Leopold Lippens, le bourgmestre au franc-parler de Knokke-Heist est décédé

L’emblématique bourgmestre de Knokke-Heist, le comte Leopold Lippens, est décédé à l’âge de 79 ans, a confirmé la commune, peu après qu’RTL info l’ait annoncéEn novembre dernier, le conseil municipal de Knokke avait annoncé que Léopold Lippens prendrait ses distances avec son rôle de bourgmestre en raison de problèmes de santé. Un mois plus tard, le bourgmestre avait annoncé qu’il avait une leucémie.

Celui pour qui "éboueur, c’est quand même un métier formidable" (De Morgen, 13 août 1991) était aussi un homme d’affaires, dirigeant "La compagnie du Zoute", la société immobilière de la famille Lippens et des familles apparentées. Des accusations de conflits d’intérêts, entre sa fonction privée et sa position de bourgmestre, sont apparues ces dernières années. Une enquête a même été ouverte début 2020. Leopold Lippens se voyait bourgmestre jusqu’à ses 104 ans. Il est décédé ce vendredi matin à l’âge de 79 ans.

Bourgmestre au long cours

Petit-fils de Maurice August Lippens, ancien Gouverneur général du Congo et ministre libéral dans plusieurs gouvernements de l’entre-deux-guerres, et fils de Léon Lippens, bourgmestre de Knokke de 1947 à 1966, Leopold Lippens est né avec le virus de la politique dans le sang. Après quelques années en tant qu’échevin des Travaux publics, Léopold Lippens devient bourgmestre de Knokke-Heist en 1979.

Depuis lors, à chaque élection, il a été réélu. Celui qui est aussi le frère de l’homme d’affaires et ancien président du CA de Fortis, Maurice Lippens, a toujours défendu bec et ongles sa commune de Knokke, station balnéaire huppée située à deux pas des Pays-Bas, non sans provoquer plusieurs controverses.

C’est Leopold Lippens qui popularise le terme "frigobox" dans les années 1990 : le bourgmestre voulait interdire l’accès à sa commune aux "touristes avec frigobox", qualifiant ainsi les touristes d’un jour venant avec de quoi boire et manger, sans faire profiter l’horeca local.

Les migrants à Guantanamo, sans les torturer…

En pleine crise politique des "541 jours", dix jours avant la prestation de serment du gouvernement Di Rupo, Leopold Lippens estime que "l’Etat-providence est fini" dans les colonnes du Standaard : "Les gens qui ne comprennent pas cela n’ont aucune idée de ce qu’il se passe. Ils veulent arrêter de travailler à 60 ans, ils veulent le soutien du CPAS et aussi de grosses pensions : ce n’est tout simplement pas possible. Les gens s’accrochent à des rêves. Ils pensent que les structures, qui ont existé depuis 30 ou 40 ans, sont éternelles." Pour Lippens, la limite de la solidarité est "atteinte. 90% de l’attention va aux 5% des personnes qui ont des difficultés. Ne devrions-nous pas nous occuper des 90% qui n’ont pas de difficultés ? La grande majorité a du mal à cause des lois en faveur des 5%."

En 2016, alors que la crise de la migration est aiguë et touche la côte belge, Leopold Lippens en appelle à la création d’un "camp comme à Guantanamo", "sans les torturer et avec des toilettes". Comme le relevait à l’époque le journal L’Echo, "monsieur le comte a fait ses comptes : 'il y a 3 millions de musulmans qui veulent arriver en Europe. Supposons qu’ils aient trois enfants. Ils seront 20 millions de plus dans 20 ans puis, un jour, ils seront 100 millions. On ne veut pas de cela. On aurait dû rester dans une Europe à 9 et fermer les frontières" Comme le note L’Echo, "Leopold Lippens assure n’être 'pas raciste' tout en comparant la nécessité de 'loger, avec des WC spéciaux' ces migrants alors que '20% des Belges n’ont pas droit à cela.'"

Réactions

Aujourd’hui décédé, c’est ce "franc-parler" qui est salué dans les premières réactions politiques : le président du MR Georges-Louis Bouchez rend hommage à "celui qui a développé sa commune de Knokke de façon hors du commun pour en faire cette référence. Un franc parlé inégalé, un homme à la vie romanesque. Une certaine incarnation de la Belgique également."


►►► Lire aussi : Vague de réactions des politiques vers Knokke, à la suite du décès de Leopold Lippens


 

Duplex depuis Knokke-Heist dans notre journal de 19h30

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK