Les entreprises des pôles de compétitivité wallons créent plus d'emplois

Les entreprises des six pôles de compétitivité en Wallonie ont créé, entre 2005 et 2014, 16% d'emplois de plus que la moyenne de l'industrie comparable, qui est de 1%, ressort-il d'une étude comparative présentée mercredi par ces pôles.

Sur cette période, l'augmentation des emplois en équivalents temps plein (ETP) chez les membres des pôles a en effet été de 17%, a affirmé Jean-Louis Mentior (entreprise de conseil M5), responsable de cette étude présentée au parc scientifique de Louvain-la-Neuve.

Cet écart est plus important que deux ans auparavant, année d'une précédente étude qui l'avait chiffré à +10%. Les emplois indirects et ceux des indépendants n'y sont pas pris en compte. En chiffres absolus, elle traduit une création d'emplois de quelque 12.000 unités, un chiffre stable par rapport à l'étude d'il y a deux ans.

Cette stabilité en chiffres absolus, mise en lien avec la croissance de 17% par rapport à l'ensemble de l'économie industrielle, pourrait traduire la transformation de l'industrie wallonne: les 752 entreprises membres des pôles génèrent en effet aujourd'hui près de la moitié (47%) de la valeur ajoutée de l'industrie wallonne (+10 points de pourcentage par rapport à il y a deux ans). La croissance de cette valeur ajoutée est supérieure de 45% à celle du reste de l'industrie (+20 points par rapport à deux ans auparavant).

"La croissance persiste et s'améliore" dans les pôles de compétitivité, conclut dès lors Jean-Louis Mentior.

Sur les 198 projets de recherche et développement (R&D) labellisés dans le cadre des pôles, 222 millions d'euros de financement ont été apportés par le privé et 493 millions par les pouvoirs publics.

Sur la législature 2014-2019, ce sont près de 340 millions d'euros qui sont ainsi investis pour la politique des pôles de compétitivité, selon le ministre de l'Économie Jean-Claude Marcourt, qui a lancé le projet il y a dix ans.

Les pôles de compétitivité wallons visent à développer la coopération entre les entreprises d'innovation, les universités et hautes école et les pouvoirs publics, en partant du principe que le cloisonnement de ces milieux constituait l'un des freins principaux au redéploiement de la région.

Pour Jacques Crahay, président du pôle Wagralim (agro-industrie), ces bons chiffres ne doivent pas tant être attribués à l'évolution macro-économique - "il ne semble pas que la croissance économique se porte vraiment mieux" - mais bien aux choix politiques et à ceux du jury indépendant qui sélectionne les projets. "C'est la pertinence des investissements dans les entreprises innovantes", estime-t-il.

Le ministre Marcourt (PS) y voit pour sa part la réussite de la permanence d'une politique industrielle sur dix ans. "Il n'y a pas eu de changement de cap, cette stabilité a entraîné une appropriation (du modèle) par les acteurs" industriels, qui ont ainsi pu dépasser "cette timidité, cette modestie inhérente" à trop de petites et moyennes entreprises en Wallonie, a-t-il commenté.

 

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