Les centrales nucléaires seront-elles prolongées après 2025 à cause de la chute du gouvernement?

La chute du gouvernement entraîne-t-elle d'office une prolongation des centrales nucléaires après 2025?
La chute du gouvernement entraîne-t-elle d'office une prolongation des centrales nucléaires après 2025? - © ERIC LALMAND - BELGA

Le professeur de l'université de Liège Damien Ernst a indiqué hier soir sur Twitter que l'absence de gouvernement ne permettrait pas de voter la construction de nouvelles centrales au gaz pour préparer la transition énergétique en Belgique. Du coup, l'expert en énergie assure qu'il y aura une prolongation des centrales nucléaires après 2025. 

 

 

Dans un rapport publié en 2017, Elia a appelé les autorités belges à prendre rapidement des décisions pour assurer l'avenir du secteur énergétique belge. Si le pays sort bien du nucléaire en 2025 comme prévu, une capacité supplémentaire de production thermique réglable d'au moins 3,6 GW sera nécessaire.

Selon l'ingénieur liégeois, pour produire 3,6 GW d’électricité, il faut trois grandes centrales au gaz pour compenser cette perte : "Si vous ne les avez pas, vous avez un gros problème de sécurité d’approvisionnement."

Mécanisme de rémunération de la capacité

Pour stimuler la construction de nouvelles centrales au gaz, la ministre fédérale à l'Énergie, Marie-Christine Marghem (MR) était en train de préparer un texte de loi : "Mécanisme de rémunération de la capacité (CRM)". Ce texte concerne les marchés de capacité, des aides financières pour que ce soit intéressant pour des exploitants de venir des centrales au gaz. En théorie, ce texte devait être discuté prochainement au Parlement. Mais, la chute du gouvernement a changé la donne. 

La ministre libérale a par ailleurs annoncé avoir obtenu mercredi la validation par le comité de concertation du CRM. "Je transmets dès à présent le texte au Conseil d'Etat pour avis afin de ne plus perdre de temps. J'espère pouvoir le faire valider lors du conseil des ministres et le présenter au Parlement. Hier (mardi) en commission, le PS et Ecolo m'ont proposé de conclure des 'contrats à la carte' sur certains dossiers intéressants", a-t-elle souligné.

Malgré la volonté affichée Marie-Christine Marghem, Damien Ernst commente au micro de Soir Première : "Je crains que cette loi-là ne soit pas votée dans les temps. Déjà même, si on la votait demain au Parlement, j’émets des doutes quant au fait qu’on arrivera à construire ces centrales au gaz dans les temps. Si vous attendez encore 6 mois – 1 an, c’est clair qu’elles ne seront pas construites pour 2025",

C'est la N-VA qui bloquait le texte

Le coprésident d'Ecolo, Jean-Marc Nollet, est en partie d'accord avec l'analyse du professeur: "Il manque une pièce juridique pour bétonner la sortie du nucléaire."

L'écologiste estime cependant qu'il est possible de la voter assez rapidement: "Il y a plus de facilité à voter ce texte car le gouvernement est en affaires courantes. C’est la N-VA qui bloquait ce texte." Il répond positivement à l'appel de la ministre fédérale : "J’engage les écologistes pour travailler directement au Parlement avec la ministre Marghem."

Qui va payer?

Outre la question du calendrier, Damien Ernst se demande : "Qui va payer la loi CRM ? Les petits consommateurs, les industriels ?... Le Parlement peut toujours voter ce texte de loi même si le gouvernement est en affaires courantes, mais cela va coûter 2,5 milliards aux contribuables."

Autre obstacle à la mise en oeuvre de cette loi: il faut encore rédiger des arrêtés d’exécution pour que la loi entre en vigueur.

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