Des agents pénitentiaires prennent d'assaut le SPF Justice, les autopompes en action à St-Gilles

Alors que le ministre Koen Geens tente toujours de trouver des solutions concernant la mise en oeuvre de son plan Justice, des centaines de manifestants, réunis en délégation syndicale afin de protester contre la situation actuelle dans les prisons, ont fracassé les portes du SPF Justice et envahi le ministère avant de se relocaliser en divers endroits de la Capitale où d'autres incidents ont éclaté. 

On ne veut pas se soumettre, nous ne sommes pas des esclaves

Au cri de "Nous ne céderons pas" les manifestants étaient arrivés devant le SPF Justice situé boulevard de Waterloo aux alentours de 10h. Une demi-heure plus tard, à force de tambouriner sur la porte d'entrée, certains agents pénitentiaires sont parvenus à en briser les vitres.

Profitant de l'ouverture de la porte, des dizaines de militants se sont alors engouffrés dans le bâtiment. Des policiers, entrés par une autre porte, ont réussi à les déloger après une vingtaine de minutes. Leur intervention, à l'aide de matraques et de gaz lacrymogènes, a créé une certaine agitation parmi les manifestants comme l'a expliqué Michel Jacobs, secrétaire fédéral de la CGSP prisons, à notre collègue Pierre Magos: "Ce n'était pas inévitable, je me suis mis devant la porte tant que j'ai pu avec mes collègues qui assuraient le service d'ordre. J'avais pourtant demandé que l'on respecte les demandes de la police, mais certains un peu plus excités que d'autres en ont décidé autrement, je le regrette mais les gens sont à bout".

Vingt-deux jours après être partis en grève, les agents pénitentiaires semblent en tout cas bien déterminés à ne rien lâcher: "On ne veut pas se soumettre, nous ne sommes pas des esclaves, nous voulons des conditions de travail décentes mais aussi des conditions décentes pour les détenus", ont rappelé plusieurs des militants présents dans le cortège.

Koen Geens indigné par cette "invasion"

De son côté, le Ministre de la Justice a exprimé "sa profonde indignation face à la violence aveugle qui a été utilisée lors de la préparation de l'entretien qu'il avait convenu avec la délégation d'agents pénitentiaires". Il a par ailleurs regretté les destructions occasionnées.

Si le ministre considère comme "grave" ce qui est arrivé, il a tenu à souligner que cela ne pèserait pas sur les négociations: "Je ne tiens pas les syndicats responsables. Je veux dialoguer de façon constructive et je suis déterminé à mener à bien les réformes pénitentiaires auxquelles je m'étais engagé de concert avec le gouvernement et le parlement et en concertation avec les syndicats".  

Des autopompes en action à Saint-Gilles, d'autres en faction devant le Palais de Justice

Les manifestants, près d'un millier, se sont ensuite dirigés vers le siège du MR devant lequel ils ont déjà exprimé leur colère un peu plus tôt dans la matinée, mais également vers le Palais de Justice, où des autopompes ont été dépêchées. L'accès au tunnel de la Porte de Hal a également été partiellement bloqué pendant une petite heure.

Une autre partie du cortège s'est quant à elle relocalisée entre les deux prisons de Forest et Saint-Gilles où les autopompes ont dû entrer en action par deux fois afin de disperser les quelques 700 manifestants en colère. L'hélicoptère de la police a également été appelé en renfort. Quant aux motivations des personnes présentes, ici aussi le malaise ambiant semble être la raison évoquée comme l'a expliqué Daniel, l'un des gardiens présents: "Nous sommes une soixantaine de la prison de Marche-en-Famenne a être venus devant la prison de Saint-Gilles. J'avais peur que cela dégénère parce qu'effectivement les agents n'en peuvent plus. J'ai 30 ans de carrière et je n'ai jamais vu ça. À force d'être rejeté par une certaine partie du monde politique, on en arrive là. Je suis dégoûté par ce monde politique qui a laissé pourrir la situation." C'est finalement peu avant 14h que la situation est revenue à la normale.

Un peu plus tôt dans la matinée, les syndicats étaient arrivés de manière pacifique devant le cabinet.

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