Les accusations contre les ministres N-VA sont "du pain béni pour De Wever"

Les accusations contre les ministres N-VA sont "du pain béni pour De Wever"
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Les accusations contre les ministres N-VA sont "du pain béni pour De Wever" - © Tous droits réservés

Les cas Francken et Jambon ont déchaîné les passions lors de la déclaration de politique générale du gouvernement Michel à la Chambre, et continuent de faire couler beaucoup d'encre. Pour la nouvelle majorité, le débat socio-économique - qu'elle qualifie de nécessaire à la stabilité du pays - est éclipsé par ce débat sur la collaboration. Un débat qu'elle qualifie de "clos" sur le plateau de Mise au Point ce dimanche, accusant l'opposition d'alimenter le feu communautaire pour déstabiliser le nouveau gouvernement. Mais l'opposition ne l'entend pas de cette oreille.

"Jan Jambon a déclaré que les anciens collaborateurs avaient toutes leurs raisons, vous imaginez comment les victimes du nazisme doivent accueillir ce propos?", demande la députée d’opposition PS Karine Lalieux. Elle ajoute que les révélations "le jour-même de la déclaration gouvernementale" sur la participation de Theo Francken à l’anniversaire de l’ancien collaborateur Bob Maes ont rendu le débat sur leur responsabilité incontournable, et ce afin de pouvoir espérer un "débat serein sur le socio-économique". Pour elle, ce sont "des valeurs de la démocratie qui sont mises en jeu".

Pour le chef de groupe MR Denis Ducarme, l'opposition qu'il avait qualifiée d’"hystérique" a "empêché pendant de longues minutes le nouveau Premier ministre d’informer les Belges du cap gouvernemental qu’il entendait donner au pays avec son équipe pour cinq ans". "Un acte fondateur qui devait être entendu et débattu mais a été occulté par ces débats sur la collaboration", dit-il en ajoutant que les deux ministres N-VA "se sont excusés". Bref, le débat est clos, selon lui.

"Stratégie du PS"

C'est ce que le député fédéral Open VLD Vincent Van Quickenborne soutient: "Le Premier ministre a condamné ce crime injustifiable qu’est la collaboration au nom de tout son gouvernement", dit-il en condamnant plutôt ce qu'il qualifie de "stratégie de la part du PS" qui "attaque" selon lui la N-VA pour "déstabiliser le gouvernement et toucher au MR".

Et le député Open VLD va même plus loin: pour lui, l'opposition "commence à réinscrire le débat communautaire dans un débat qui est complètement socio-économique". Mais "en refusant le débat socio-économique, les membres de l'opposition mettent en péril l’avenir de ce pays tandis que nous voulons sa stabilité", martèle-t-il.

Des déclarations qui ne passent pas chez Karine Lalieux, qui rappelle que l'opposition a participé aux "30 heures de débat socio-économique sur des mesures antisociales".

"Du pain béni pour De Wever en Flandre"

Prenant la parole, Eric Van Rompuy revient sur ces accusations de communautarisation du débat. Le député CD&V "déplore" un "détournement" du débat socio-économique vers un débat sur la collaboration, "alors que la collaboration a déjà été condamnée par le mouvement flamand lors du pèlerinage de l’Yser en 2000".

"L’amnistie n’est plus sur la table des partis flamands", dit-il à Karine Lalieux, en affirmant qu’il n’est "pas un ami de la N-VA" et qu’il est "celui qui a le plus critiqué Bart De Wever avant les élections" dans son parti. Il se dit certain que les accusations sur la collaboration et le racisme "sont aujourd'hui du pain béni pour De Wever en Flandre" où ce dernier est selon lui conforté dans un rôle de "victime" d'un acharnement des francophones.

"Cela ne sert à rien de relancer le débat communautaire quand nous avons réussi à former un gouvernement sans programme institutionnel, sans idée de séparatisme", continue Eric Van Rompuy. "Vous essayez de déstabiliser l’opinion francophone avec un dossier sur la collaboration qui est clos en Flandre", ajoute-t-il, le regard tourné vers l'opposition.

Il reconnait toutefois que Theo Francken a tenu "des propos très ambigus", qu’il a "semé le doute". Mais il insiste: le nouveau secrétaire d'Etat N-VA à l'Asile et à la Migration "devra être jugé sur ses actes en tant que ministre et pas sur ses déclarations passées", ce qui serait selon lui "irresponsable".

"Bart De Wever, le patron de ce gouvernement"

Karine Lalieux monte au créneau: "Dans n’importe quel autre pays, on aurait exigé la démission d’un ministre qui tient de tels propos", assure-t-elle. "Mais chez nous c'est impossible car le patron de ce gouvernement, un certain Monsieur De Wever, estime que ce sont des 'foutaises' francophones", dit-elle en ajoutant que "cela montre toute l’impuissance de Charles Michel".

Et Eric Van Rompuy de répéter sa volonté: "Jugeons ce gouvernement sur ses actes", dit-il, quand Denis Ducarme précise qu'"il est clair qu’on n’organisera pas des excuses tous les quinze jours, certains n’ont plus droit à l’erreur".

Germain Renier

Vous pouvez revoir ce débat houleux de Mise au point dans son intégralité ci-dessous.

Les invités de Baudouin Remy étaient donc:

Denis Ducarme – chef de groupe MR à la Chambre

Vincent Van Quickenborne – Open Vld – Député fédéral

Eric Van Rompuy – CD&V – Député fédéral

Karine Lalieux - PS – Députée fédérale

Francis Delpérée – cdH – Député fédéral

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