Fédéral: les demandes N-VA "imbuvables" pour le PS

Ce matin, PS et N-VA, par bureaux politiques interposés et interviews "croisées" de leurs présidents de partis, Paul Magnette et Bart De Wever ont donc étalé leurs désaccords persistants, malgré pas de moins de 30 à 40 rencontres entre les deux "camps", au plus haut niveau ou entre experts. Manque d’ouverture, pas d’esprit de compromis des nationalistes selon le PS, volonté du PS de tout diriger et d’avoir surtout un gouvernement non majoritaire côté flamand insiste la N-VA…

Mais au-delà des noms d’oiseaux plus ou moins aimables et des accusations, il y a aussi ces "fuites". Fuites en marge d’un Bureau du PS, Boulevard de l’Empereur, où auraient été présentés les dernières demandes en date, attribuées à Bart De Wever au cours des dernières rencontres discrètes entre les deux partis.

De quoi tordre définitivement le cou à l’image d’une "main tendue" offerte il y a quelques semaines par le président des nationalistes flamands.

"La N-VA c'est définitivement non au socio-économique, oui au communautaire"

Quelques exemples choisis pour mettre des mots clairs derrière ce que déclaraient certains ténors PS à l’issue du Bureau de ce lundi, estimant que la N-VA ne voulait décidément pas de mesures "sociales" au profit notamment du pouvoir d’achat, et revenait même – pire- avec des demandes institutionnelles.

Ainsi en matière institutionnelle, la N-VA parlerait bien de confédéralisme à l’horizon 2024 mais voudrait, dès cette législature, une "régionalisation maximale" en justice, police et santé. En insistant sur l’image de l’entonnoir : pas de possibilité de marche arrière et donc de re-fédéralisation de certaines compétences.

Concernant l’emploi, la N-VA ressort des cartons ses projets de limitation des allocations de chômage à 2 ans, de dégressivité accrue de ces mêmes allocations, d’extension des "flexijobs", rejette toute idée d’augmentation de salaire, pas non plus de revalorisation des revenus d’insertion. Et d’imaginer même un grand chamboulement avec paiement des allocations de chômage par des prestataires privés.


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Côté pensions, pas de pension minimum à 1500 euros nets (mais bien en brut !), mais bien une baisse de pension pour les travailleurs qui ont connu le chômage, qui ont pris un congé parental ou une interruption de carrière.

Dans le domaine de la Santé, la N-VA plaide pour pas moins de 5,2 milliards d’euros d’économies d’ici 2024, ce que l’on traduit, côté PS, par "une baisse de la qualité des soins". Aucune solution pour le manque de médecins généralistes du côté francophone. Et l’idée même au-delà de confier les missions des mutuelles à l’INAMI ou au privé.

Pas d'ambition climatique

Concernant les enjeux climatiques, le PS évoque de la part de la N-VA une ambition minimale par rapport à nos obligations internationales (notamment le fameux "Accord de Paris"), les nationalistes agitant à nouveau le spectre d’une remise en question du planning de sortie du nucléaire. Côté mobilité, l’agenda N-VA mentionne à nouveau une scission possible de la SNCB en deux sociétés régionales…

Enfin, sur le dossier Migrations, la N-VA plaiderait pour une augmentation des places en centres fermés et un durcissement des conditions relatives au regroupement familial.

Bref, autant de pistes ou d’idées, consciencieusement notées et résumées côté PS, pour les juger toutes "imbuvables", "non négociables" pour les socialistes. Qui referment donc une nouvelle fois la porte sur tout rapprochement ou accord possibles avec la N-VA…

Du côté de Bart De Wever, on n'a pas souhaité faire davantage de commentaires. Pour le moment. Dans l'attente sans doute de ce qui se passera du côté du Palais - avec le rapport final des informateurs - ce mardi.

 

 

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