Les grands thèmes de la rentrée politique: l'énergie

Entre les polémiques liées au nucléaire suite aux des réacteurs Doel 3 et Tihange 2, le prix des carburants qui atteignent de nouveaux sommets et les déboires du photovoltaïque en Europe, le dossier "énergies" a occupé une place de choix dans l’actualité des derniers mois.

Garantir la sortie du nucléaire

Dans ce domaine, "la priorité numéro un c’est la sortie du nucléaire", annonce sans surprise Christophe Schoune, secrétaire général d'Inter-Environnement Wallonie. "Sans vouloir jouer les Cassandre, cela fait longtemps que l’on met en garde face aux dangers du nucléaire or ceux-ci se précisent aujourd’hui", pointe-t-il.

Même son de cloche du côté de Greenpeace, où le directeur Michel Genet, plaide également pour que le gouvernement "respecte ses engagements en matière de sortie du nucléaire et s’y prépare activement pour ne pas que l’on trouve encore des excuses pour prolonger après 2020 (date à laquelle il est prévu de fermer les dernières centrales en Belgique, ndlr)".

A ce sujet, Marielle Rogie, Managing Directeur du Forum nucléaire, a, on s’en doute, un point de vue nettement plus nuancé. "Il est important de ne pas avoir une vision monolithique du nucléaire", estime-t-elle. "N’oublions pas qu’au nucléaire sont liées de nombreuses autres filières et que dès lors, la technologie nucléaire en Belgique, cela représente 20 000 emplois", avance encore la patronne du Forum nucléaire.

Ces secteurs liés au nucléaire sont actifs dans des technologies de pointe qui constituent de "réelles richesses" et des réservoirs de "main d’œuvre hautement qualifiée", disposant d’un savoir-faire "reconnu internationalement", avance encore Marielle Rogie.

Elaborer un réel plan de transition énergétique

Pour préparer la sortie du nucléaire et garantir que celle-ci puisse respecter le calendrier préétabli, Michel Genet appelle les autorités compétentes, à tous les niveaux de pouvoir, à se coordonner pour élaborer "un plan qui prévoit des mesures d’efficacité énergétique et qui permette de promouvoir bien plus activement les énergies renouvelables" pour "assurer la transition énergétique".

Ce dernier estime que "la Belgique n’a pas de réel plan en matière d’énergies renouvelables " et qu’il doit dès lors être fait une priorité de se doter d’un plan clair et efficace en la matière.

Il est suivi sur ce terrain également par Christophe Schoune. Ce dernier ajoute que si la transition énergétique passe par la promotion du renouvelable, elle passe aussi nécessairement par une politique de "baisse de la demande". Autrement dit, "les gouvernements régionaux et fédéraux vont devoir mettre en œuvre des politiques ambitieuses afin de faire baisser la consommation d’énergie". Un défi qu’il est possible de relever, selon lui, étant donné que "l’on sait qu’il y a un potentiel énorme en matière d’efficacité énergétique, et qu’il est possible de diminuer la consommation de près de 30%". Une voie sur laquelle il est notamment suivi par la FEB selon laquelle "l’efficacité énergétique reste la voie à privilégier".

Travailler sur la fiscalité

Autre priorité avancée par le représentant d’Inter-environnement, "il faut reconsidérer certaines options en matière fiscale, comme la fin du soutien au photovoltaïque qui pénalise l’innovation, l’emploi et les investissements dans le renouvelable".

La fiscalité, c’est aussi une des priorités sur lesquelles la fédération des pétroliers de Belgique (FPB) attire l’attention des pouvoirs publiques. Mais pas avec les mêmes requêtes.

La FPB rappelle que les carburants ont atteint récemment des prix record. Dès lors, "il faut se pencher sur la fiscalité liée aux carburants et réfléchir à des pistes qui permettent, si c’est faisable, de baisser les accises", estime Bernard Claeys, secrétaire-général adjoint de la FPB.

"L’Etat fédéral peut prendre le risque de diminuer les accises sur les essences sans mettre à mal ses recettes fiscales globales", renchérit le secrétaire-général de la fédération, Jean-Louis Nizet. Ce dernier plaide également pour que soient rééquilibrés les droits d’accises sur le diesel et les essences.

Mettre en place "un marché des biocarburants complètement ouvert en Belgique"

Autre sujet fiscal à privilégier d’après les représentants des pétroliers belges : réformer la législation concernant les composants biologiques dans les carburants. En Belgique, il existe en effet des incitants fiscaux à l’intégration de composants biologiques (éthanol, EMAG,...) dans les carburants. Mais ce système est "imparfait dans sa structure fiscale et ne s’avère pas efficace", estime Bernard Claeys.

Il est d'ores et déjà prévu que la législation en la matière soit revue en 2013. La FPB appelle donc les autorités à y travailler dès maintenant. L'objectif est, d'une part, d’élaborer des pistes de réformes qui puissent rendre le prochain cadre législatif et fiscal relatif aux bio-carburants plus opérant et, d'autre part, de faire en sorte "que le marché des biocarburants soit complètement ouvert en Belgique".

Pour le moment, les incitations fiscales liées à la production de bio-carburants sont en effet conditionnées à l'achat des composants bio auprès de producteurs agréés. Outre que la FPB remet en cause le système de quotas d’EMAG et d’éthanol alloués à ce nombre limité de producteurs belges, elle souhaiterait pouvoir acheter "sur le marché international au meilleur prix du marché concerné".

Julien Vlassenbroek

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