Les francophones, ce n'est pas le problème de Bart De Wever

Bart De Wever, président de la N-VA, ne s'intéresse qu'aux "6 millions de Flamands de sa communauté de destin."
Bart De Wever, président de la N-VA, ne s'intéresse qu'aux "6 millions de Flamands de sa communauté de destin." - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Le président de la N-VA, Bart De Wever, n'a pas mâché ses mots dans un entretien accordé à l'hebdomadaire "Knack". Ce qui se passe dans la partie francophone du pays, ce n'est pas son problème, a-t-il fait comprendre.

Le gouvernement Michel n'est soutenu dans les rangs francophones que par le seul MR. L'homme fort des nationalistes flamands n'y voit pas de problème. Sous la législature précédente, l'équipe Di Rupo n'avait pas de majorité dans le camp flamand, rappelle-t-il.

"Excusez-moi, ce n'est pas mon problème (...). Je vous le dis: 6 millions de Flamands sont ma communauté de destin. C'est à eux que je dois répondre. Une majorité des Flamands a posé, lors des élections, un choix clair en faveur de réformes économiques et de l'assainissement, d'une politique d'immigration et de sécurité plus forte. La N-VA donne à ces gens ce qu'ils ont demandé", explique-t-il.

'Failed nation'

Bart De Wever espère toutefois que le centre de gravité politique en Wallonie se déplacera vers le centre-droite. "Si la gauche progresse en Wallonie en 2019, on se trouvera dans un scénario de 'failed nation' (nation défaillante) car ça ne peut pas continuer comme ça. Si, en Wallonie, on dit qu'on n'accepte pas la démocratie belge et que la Belgique soit dirigée par une majorité démocratique, il faudra en accepter les conséquences. La Wallonie devra alors nous dire: nous voulons être un petit pays de gauche, une sorte de Grèce du nord. Qu'on le fasse, mais sur son propre compte".

Les grévistes wallons donnent raison à la N-VA, estime le président qui se montre même grossier à l'égard du secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet. "La grève des prisons a, à ce point, dépassé les limites du raisonnable que même les plus sauvages des PS, des types primaires comme Marc Goblet, ont compris, avec leur troisième neurone actif, que cette action n'était pas une bonne chose", lâche-t-il.

En Flandre, le Vlaams Belang remonte et récupère une partie des voix que lui avait prise la N-VA, si l'on en croit les sondages. Le dirigeant du premier parti de Flandre invoque une conjoncture difficile marquée par la crise de l'asile et le terrorisme.

"Tous les populistes de droite en Europe qui savent lire et écrire ont de l'or dans les mains. Maintenant, je ne me plains pas encore: avec 10% dans les sondages, le Vlaams Belang est loin derrière les partis d'extrême-droite ailleurs en Europe", dit-il.

Bart De Wever confie aussi sa déception à l'égard des médias flamands, accusés de se gauchiser. "La presse flamande m'ennuie", lance-t-il.

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