Les congés payés ont 80 ans, une petite révolution

Les premiers congés payés remontent à l'été 1936. L'époque est agitée: la grande dépression économique, la montée de l'extrême-droite et du chômage sans oublier la rue qui proteste. Cette année-là, en juin, les dockers du port d'Anvers partent en grève. Très vite, le mouvement devient national. Les ouvriers réclament un revenu minimum, la semaine des 40 heures et les premiers congés payés.

Une révolution

Les revendications des ouvriers sont entendues. Désormais, les vacances et les loisirs ne sont plus seulement réservés à la bourgeoisie. "C'est une révolution sociale, déclare Pierre Tilly, docteur en histoire à l'UCL, car c'est un peu moins de place pour le travail et un peu plus pour les loisirs. C'est aussi une révolution économique puisque l'industrie du tourisme va commencer à se développer. Et puis, on peut parler d'une révolution dans les loisirs et les temps libres". Cette conquête sociale est défendue par le mouvement ouvrier depuis le début du vingtième siècle.

Une autre société

En 1936, les ouvriers en Belgique ont droit à 6 jours de congé payé. Par contre, en France, ils obtiennent 12 jours. Il faudra attendre le lendemain de la Seconde Guerre Mondiale pour voir le nombre de jours de congé payé augmenter.    

"Sur les plages, on ne voit plus seulement les personnes fortunées mais aussi les familles ouvrières" déclare Pierre Tilly. Toutes ces familles partent en vacances et dépensent leur argent. Tout profit pour l'économie et aussi pour les patrons. "Le but, c'est d'augmenter la productivité. Avec quelques jours de repos, on va revenir au travail en étant plus productif. Donc, les travailleurs comme les employeurs se retrouvent dans cette conquête sociale. C'est pour cela qu'il y a un consensus sur les congés payés".

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