Les enseignants du nord et du sud se rassemblent pour défendre la pénibilité de leur métier

Les profs du nord et du sud du pays s'unissent sur la question de la pénibilité
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Les profs du nord et du sud du pays s'unissent sur la question de la pénibilité - © RTBF - Miguel Allo

C'est suffisamment rare pour être souligné: les syndicats enseignants du nord et du sud du pays ont décidé d'unir leurs forces pour obtenir la reconnaissance de la pénibilité de leur métier dans le cadre de la réforme fédérale des pensions.

Ceux-ci ont organisé ce mercredi à Bruxelles une rencontre nationale de leurs délégués sur cette question qui pèsera sur l'âge de départ effectif à la retraite des profs. Cette rencontre nationale des syndicats a eu lieu à la Haute Ecole Odisee située rue d'Assaut, 2 à 1000 Bruxelles. Ils ont distribué, à l'issue de leur réunion, des "Bacquelaine", des madeleines à l'effigie du ministre des Pensions.

Depuis la communautarisation de l'enseignement en 1989, les actions communes entre syndicats enseignants du nord et du sud du pays sont en effet devenues choses rares. "Si l'enseignement ne figure pas sur la liste des métiers lourds, des actions seront inévitables dans l'enseignement francophone et néerlandophone...", avertissent d'emblée les organisations.

Reconnaître la charge émotionnelle et mentale du métier

Celles-ci redoutent que le métier d'enseignant ne soit pas repris dans la liste des métiers pénibles autorisés à dételer avant l'âge normal de la pension. "Le texte du projet de loi stipule clairement que les coefficients proposés seront uniquement utilisés pour déterminer la date du départ à la pension. Le tantième préférentiel pour la pension passera de 1/55e à 1/60e, ce qui entraînera une baisse du montant de la pension par rapport au montant actuel et ce même en cas de reconnaissance comme métier lourd. Nous considérons qu'il s'agit ni plus ni moins d'une rupture de contrat", affirment les syndicats.

Eugène Ernst, secrétaire général de la CSC, explique pourquoi les enseignants veulent garder leur tantième préférentiel :

Pour les enseignants, "une éventuelle non reconnaissance comme métier lourd entrainerait à nouveau un report de l'âge de la pension et une baisse éventuelle du montant de la pension. Mais plus que tout, une non reconnaissance comme métier lourd reviendrait à méconnaître la charge émotionnelle et mentale engendrée par le métier".

Sans les tantièmes, 45 ans de carrière seront nécessaires pour partir à la retraite. "Un jeune qui termine son master sans difficulté et qui commence donc à travailler à 23 ans, sera ainsi dans l'impossibilité d'accéder à la pension complète", s'écrie M. Ernst.

Cette réforme n'aidera par ailleurs pas à revaloriser une profession en pénurie, souligne Joseph Thonon. "Ce n'est pas comme ça qu'on va attirer les jeunes." Reconnaître la profession comme pénible permettra ainsi d'alléger un peu les professeurs mais "nous resterons Gros-Jean comme devant", conclut-il, estimant que la perte équivaudra à 100 euros net en moyenne.

Autre crainte de la profession : que le ministre des Pensions ne les divise en n'accordant pas les mêmes conditions de départ en pension, particulièrement les professeurs du supérieur, donc la pénibilité ne serait pas reconnue, comme le confirme une note gouvernementale. Une situation que n'acceptent pas les syndicats, comme le précise le président de la CGSP Enseignement, Joseph Thonon :

Remous autour de la réforme des pensions

La pénibilité de certains métiers est un gros dossier sur le bureau du ministre des Pensions, le MR Daniel Bacquelaine, à cause de son influence sur l'âge de départ à la retraite. Particulièrement, l'évaluation de la pénibilité du métier d'enseignant créent de nombreux remous.

En janvier dernier, une étude commandée par le ministre, et réalisée par le député MR Laurent Henquet (ancien professeur et directeur d'école), préconise de fixer l'âge de la pension des enseignants à 64 ans, au lieu des 67 ans prévus par la réforme des Pensions.

Selon une note de travail gouvernementale, révélée par de Morgen, cette retraite anticipée a de grande chance d'être accessible aux enseignants de maternelle, primaire et secondaire. Le ministre Bacquelaine a confirmé que la reconnaissance de la pénibilité du métier n'était pas exclue de sa réforme.

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