Toutes les prisons belges bientôt équipées de téléphones

Selon le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), cette nouveauté offre "un environnement plus sûr au personnel pénitentiaire".
Selon le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), cette nouveauté offre "un environnement plus sûr au personnel pénitentiaire". - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Après les nouvelles prisons de Marche, Leuze et Beveren qui ont déjà été équipées dès l’origine de téléphones en cellule, c’est au tour des anciennes prisons d'en installer. La procédure devrait aboutir d'ici l'automne de cette année.

Les premières concernées sont les prisons de Jamioulx et Hasselt, qui disposent de nouveaux téléphones depuis ce week-end. Le système est le suivant: les détenus peuvent appeler depuis leur cellule à un tarif préférentiel de 11 centimes par minute, et chacun d'entre eux a reçu un code personnel associé à un compte individuel.

 

Code personnel

La prison peut contrôler ou restreindre le comportement d'appel de chaque prisonnier via le code personnel. "Par exemple, nous pouvons imposer des restrictions concernant l'heure ou le nombre d'heures pouvant être appelées", explique Paul Dauwe, le directeur de la prison de Hasselt dans une interview accordée à nos confrères des journaux Mediahuis. "Nous pouvons également bloquer certains numéros, par exemple en provenance d'autres prisons, de membres de la famille ou de victimes du prisonnier. Tous les numéros appelés par un détenu sont également inscrits sur une liste. Les services de police et les procureurs peuvent demander cette liste, ce qu'ils ont souvent fait par le passé".

Le fait d'écouter ou d'enregistrer des conversations avec des prisonniers ne permet pas le respect de la loi. "À moins qu'un service de police ne demande la permission d'un juge d'instruction dans l'intérêt d'une enquête", précise Paul Dauwe."En principe, les prisonniers peuvent aussi appeler quand ils veulent. Le système ne leur impose aucune restriction, mais cet avantage peut bien sûr toujours diminuer".

Selon le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), cette nouveauté offre "un environnement plus sûr au personnel pénitentiaire". "Le détenu bénéficie également de davantage de liberté et peut téléphoner quand il le souhaite, avec à la clé moins de frustration et davantage de chances de réintégration" dans la société, souligne-t-il.

 

La frustration

Existe-t-il un risque, par ailleurs, que les criminels puissent faire de mauvais projets en prison ? "Cela ne peut pas être exclu, mais auparavant, c'était également possible par correspondance ou par contact personnel pendant les heures de visite", relativise Paul Dauwe. "Il appartient aux services judiciaires d’enquêter sur les divers contacts téléphoniques des prisonniers. Le désavantage ne l'emporte pas sur les avantages. Dans le passé, les prisonniers devaient utiliser la cabine téléphonique dans le couloir. Le chef devait tenir toute une comptabilité reprenant qui pouvait appeler et quand. Cela a conduit à beaucoup de travail déroutant et supplémentaire. Et s’il n’y avait pas d’enregistrement, cela provoquait beaucoup de frustration et de conflits. Le système est opérationnel depuis quelques jours et nous remarquons déjà qu'il y a beaucoup moins de discussions".

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