Les contours encore flous de la mission de Paul Magnette

Les contours encore flous de la mission de Paul Magnette
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Les contours encore flous de la mission de Paul Magnette - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

On attend toujours d’en savoir plus sur la manière dont le tout nouvel "informateur royal", Paul Magnette, président du PS, désigné hier, va mener sa mission. L’annonce de sa désignation a manifestement pris de court le Boulevard de l’Empereur, le mandat aussi. Côté socialiste, on s’organise donc pour trouver un lieu de discussion, tenir l’agenda en invitant des représentants de 8 partis pour des entretiens bilatéraux et tester toutes les coalitions possibles. Les discussions ont visiblement commencé dès ce matin. Une mission qui devrait se tenir en toute discrétion, vu le délai imparti, particulièrement court : 13 jours – déjà plus que 12 !- avant un premier rapport au Palais déjà balisé pour le 18 novembre.

Tous prêts au dialogue mais au-delà ?

En attendant, on guettait les premières réactions des uns et des autres. Entre les Verts, Ecolo-Groen, "disponibles" pour des solutions alternatives, sans la N-VA. L’Open VLD et le CD & V satisfaits officiellement de la désignation de Paul Magnette, mais attendant de voir. Le CD & V – et c’est sans doute encore ce que Koen Geens, vice-1er Cd & V, est allé dire hier après-midi chez le Roi Philippe – a rappelé une nouvelle fois sa préférence pour une coalition qui doit impliquer la N-VA. On suivra donc de près le mandat donné à l’informateur de sonder les 8 partis susceptibles de jouer un rôle, Verts y compris mais pas uniquement. En coulisses, l’un des obstacles à une majorité arc-en-ciel (rouge-bleu-vert avec éventuellement le CD & V) est l’absence de majorité dans le groupe linguistique flamand de la Chambre, même avec l’appoint du CD & V. Ce qui ne passe pas au nord. Le Cd & V comme l’Open Vld n’étant pas non plus très "chauds" à se créer des ennuis avec leur partenaire de coalition, dans le gouvernement flamand, à savoir forcément la N-VA.

Côté Open Vld, on entretient un certain flou, ne fermant plus forcément la porte à un rapprochement avec les Verts, mais tout de même sans grand enthousiasme. A voir. On peut cependant rappeler, tirées du passé récent, certaines proximités entre Bleus du nord et Verts. Ainsi en matière d’éthique, l’Open Vld est un parti souvent à la pointe notamment en matière d’avortement et d’euthanasie : c’est en 2002 sous le premier gouvernement Verhofstadt, associant libéraux-socialistes et écologistes, que le droit à l’euthanasie a été adopté. En termes d’énergie, c’est le même gouvernement qui a voté la sortie du nucléaire, et aujourd’hui encore l’Open Vld défend toujours la fermeture des centrales en 2025. Et sur le plan politique, rappelons que le Vld est désormais au pouvoir avec les Verts en région bruxelloise, et à Malines, symboliquement les deux partis ont fait liste commune depuis deux législatures, avec Bart Somers et Kristof Kalvo. Mais les divergences demeurent, par contre, totales sur le plan socio-économique, les libéraux défendant baisse des impôts et réduction des dépenses publiques, réduction du nombre de fonctionnaires, ou encore limitation dans le temps des allocations de chômage et "flexijobs", ce que Verts et rouges ne sont pas prêts à entendre…

Attentisme aussi côté N-VA

Sans surprise, les nationalistes se sont dits "prêts à discuter" avec Paul Magnette, mais attention il doit alors sortir des revendications sociales et du seul programme du PS. Interrogée sur les ondes de la VRT radio dans "de ochtend", la députée fédérale Valérie Van Peel ne se dit pas étonnée par le choix du chef de l’Etat. Elle rappelle le message envoyé par le président du PS lundi soir sur les plateaux de télévision "alors même que le président de la N-VA Bart De Wever n’avait pas encore quitté le Palais" : "Il n’y avait pas de disposition à faire un compromis sur le programme du PS, il y a une possibilité de faire une coalition arc-en-ciel et le PS est le seul parti incontournable pour une coalition fédérale", a-t-elle expliqué. Il est donc logique, à ses yeux, que le PS puisse essayer sa formule. Mais pour la N-VA – forcément puisqu’elle se verrait exclue du fédéral ! -, "L’arc-en-ciel, même complété par le CD & V, n’est absolument pas une bonne chose pour la Flandre. Cela signifie surtout des cadeaux du côté francophone et la facture du côté flamand. Ce n’est pas ce dont la Flandre a besoin".

La N-VA se dit prête au dialogue mais guette à présent la réaction du CD & V et de l’Open Vld. "Il faudra voir si le CD & V et l’Open Vld envoient le même signal que nous".

Début d’une nouvelle campagne du Belang ?

En contre-pied total – forcément là aussi !-, l’extrême-droite flamande, le Vlaams Belang, s’est trouvé une nouvelle tête de Turc en Paul Magnette qui figure désormais en une de leur page Facebook et sur Twitter avec ce seul slogan "Est-ce pour quoi vous avez voté ?".

Le VB dénonce donc déjà un gouvernement fédéral arc-en-ciel, "sous la direction du PS et de Paul Magnette, un PS qui nie les problèmes de migration, veut plus de taxes, n’offre pas de solutions en justice et répression" – le refrain habituel. Et de conclure : "Les électeurs flamands méritent mieux".

Journal télévisé 13H

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