Les cartes prépayées pour GSM pourraient ne plus être anonymes

Les forces de police ne veulent plus de l'anonymat des cartes prépayées
Les forces de police ne veulent plus de l'anonymat des cartes prépayées - © DIETER NAGL - AFP

Téléphoner avec son GSM dans la discrétion la plus complète, c'est peut-être bientôt fini. Des discussions ont lieu entre le cabinet du ministre des Télécoms, Alexander De Croo, celui du ministre de la Justice, Koen Geens, l'IBPT (le régulateur) et les opérateurs télécoms en vue de mettre un terme à l'anonymat qui prévaut lors de l'achat d'une carte SIM prépayée, rapporte Le Soir mardi. Base a déjà réagi en parlant "d'une mesure intenable"

Mettre fin à cette situation est une vieille demande des forces de police qui, dans le cadre d'une enquête judiciaire, peinent à identifier les personnes se cachant derrière ces numéros de téléphone. Au cabinet de Koen Geens, on confirme que le ministre soutient pleinement cette demande. Ce qui inquiète les défenseurs des droits fondamentaux. "C'est une ingérence dans la vie privée des gens", estime Wim Debeuckelaere, président de la commission Vie privée.

Fin 2013, les cartes prépayées représentaient 40% des cartes SIM en circulation en Belgique.

"Une mesure intenable au niveau logistique"

Pour l'opérateur télécom Base, il faut "éviter toute décision hâtive et disproportionnée" concernant la fin de l'anonymat de la carte prépayée. "La moitié des cartes prépayées sont vendues via internet ou des revendeurs indépendants, or ces commerçants ne disposent pas de moyens techniques pour assurer l'identification des acheteurs", explique François Bailly, porte-parole de Base, pour qui la fin de l'anonymat est "intenable au niveau logistique". L'opérateur craint que le business model de la carte prépayée soit remis en cause. L'argument invoqué en faveur de l'identification est sécuritaire. Il serait plus facile, lors d'une enquête judiciaire notamment, de retrouver les usagers. "Les criminels trouveront toujours une méthode pour contourner les règles", rétorque Base.

Mobistar et Proximus plus favorables

Les conséquences concrètes risquent d'être "démesurées" par rapport à l'objectif, selon lui. Chez Proximus, on étudie actuellement l'impact de la mesure, notamment sur la manière dont les cartes prépayées sont commercialisées. La base de clients "prepaid" existante est également au centre des préoccupations. "Comment fait-on pour connaître leur identité? ", se demande Haroun Fenaux, porte-parole de Proximus. Mobistar se dit "plutôt favorable" au projet. Obtenir des informations sur les clients des cartes prépayées peut se révéler stratégique d'un point de vue commercial. "Nous nous interrogeons sur les modalités et l'impact opérationnel", note Jean-Pascal Bouillon, porte-parole de Mobistar.


Belga

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