Les diplômés wallons à la traîne dans le supérieur

La Wallonie forme proportionnellement beaucoup moins de diplômés dans le supérieur
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La Wallonie forme proportionnellement beaucoup moins de diplômés dans le supérieur - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

C’est un atout capital pour un pays, une région, de disposer de personnes bien formées pour assurer son développement. De ce point de vue, l’éclairage que livre l’Institut pour un Développement Durable est édifiant. Il scrute les diplômés de l’enseignement supérieur qui ont entre 30 et 34 ans et sont donc dans la vie active. Or, les chiffres qui concernent la Wallonie interpellent.

 

39,6% de diplômés du supérieur

Manifestement, l’écart qu’on observe entre les trois régions questionne. Là où la Flandre compte 47,3% de diplômés de l’enseignement supérieur et Bruxelles 51,9%, la Wallonie ne peut en produire que 39,6%. Dans la zone euro, les Wallons sont clairement la deuxième partie du classement.

Bruxelles, ça s’explique

Si Bruxelles occupe le top, c’est sans doute en grande partie à cause de la concentration des institutions et des sièges des sociétés qui y sont installés. Ils réclament davantage d’employés de haut niveau que de main d’œuvre manufacturière. La capitale fédérale et européenne est donc un cas un peu à part.

L’écart Flandre-Wallonie

En revanche, l’écart entre Flandre et Wallonie est perturbant et probablement pas sans conséquence sur le développement de l’économie régionale. D’autant qu’il a tendance à se creuser: entre 2011 et 2015, il est passé de 3 à 5% environ et les courbes continuent à s’écarter.

Dans le secondaire aussi

Par ailleurs, ce qui est tout aussi alarmant dans cette étude réalisée par Philippe Defeyt, c’est que le bas niveau de diplômés ne concerne pas que l’enseignement supérieur. Toute la chaîne est touchée. Le nombre d’étudiants qui quittent le secondaire avec un certificat ou un diplôme est là aussi nettement sous la moyenne européenne.


Marshall?
Après différentes études périphériques, ce sont de nouvelles statistiques qui illustrent la défaillance de l’enseignement en Wallonie et la faiblesse qui pèse ipso facto sur la sphère économique. Les chiffres, précise Philippe Defeyt, doivent être interprétés avec prudence et méritent une analyse plus fouillée. Mais d’ores et déjà, cette première analyse donne du relief à ce que les interlocuteurs sociaux wallons réclament avec insistance: un plan Marshall pour l’enseignement.
 

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