Les Affaires étrangères transparentes sur la mort de Hammarskjöld, selon Reynders

Les Affaires étrangères transparentes sur la mort de Hammarskjöld, selon Reynders
Les Affaires étrangères transparentes sur la mort de Hammarskjöld, selon Reynders - © ERIC LALMAND - BELGA

Les Affaires étrangères ont collaboré en toute transparence aux travaux du groupe d'experts qui les ont interrogées en 2015 sur la mort du secrétaire général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, en réponse à une question de Benoît Hellings (Ecolo).

L'assemblée générale des Nations-Unies a adopté à la fin 2014 une résolution pour instituer un groupe d'experts indépendants chargé d'enquêter sur ce décès survenu en septembre 1961, alors que le secrétaire général se débattait dans la crise congolaise.

Dag Hammarskjöld a perdu la vie à la suite du crash de son DC-6 en Rhodésie du Nord, l'actuelle Zambie. Des témoins ont évoqué la présence d'un ou plusieurs avions à réaction qui auraient pris en chasse le DC-6 et l'auraient abattu - on parle souvent d'un Fouga Magister piloté par un Belge.

Dans un rapport rendu public en juillet 2015, l'équipe d'experts jugent que ces témoignages ont "une valeur probante modérée".

Dans une lettre annexée au rapport, l'ex-secrétaire général, Ban Ki-moon, souligne que ces nouveaux éléments "ont une valeur probante suffisante pour faire de l'attaque aérienne ou d'un autre fait d'origine extérieure une hypothèse à prendre en compte".

Le rapport écarte ou minimise d'autres explications (détournement, sabotage de l'appareil, fatigue de l'équipage).

M. Ban se déclare "d'avis qu'une nouvelle enquête serait nécessaire pour établir définitivement les faits".

Il "exhorte de nouveau les Etats membres à divulguer et à déclasser les informations dont ils pourraient disposer". Les enquêteurs avaient expliqué avoir demandé en vain aux autorités américaines et britanniques certains documents classés secrets émanant de leurs services de renseignement.

La Belgique était pour sa part interrogée par l'ONU sur "un pilote dénommé Beukels", dont Bruxelles affirme "n'avoir trouvé aucune trace".

"Mon département a collaboré dans la plus grande transparence à toutes les demandes du groupe d'experts", a souligné mardi M. Reynders en commission de la Chambre. L'expert venu à Bruxelles a eu accès à tous les dossiers diplomatiques pertinents et a été introduit auprès des Archives générales du royaume.

"La Belgique continuera donc à collaborer avec le secrétaire général des Nations-Unies si une nouvelle enquête est décidée", a précisé le ministre. La Suède préparerait une nouvelle résolution allant dans ce sens.

Le député a également interrogé à ce sujet le ministre de la Défense, Steven Vandeput, à propos des documents dont pourrait disposer les services de renseignement de l'armée (SGRS). "La section qui gère les archives classifiées du SGRS ne possède aucun document pouvant contribuer à l'enquête", a répondu le ministre.

Selon le député, la question des archives n'est toutefois pas entièrement résolue. Le transfert des vastes archives africaines (1,6 km linéaires) des Affaires étrangères vers les Archives du Royaume est en cours mais un problème se pose pour les archives de la Sûreté coloniale que la Sûreté de l'Etat se refuse à déclassifier, a-t-on indiqué aux Archives générales du royaume. A ce jour, le problème est en discussion.

La Sûreté coloniale avait toutefois cessé ses activités en 1960, lorsque le Congo a pris son indépendance, a fait remarquer M. Reynders.

La dernière demande de consultation de ces archives émanait d'un membre d'une commission parlementaire qui s'est penchée sur l'assassinat de Julien Lahaut.

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