de pratique".

Il y a deux pistes à suivre pour remédier à la fois au déficit de recrutement et à l’hémorragie, selon Pascal Chardome : d’une part, réformer la formation et, d’autre part, mettre en place des mesures pour, à la fois, mieux encadrer les jeunes et permettre aux plus expérimentés de partager leur savoir-faire.

Un système de tutorat pourrait réaliser les deux à la fois : les plus expérimentés auraient des heures de classe en moins pour pouvoir guider les plus jeunes. Ces derniers seraient eux, du coup, mieux encadrés et se sentiraient moins abandonnés à leur sort.

Mieux encadrer les directions

Et il n’y a apparemment pas que les jeunes enseignants qui manquent d’encadrement. La deuxième priorité à inscrire en grand à la craie sur le tableau n’est autre que "l’aide aux directions qui doit être revue d’urgence", pour le SEGEC.

"Pour beaucoup, les directeurs d’établissement, surtout dans le fondamental, sont très isolés. Ils ne disposent que de très peu, voire pas, d’aide administrative ou pédagogique", explique Conrad van de Werve. "Pour le moment, on donne droit à une aide administrative temps plein pour 1000 élèves. Nous demandons à ce que l’on passe à un temps plein pour 500 élèves".

Rassembler les forces dans l’officiel

"Pour nous, ce qu’il faut absolument commencer par faire, c’est réformer la coupole des pouvoirs organisateurs de l’enseignement officiel", nous indique Hakim Hedia. Le président de la fédération des parents de l’enseignement officiel (FAPEO) relève effectivement que "pour le moment, on a trois pouvoirs organisateurs disparates : le provincial, le communal et la Communauté (devenue Fédération Wallonie-Bruxelles, ndlr)".

Pour Hakim Hedia, il faut impérativement "rassembler ces pouvoirs sous une même coupole, pour ainsi rassembler les forces et adopter une stratégie commune. Pour le moment, on avance sans pilote".

Un système d’évaluation dépassé ?

A quelques jours de cette rentrée scolaire, deux enseignants namurois ont mis en cause le système actuel d’évaluation. Ils sont suivis en cela par la FAPEO qui estime que "la réforme du système d’évaluation doit être mise à l’agenda". "Il faut trouver un système d’évaluation qui soutienne la progression de l’élève et qui prévoit des remédiations là où l’enfant a des lacunes. Mais plus une simple évaluation-sanction", indique Hakim Hedia.

Et pour que ce nouveau système soit efficace, il faut selon lui "adapter le rythme scolaire pour qu’il soit en symbiose avec le nouveau système d’évaluation", l’idée étant d’avoir sept semaines de cours, puis deux semaines de congés, en roulement, et abandonner le calendrier actuel des congés scolaires.

Julien Vlassenbroek

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