Léon Degrelle "le Führer de Bouillon" vu de Flandre

Ou quand la Flandre s'intéresse aux collaborateurs du sud du pays. 
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Ou quand la Flandre s'intéresse aux collaborateurs du sud du pays.  - © Tous droits réservés

Le 24 octobre sort une biographie de Léon Degrelle,  le leader de Rex - mouvement politique d'avant-guerre et surtout mouvement de collaborateurs durant celle-ci. Plus de 20 ans après sa mort en exil en Espagne, Léon Degrelle reste, chez nous, un personnage sulfureux. L'ouvrage du jour pèse près de 600 pages et renferme des dizaines de photos, dont certaines sont totalement inédites.  C'est l'une des rares biographies écrites chez nous sur ce personnage - à l'exception d'un livre récent d'Arnaud de la Croix. Léon Degrelle s'est retrouvé surtout sous la plume d'auteurs étrangers comme Martin Conway ou Jonathan Little - et c'est surtout la première du genre publiée en néerlandais. A parcourir donc. Ou quand la Flandre s'intéresse aux collaborateurs du sud du pays. 

Parfois bien plus connu encore que les collaborateurs flamands

Personnage sulfureux, opportuniste, grandiloquent, mégalomane, ambitieux, Léon Degrelle c'est tout cela à la fois. Personnage d'un passé qui passe toujours mal en Wallonie. Mais Léon Degrelle est aussi le seul nom de collaborateur connu aujourd'hui en Flandre. Et c'est cela qui a intéressé l'auteur, Bruno Cheyns, 35 ans, employé dans le secteur des assurances et pas du tout historien à la base. "Léon Degrelle c'est un nom bien connu chez nous en Flandre, comme collaborateur de la Seconde guerre mondiale, parfois bien plus connu encore que les collaborateurs flamands d'origine et dont les noms sont tombés dans l'oubli. C'est un paradoxe. Mais si Léon Degrelle est connu pour ses activités au service des nazis durant la Seconde guerre mondiale, on a par contre souvent oublié son importance dans la vie politique avant la guerre, ses succès électoraux, alors qu'il a remporté des scores importants y compris dans les grandes villes flamandes, Rex rassemblant même plus de voix que les mouvements nationalistes flamands". 

Des succès électoraux à la collaboration ouverte

L'ouvrage, fruit de dix années de recherches, retrace, comme de bien entendu, le parcours du leader des collaborateurs wallons de sa naissance à Bouillon en 1906 à son décès en Espagne en 1994. Années de formation d'un Degrelle journaliste, écrivain d'abord, propulsé à la tête des organisations de jeunesse catholique; années de croissance de son mouvement Rex issu de ce monde catholique et bientôt en hostilités ouvertes avec l'Eglise; années de succès d'abord notamment au plan électoral en 1936 (21 députés) avant le recul (1939), le déclin, la radicalisation... et la collaboration ouverte.

Y compris sous l'uniforme jusqu'au front de l'Est. Avant la débâcle, la fuite, l'exil espagnol de 1945 à sa mort. Exil d'où, protégé par Franco, il continue à jouer le rôle de "dernier fasciste de la Première heure". "C'est un rôle qu'il a bien aimé, multipliant les rencontres, les interviews, les articles de presse, les déclarations tonitruantes, faisant en sorte que la Wallonie ne l'oublie pas et pour maintenir sa mémoire. Lui qui n'a eu aucune descendance politique. Il jouait un rôle, se grandissait. Un vrai rôle quasi de théâtre, je ne pense pas qu'il faut y voir là le 'vrai" Léon Degrelle. Il était devenu un personnage d'Histoire sans doute, mais sans plus aucun poids politique". 

Bref, même écrit par un non-historien de formation, l'ouvrage est une synthèse solide et intéressante sur un parcours à découvrir ou redécouvrir. Pour l'instant seulement en néerlandais. Une traduction française dépendra du succès du livre au nord du pays... L'ouvrage "Leon Degrelle De Führer uit Bouillon", publié aux éditions VRIJDAG, sera présenté en grande pompe ce mercredi soir à Anvers (Lange Leemstraat 16) à 20h, lors d'une conférence-débat entre l'auteur Bruno Cheyns, l'historien Bruno De Wever et le journaliste du Tijd Rik Van Cauwelaert. 

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