Les employés de MSF enlevés en Syrie, dont un Belge, ont été libérés

Les employés de MSF enlevés en Syrie, dont un Belge, ont été libérés
Les employés de MSF enlevés en Syrie, dont un Belge, ont été libérés - © Tous droits réservés

Les cinq membres de Médecins Sans Frontières (MSF) détenus en Syrie ont été libérés et sont sains et saufs, indique jeudi l'organisation dans un communiqué de presse. Les collaborateurs de nationalité belge, danoise, péruvienne, suisse et suédoise avaient été emmenés le 2 janvier dernier par un groupe armé dans le nord de la Syrie. Ils travaillaient dans un hôpital de MSF pour apporter des soins médicaux aux populations victimes du conflit. Dans le même temps, au moins 43 civils auraient été tués dans un attentat à la voiture piégée à un point de passage dans le nord de la Syrie, à la frontière turque.

Trois des membres de MSF ont déjà été libérés le 4 avril et les deux derniers ont été relâchés mercredi, précise l'organisation. Ils sont actuellement en route pour retrouver leurs familles et leurs proches. "Le soulagement de voir nos collègues rentrer sains et saufs est mêlé à un sentiment de colère face à un acte aussi cynique qui a pour effet de priver d'une assistance vitale une population déjà gravement touchée par la guerre", réagit Joanne Liu, présidente internationale de MSF.

"La réduction de l'aide humanitaire est la conséquence directe de l'enlèvement de travailleurs humanitaires. Sur le long terme, c'est la population syrienne qui en pâtit." Cet enlèvement avait contraint MSF à fermer définitivement un hôpital et deux centres de santé dans la région du Djebel Akkrad, dans le nord-ouest de la Syrie. Environ 150 000 personnes y sont désormais privées d'aide médicale. Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders se dit "soulagé" par la libération des cinq collaborateurs de MSF.

Le vice-Premier ministre se félicite par ailleurs des contacts "excellents" noués avec MSF dans le suivi de ce dossier et de la discrétion qui a pu être préservée

La frontière turque visée

Au moins 43 civils dont des femmes et des enfants ont été tués et des dizaines blessés jeudi dans un attentat à la voiture piégée à un point de passage dans le nord de la Syrie, à la frontière turque, selon une ONG.

Ce nouveau bilan a été fourni par le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Un précédent bilan de cette ONG faisait état de 29 morts. L'attentat a visé une zone utilisée comme parking au point de passage de Bab al-Salama tenu par des rebelles islamistes, a précisé l'OSDH. Des photos de l'attentat mises en ligne par des militants montrent des hommes en état de choc debout autour de corps carbonisés.

Les victimes ont été transportées dans des hôpitaux turcs et syriens, selon Rami Abdel Rahmane.

Le côté syrien du passage de Bab al-Salama est contrôlé par les rebelles islamistes, engagés depuis janvier dans des combats meurtriers avec les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), considéré comme le groupe le plus radical dans le pays en guerre. Les alentours de ce point de passage avaient déjà été visés par des attentats à la voiture piégée.

D'autres points de passage de la frontière syro-turque ont également été visés par des attaques, dont celui de Bab al-Hawa dans la province d'Idleb (nord-ouest), où un double attentat suicide avait fait 16 morts en janvier. Déclenché en mars 2011 par une contestation populaire violemment réprimée, le conflit en Syrie s'est transformé en une guerre opposant le régime à des déserteurs aidés par des civils armés et des jihadistes venus de l'étranger. Il s'est complexifié avec des combats entre rebelles et jihadistes venus pour la plupart de l'étranger pour combattre eux aussi le régime de Bachar al-Assad.

Belga

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK